mardi 31 janvier 2017

Assimil

J’ai déjà mentionné quelques pistes pour apprendre seul, mais comment vraiment apprendre une langue, le vocabulaire, les règles de grammaire, ses particularités et surtout retenir tout ça ? Assimil est un excellent moyen. La méthode a aujourd’hui presque 90 ans et est notamment célèbre en France pour la phrase « My tailor is rich » d’une de ses leçons d’anglais et reprise par Louis de Funès dans Le Gendarme à New York :


Plusieurs collections sont proposées. J’ai testé la collection Sans Peine (italien, espagnol et russe), qui permet d’apprendre une langue lorsqu’on est débutant. J’ai également la méthode pour l’ukrainien et le turc mais je n’ai pas encore vraiment approfondi : j’ai prévu de me remettre au turc cette année, et à l’ukrainien un peu plus tard. La méthode se présente sous forme de livre, disponible avec ou sans support audio. Le livre seul coûte une vingtaine d’euros, ce qui est très raisonnable compte tenu de la qualité du contenu. Je ne me suis pas procuré le support audio (les prix augmentent vite) car j’ai choisi de pratiquer l’oral avec Google Translate, ce qui, pour moi, est suffisant – pour ces langues en tout cas. Cette collection est également accessible en e-méthode (comptez 50€), que je teste actuellement pour le roumain (j’en suis environ aux deux-tiers). Ce format vous donne automatiquement accès au support audio et j'en suis vraiment satisfait. Il existe aussi la collection Perfectionnement, que j’ai testé pour l’italien, et ai commencé pour l’espagnol et le russe, et là encore mon retour est très positif.


Comment ça marche ?

C’est une méthode facile d’accès et donc à la portée de tous. Elle fonctionne sur la base d’un apprentissage régulier : une leçon par jour (30 minutes environ) pendant 3 à 4 mois permet d’atteindre un bon niveau de compréhension et d’expression de la langue :
- la méthode commence avec une courte introduction sur ce qu’il faut savoir avant de se lancer (alphabet, règles de prononciation, etc).
- Viennent ensuite les 7 premières semaines d’apprentissage qui constituent la phase passive. Chaque semaine, vous suivez 6 leçons d’apprentissage et le 7ème jour est consacré à une leçon de révision. Les leçons se présentent toujours de la même façon, à savoir : un texte, le plus souvent un dialogue avec une touche d’humour + des notes de vocabulaire et d’aide à compréhension de la langue + deux exercices.
- A partir de la 50ème leçon, la phase active commence. Cette seconde phase suit la même organisation que la première (6 leçons + 1 révision) mais à la fin de chaque leçon, on vous demandera de revenir à une leçon de la première phase et de traduire le texte du français vers la langue que vous apprenez. Ainsi, après la 50ème leçon, on revient à la 1ère ; après la 51ème leçon, à la 2ème, etc.
- A la fin de la méthode, on trouve un index grammatical et un lexique.

Pourquoi ça fonctionne si bien ?


Assimil fait appel à la répétition (et non au « par cœur ») et à la régularité. Et effectivement, c’est bien en répétant et en étant régulier qu’on apprend le mieux ! Si j’insiste autant sur ces deux facteurs, c’est parce qu’ils permettent réellement de faire la différence. Je continuerai à partager d’autres méthodes et astuces que j’utilise parallèlement à Assimil, mais pour moi cette technique reste une des plus efficaces. Si je ne devais en recommander qu’une seule, ce serait celle-ci !

lundi 30 janvier 2017

Quelques pistes pour apprendre seul


Parmi les outils pour apprendre une langue seul, Assimil est une méthode réellement efficace. Je ne la détaillerai cependant pas ici, car j’y consacrerai un article à part.
Pour le moment, je vais plutôt vous parler de l’attitude générale à adopter et des ressources disponibles sur internet pour apprendre efficacement seul. J’ai moi-même appris trois langues seul : l’italien, l’espagnol et le roumain. A chaque fois, j’ai combiné Assimil aux ressources qui suivent.

L’attitude à avoir

Comme je l’ai mentionné dans mon premier article, apprendre une langue, c’est plonger dans un nouveau monde. Et c’est ce qui rend l’activité si excitante ! Mon premier réflexe avant de commencer l’apprentissage à proprement parler, c’est de me familiariser avec cette langue. Si vous n’avez aucune idée de ses sonorités, au lieu de commencer directement avec des leçons, regardez simplement des vidéos… et écouter beaucoup de musique ! Vous ne comprendrez rien mais au moins, vous serez habitués à entendre la langue, ce qui constitue une première étape cruciale. En fait, il faut être curieux et proactif. Cela peut sembler évident mais sans ces deux qualités, l'apprentissage devient vraiment difficile.

YouTube

YouTube est une mine d’or ! Et en plus, c’est gratuit. Au risque de me répéter, la musique est une ressource intarissable pour apprendre. J’y ai d’ailleurs dédié un article entier.
Au-delà des chansons en langue originale, j’ai trouvé un autre moyen amusant lorsque j’apprenais l’italien. Ecoutez cette version italienne de Don’t Be So Shy. J’ai alors parcouru sa chaîne et regardé ses autres vidéos.

Et en dehors de la musique, quelles ressources intéressantes peut-on trouver sur YouTube ? L’idéal, ce serait de trouver une vidéo de quelqu’un qui parle correctement la langue, sans accent, pas trop vite, distinctement, en articulant bien… Alors, qui parle comme ça ? Les hommes politiques ! Regardez par exemple le discours de démission de Matteo Renzi, qui s’exprime dans un italien clair et tout à fait abordable, ou cette intervention de Vladimir Poutine à l’ONU. Les germanophones, eux, pourront se perfectionner grâce aux élocutions d’Angela Merkel.

Parmi les alternatives aux monologues des politiciens, qui peuvent manquer de dynamisme parfois, il y a les interviews. Un peu plus difficiles à comprendre, puisqu’il s’agit de dialogues et que les personnes s’expriment souvent plus rapidement et dans un langage plus relâché, elles n'en restent pas moins utiles et intéressantes, surtout si elles concernent une personnalité dont vous être fan. Par exemple, Shakira en espagnol ou ce reportage sur le charmant et talentueux acteur roumain Sebastian Stan, révelé dans Gossip Girl avant de devenir un rôle récurrent des films Captain America. Quant à l’anglais, la chaîne "VOA Learning English" est vraiment bien faite : elle propose des vidéos en anglais et sous-titrées en anglais sur des thèmes d’actualité, comme ce dernier discours chargé d’espoir et d’émotions de Michelle Obama en tant que First Lady.

Les autres ressources

Si vous avez Netflix : les créations originales (House of Cards, Stranger Things, etc.) sont disponibles dans de nombreuses langues et sous-titres selon le pays où vous vous trouvez. Chez moi, en Allemagne, je peux les regarder en anglais, allemand, français, italien, espagnol et turc. D’autres programmes sont accessibles dans des langues un peu plus exotiques (russe, portugais, persan, arabe, hindi, etc.).
Si vous avez Facebook : suivez la page officielle d’un journal ou d’un magazine. La langue s’immiscera dans votre quotidien : vous verrez les articles en version originale s’infiltrer dans votre fil d’actualité, ce qui est une bonne façon de se tenir au courant dans le monde. Je recommande notamment :
en anglais The Huffington Post et The New York Times
en allemand Frankfurter Allgemeine et Der Spiegel
en italien Corriere della Sera et La Repubblica
en espagnol El País
en russe Коммерсантъ
en roumain Adevărul et România liberă

dimanche 29 janvier 2017

Si a ti también te gusta la música, tienes que leer esto

Si vous détestez la musique, cet article n’est pas pour vous. Sinon, vous pouvez continuer à lire. La musique joue un rôle important dans mon apprentissage des langues.
Les chansons sont réellement un bon moyen de faire des progrès en langues car :
- au lieu de faire de l’apprentissage un calvaire, on en fait un plaisir ;
- on se familiarise avec les sonorités de la langue ;
- on retient plus facilement les mots et la structure de la langue grâce à la mélodie ;
- en écoutant, écoutant encore et encore les mêmes chansons, on favorise la mémorisation grâce à un facteur clé d’apprentissage, à savoir la répétition.

A titre d’exemple, je vais consacrer cet article à l’espagnol et vous allez voir le nombre de choses que cette méthode permet d’apprendre. J’ai choisi 5 chansons plutôt récentes que tout le monde connaît sûrement.

El Mismo Sol - Alvaro Soler


Vocabulaire utile:
digo je dis
así comme ça, ainsi
ahora maintenant
juntos ensemble
aqui ici
vale la pena ça vaut la peine, ça vaut le coup
hace falta il faut
no digas ne dis pas
lo que ce que, ce qui

Déductions sur la construction de la langue :
no es nada raro il n’y a rien de bizarre
Ce que j’ai déduit : no es nada + adjectif  = il n’y a rien de + adjectif
se puede on peut
Ce que j’ai déduit : se + verbe présent 3ème personne singulier = on + verbe
yo quiero que sea je veux que ce soit
Ce que j’ai déduit : utilisation du subjonctif comme en français

Sofia - Alvaro Soler


Vocabulaire utile:
cuando era pequeño quand j’étais petit
sin sans
corazón cœur
mira regarde ! écoute !
dime dis-moi
cómo comment
dices tu dis
verdad vérité

Déductions sur la construction de la langue :
ya no te creo je ne te crois plus
Ce que j’ai déduit : ya no + verbe = je ne (verbe) plus
sólo te veo = je te vois seulement
Ce que j’ai déduit : sólo + verbe = je (verbe) seulement

 Bailando - Enrique Iglesias


Vocabulaire utile:
miro je vois
miras tu vois
palabras mots
noche nuit
cuerpo corps
fuego feu
también aussi
estar être
vivir vivre
bailar danser
tener avoir
contigo avec toi
loca folle

Déductions sur la construction de la langue :
ya no puedo mas je n’en peux plus
Complète ma déduction de Sofia : ya no + verbe = je ne (verbe) plus ; on peut ajouter "mas" à la fin
qué ironía del destino no poder tocarte Quelle ironie du destin de ne pouvoir te toucher
Ce que j’ai déduit : Qué + nom = quel(le) + nom
Pour ajouter un verbe à cette structure, on ne met pas de « de » en espagnol, contrairement au français. J’avais également noté l’absence de « de » dans le « no es nada raro » (« il n’y a rien de bizarre ») de El Mismo Sol.
tocarte te toucher
Ce que j’ai déduit : tocarte se découpe en tocar = toucher et te = toi, donc verbe + « te » accolé = te + verbe à l’infinitif

El perdón - Enrique Iglesias


Si vous avez retenu le vocabulaire de Sofia, vous pouvez déjà comprendre la première phrase d'Enrique Iglesias dans cette chanson :
dime si es verdad dis-moi si c'est la vérité, autrement dit "dis-moi si c'est vrai"

Vocabulaire utile:
sabes tu sais
cuéntame dis-moi, raconte-moi
esto no me gusta ça ne me plait pas, je n'aime pas ça

Déductions sur la construction de la langue :
estoy sufriendo  je souffre
te estaba buscando je te cherchais
me está matando ça me tue, ça me rend fou, ça me fait souffrir 
Ce que j’ai déduit : estar + gérondif (verbe en ando, iendo) pour exprimer quelque chose qui se produit, équivalent de l’expression française « en train de »
te lo tengo que decir je dois te le dire
Ce que j’ai déduit : tener = avoir (cf. Bailando) mais tener que = devoir
hacerlo le faire
Ce que j’ai déduit : hacerlo se découpe en hacer = faire et lo = le, donc verbe + lo accolé = le + verbe à l’infinitif (structure très semblable à tocarte de Bailando)

Duele el Corazón - Enrique Iglesias


Vocabulaire utile:
dar donner
hasta (que) jusque / jusqu’à (ce que)
conmigo avec moi (complète le "contigo" de Bailando)

Déductions sur la construction de la langue :

a mí no me importa je m'en fiche
Ce que j’ai déduit : les Espagnols doublent le pronom en disant "à moi ça ne m'importe pas" pour dire "je m'en fiche". De même on dira "a mí no me gusta"(phrase que vous pouvez maintenant comprendre sans que je ne la traduise). Vous avez désormais tous les mots et outils pour comprendre "si a ti también te gusta la música" dans le titre de mon article. Vous voyez comme tout peut aller très vite !
te duele el corazón tu as mal au coeur
te duelen los pies tu as mal aux pieds
Ce que j’ai déduit : les Espagnols disent "le coeur te fait mal" et "les pieds te font mal", il faut donc accorder le verbe "doler" correctement au singulier (duele) ou au pluriel (duelen) selon ce qui fait mal, alors qu'en français, on dirait naturellement, tu as mal à..., il a mal à..., etc.
te hace llorar ça te fait pleurer
Ce que j’ai déduit : hace + verbe = ça fait + verbe (construction identique au français)

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A vous maintenant de choisir les chansons adaptées à la langue que vous voulez apprendre et à vos goûts musicaux !

Les fausses excuses


Quand il s’agit de trouver des excuses pour ne pas apprendre de langues, on est rarement à court d’idées.

« Je n’ai pas le temps »
On s’imagine souvent que pour apprendre une langue, il faut avoir du temps. C’est faux. En s’y prenant bien et en investissant 30 minutes par jour, on peut déjà avoir un bon niveau en quelques mois.

« Je ne voyage pas, donc je ne peux pas pratiquer »
Oui et non. Evidemment, si vous avez l’occasion de voyager dans le pays dont vous apprenez la langue, ça vous aidera beaucoup. Mais aujourd’hui, il existe beaucoup d’autres façons de pratiquer une langue étrangère sans quitter son pays. Si vous habitez dans une grande ville, vous pouvez rencontrer des étrangers. Si vous travaillez dans une multinationale, il y a de fortes chances que vous ayez des collègues étrangers avec qui vous pouvez également parler. J’utilise ces deux méthodes. Sinon, parmi d’autres possibilités, internet permet aujourd’hui de communiquer dans la langue qu’on veut : si vous vous montrez motivé et intéressé, les gens sont toujours prêts à vous aider.

« De toute façon, c’est trop tard, je suis trop vieux »
Les enfants seraient des génies des langues. Il faudrait apprendre l’anglais à la crèche et prendre au sérieux les cours dispensés par nos professeurs au collège, parce qu’après avoir quitté les bancs de l’école, il serait trop tard pour se mettre à une langue. Bizarrement, c’est une idée universellement répandue. J’ai rencontré des personnes de différentes nationalités qui tenaient ce genre de discours. C’est partiellement vrai. Les enfants sont certes disposés à apprendre assez rapidement : il y a des études scientifiques qui le prouvent et mon but n’est certainement pas de les remettre en cause. J’ai d’ailleurs publié une vidéo à ce sujet. Mais un adulte a des atouts et des compétences dont ne disposent pas les enfants : par exemple, vous pouvez apprendre une langue en analysant sa structure et cherchant les similitudes avec votre langue maternelle. Je reviendrai sur cette méthode dans d’autres articles.

« J’ai une mauvaise mémoire »
Moi aussi. J’apprends des mots, je les utilise, je les oublie, je les réapprends et je les oublie de nouveau. L’apprentissage d’une langue est un processus continu : c’est avec la répétition qu’on apprend vraiment, donc avoir une mémoire qui fait défaut n’est pas un problème en soi.

« C’est trop dur »
De toute façon, peu de choses sont faciles dans la vie. Dans tous les cas, la complexité des langues étrangères est généralement exagérée – surtout en France. Ce qui est sûr, c’est qu'il est de plus en plus facile d’apprendre une langue aujourd’hui avec tous les moyens mis à disposition – et que je détaillerai dans mes futurs articles. En fait, le plus difficile, c’est d’apprendre sa première langue étrangère. Plus vous en apprenez et plus le cerveau s’habitue et gagne en productivité et plus vous pouvez apprendre rapidement et avec moins d’effort.

Comment les bébés apprennent-ils leur langue maternelle ?


On peut apprendre une langue étrangère en utilisant sa langue maternelle comme outil.
Mais comment apprend-on sa langue maternelle ?

samedi 28 janvier 2017

Un polyglotte sommeille en vous

Si vous doutez encore du fait qu'un polyglotte sommeille en vous, je vous invite à regarder cette conférence qui vous fera sûrement voir les choses autrement !


Parler une langue avec seulement quelques mots

Quelle que soit la raison, vous pouvez être amenés à voyager dans un pays dont vous ne connaissez pas du tout la langue. Si vous voulez prouver votre intérêt sans trop vous investir, vous pouvez déjà vous concentrer sur quelques mots qui vous permettront de communiquer un minimum. Dans cet article, j’ai recensé les catégories de mots essentiels et leur signification en anglais, en allemand et en italien, en privilégiant les traductions qui marchent dans le plus grand nombre de contextes. Pour ce qui est de la prononciation, il existe un moyen simple de la connaître : il suffit de taper le mot dans Google Translate et de cliquer sur l’icône « haut-parleur ».

5 mots pour être poli
bonjour > hello, hallo, salve
s’il vous plait > please, bitte, per favore
merci > thank you, danke, grazie
désolé > sorry, Entschuldigung, scusi
au revoir > bye, tschüss, ciao

3 mots pour prendre position
oui > yes, ja,
non > no, nein, no
peut-être > maybe, vielleicht, forse

8 expressions pour dire ce que vous ressentez
chaud que ce soit pour vous plaindre de la chaleur en août ou du radiateur qui chauffe trop fort dans votre chambre d’hôtel > hot, heiß, calde
froid que ce soit pour que le réceptionniste vous donne une couette plus épaisse ou pour faire comprendre au serveur du restaurant que la queue de trente mètres devant l’entrée n’est pas une raison pour ne pas servir de pizza chaude > cold, kalt, freddo
j'ai faim > I'm hungry, ich habe Hunger, ho fame
j'ai soif > I'm thirsty, ich habe Durst, ho sete
je suis en colère / ça m'énerve > I'm angry, das ärgert mich, sono arrabbiato
je suis content > I'm happy, ich bin froh, sono contento
je suis malade > I feel sick, ich bin krank, sono malato
je suis fatigué > I'm tired, ich bin müde, sono stanco

2 phrases pour mettre un terme au monologue de la personne en face de vous
Vous êtes à Francfort. Vous entrez dans un petit restaurant allemand, où vous allez enfin pouvoir déguster une Bratwurst et savourer votre litre de bière. « Hallo! » Le serveur vous entend et vient à votre rencontre. Il veut vous attribuer une table près de la porte. Vous montrez les flocons de neige qui commencent leur danse infernale derrière la fenêtre et vous dites « nein, kalt ». Il vous montre alors une petit table au fond de la salle, vous souriez : « ja, bitte ». Le serveur vous accompagne jusqu’à votre table. Il vous laisse vous asseoir et vous tend la carte. « Danke! » Vous repérez immédiatement les mots Bratwurst et Bier écrits en caractères gothiques sur la première page. Vous désignez les heureux élus au serveur qui acquiesce sans dire un mot et repart aussitôt la carte sous le bras. Le repas vous convient tout à fait et au moment de payer, vous souriez au serveur et dites « ich bin froh ». Le serveur, qui s’était montré peu loquace jusqu’ici, vous retourne votre sourire et dit « Sie sind Franzose, oder ? Den Akzent habe ich sofort bemerkt, muss ich sagen. Es ist ja ziemlich schwer, sowas zu verstecken. Woher kommen Sie genau? Ich war einmal in Paris vor… naja, etwa zehn Jahren. Die Stadt ist ja riesig. Bin leider nicht lang genug geblieben aber das war echt toll! ». Vous restez sans voix, incapable de répondre quoi que ce soit à ces paroles incompréhensibles. Alors avant que le serveur ne reprenne son soliloque, vous prenez les devants : « Ich verstehe nicht. Ich bin Franzose. », je ne comprends pas, je suis Français*. Le serveur aura au moins eu la réponse à sa première question avec en prime, un dernier sourire de votre part alors que vous vous exclamez « Tschüss! ». Vous rejoignez maintenant la procession nocturne de flocons de neige, en pensant au discours que pourrait vous réserver également le réceptionniste de l’hôtel à votre retour et préparez déjà votre réplique « Entschuldigung, ich bin müde ». Toujours avec le sourire, natürlich! :)

* I don’t understand, I’m French / Non capisco, sono francese

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Bien sûr, avec juste ces quelques mots, on est vite limité dans les possibilités d’échange mais ça permet déjà de créer un contact. Au final, peu de gens font réellement l’effort de dire ne serait-ce que « merci » dans la langue locale, alors que le moindre investissement de votre part vous sera rendu au centuple !

vendredi 27 janvier 2017

D'où me vient cette passion des langues ?

Déjà à l'école, apprendre l'anglais et l'allemand me semblait intéressant et important.
Si aujourd'hui je me passionne pour les langues en général, c'est grâce à 5 événements.

1. Le déménagement à l'Île de la Réunion (2001-2004)
Ce déménagement m'a fait réaliser qu'il existait un monde en-dehors de celui auquel j'étais habitué et m'a fait apprécier la richesse que peut apporter le mélange des cultures. Une première vraie confrontation à la différence. C'est aussi à la Réunion que j'ai eu mes premiers cours d'allemand.

2. Le théâtre (2004-2007)
A mon retour en métropole en 2004, je me suis inscrit dans un club de théâtre. Grâce à cette expérience, j'ai découvert la culture de lieux inconnus. J'ai appris l'existence de l'Ouzbékistan, à travers les photos du séjour à Tachkent de "ma prof de théâtre", ce qui a suscité un intérêt grandissant pour l'Asie Centrale. J'ai aussi rencontré des artistes du monde entier, notamment des danseurs et musiciens tibétains et un griot sénégalais. La beauté du monde me fascinait de plus en plus.

3. Les voyages scolaires (2004-2010)
J'avais certes eu l'occasion de découvrir l'existence de cultures et modes de vie différents, mais jusque là, je n'avais pas vraiment eu l'opportunité de voyager à l'étranger pour pratiquer l'anglais et l'allemand, les deux langues que j'apprenais. Les années qui suivirent m'ont permis de rectifier le tir à travers de nombreux voyages scolaires. Je suis allé en Allemagne (Aix-la-Chapelle), en Angleterre (Sussex), en Autriche (Tyrol), de nouveau en Angleterre (Cornouailles puis Londres) et en Allemagne (Berlin), puis en Italie (Venise). Et je suis devenu accro aux voyages !

4. L'école de commerce (2011-2014)
L'école de commerce a accéléré le processus : je me suis mis au russe, j'ai rencontré des étudiants étrangers en échange à Nantes et j'ai voyagé dans 11 pays, dont 2 dans lesquels j'ai vécu quelques mois pour un stage (Autriche) et un échange universitaire (Canada).

5. Le déclic (depuis 2015)
Il y a un peu plus d'un an, j'ai passé un entretien chez Saint-Gobain à Francfort - où je travaille actuellement. Une question, en apparence anodine et ressassée depuis longtemps par les recruteurs, a surgi et a déclenché un déclic en moi : "Où vous voyez-vous dans 5 ans ?". Immédiatement, une vieille idée endormie a refait surface et j'ai laissé s'échapper de ma bouche le mot "Kazakhstan". Pourquoi ? L'Asie Centrale m'attirait depuis que j'avais découvert l'existence de l'Ouzbékistan, j'avais quelques bases de russe et je voulais explorer ce monde lointain et inconnu. Le lendemain de l'entretien, après 3 ans de mise en veille, j'ai réactivé l'apprentissage du russe et ai commencé à prendre réellement goût à la langue. Quelques mois plus tard, j'ai commencé l'italien, une autre langue qui me fascinait depuis longtemps, et j'ai enchaîné avec d'autres langues sans savoir m'arrêter : l'ukrainien, le turc, le danois, l'espagnol et désormais le roumain. Et ma curiosité continue à croître...

jeudi 26 janvier 2017

Vous pouvez apprendre la langue que vous voulez

If you don't speak French, don't freak out! Actually, I also wrote this article in English. You can find the link at the bottom of the page :)

Certaines personnes sont passionnées. Elles sont profondément et continuellement motivées par une activité : la musique, le théâtre, le sport… Je suis un passionné. Un passionné de langues.

Il y aurait deux types de personnes : celles qui peuvent apprendre les langues et celles qui ne peuvent pas. Les premières auraient ce qu'on appelle "le don des langues". C'est ce que la plupart des gens pense : “je ne suis pas doué pour les langues, j'ai essayé d'apprendre mais je n'y arrive pas”. Je ne crois pas en cette théorie. Je ne crois pas au “don des langues”. Je pense qu'il y a deux types de personnes : celles qui ont envie et qui aiment apprendre les langues et celles qui n'aiment pas ou n'ont pas particulièrement envie de les apprendre.

Je passe beaucoup de temps à apprendre les langues. J'y mets non seulement de la passion mais aussi du travail et des efforts. J'ai appris une dizaine de langues – la moitié d'entre elles au cours des 12 derniers mois – et peux en parler 7 à des niveaux différents. Le but de cet article est de partager 5 astuces sur l'apprentissage des langues. Des astuces qui fonctionnent très bien avec moi et qui j'en suis sûr, peuvent aider d'autres personnes à apprendre la langue qu'elles veulent. Par “autres personnes”, je veux dire "vous", et par “la langue qu'elles veulent”, je veux dire “N'IMPORTE QUELLE langue que vous voulez”.

1. SOYEZ MOTIVÉS!

Je n'ai pas dit que vous pourriez apprendre n'importe quelle langue et je ne le dirai pas. Simplement parce que je ne pense pas que ce soit vrai. Ce que j'ai dit, c'est “vous pouvez apprendre la langue QUE VOUS VOULEZ”. La clé du succès, c'est la motivation. Si vous n'êtes pas motivés par la langue, il y a peu de chance que vous arriviez à la maîtriser. Je pense même que c'est une des principales raisons qui expliquent pourquoi certaines personnes ont tant de mal à apprendre les langues - par exemple, si vous essayez d'apprendre le chinois parce que c'est "la langue du futur”, une “langue utile”, mais pas parce que la langue elle-même vous motive. Si vous voulez apprendre le français parce que vous êtes en couple avec un(e) Français(e), le russe parce que l'alphabet cyrillique vous fascine ou le suédois parce que le concept de “gökotta” vous plait, alors allez-y ! L'année dernière, j'ai décidé d'apprendre l'italien parce que je me suis toujours senti attiré par la beauté et la musicalité de cette langue.

2. ÉVITEZ LES STÉRÉOTYPES!

Vous avez décidé d'apprendre une langue et vous êtes motivés. Super ! Maintenant, il va falloir oublier les stéréotypes qui pourraient vous empêcher d'avancer. Y compris le "don des langues". Croyez en votre capacité d'apprentissage et ayez confiance en vous ! Mais ça inclut aussi les stéréotypes liés a la langue en soi. Imaginons que vous ayez choisi l'allemand (bon choix !). Vous allez certainement rencontrer des gens qui vous diront “l'allemand, c'est super difficile, c'est impossible à apprendre!”, “l'allemand c'est une langue horrible et agressive!” ou "l'allemand ça sert à rien, on ne le parle qu'en Allemagne". Généralement, ceux qui disent ça n'ont jamais essayé d'apprendre l'allemand (ou s'ils ont essayé, ils n'étaient pas motivés… retour a la case départ) ou connaissent seulement le mot “ACHTUNG”. Merci Louis de Funès ! :) Détachez-vous de ces stéréotypes ! Pour ma part, je ne considère pas l'allemand comme une langue moche ou difficile. Et non, on ne la parle pas qu'en Allemagne. Je ne crois pas non plus au concept de langues "utiles" et "inutiles". Il n'y a que vous pour savoir quelles langues peuvent vous être utiles ! Étant donné que je vis et que je travaille en Allemagne, l'allemand est extrêmement utile pour moi. En revanche, le chinois, "la langue du futur", ne l'est pas (encore ?).

3. PLONGEZ DANS UN NOUVEAU MONDE !

Évidemment, être motivé et libéré des clichés, ça ne suffit pas. Vous aurez besoin de plus pour apprendre une langue. Vous devez plonger dans un nouveau monde ! Quand j'ai commencé à apprendre l'italien, je me suis mis à vivre 100% "à l'italienne". Non seulement j'apprenais la langue, mais en plus, j'écoutais Tiziano Ferro et Lorenzo Fragola, regardais des films et des séries en italien (des séries américaines mais les doublages en italien sont vraiment top !), lisais La Repubblica et Corriere della Sera, parlais avec des Italiens, et j'ai voyagé trois fois en Italie en l'espace de quelques mois (ce qui n’était pas nécessaire, mais voyager est une autre passion pour moi et l'Italie est un pays magnifique).

4. GÉREZ VOTRE TEMPS !

Gérer son temps est primordial. Il faut pratiquer tous les jours, surtout durant les premières semaines d'apprentissage. Si vous ne pratiquez que le week-end ou quand vous avez le temps, ça ne marchera pas. Il vaut mieux apprendre 30 minutes par jour que 3 heures le week-end. Si vous avez vraiment envie d'apprendre une langue, je suis sûr que vous pouvez trouver 30 minutes par jour, non ?

5. FAITES DES ERREURS !

Ça peut sembler paradoxal, mais c'est en faisant des erreurs qu'on apprend. C'est pour cette raison que vous devez faire des erreurs. N'attendez pas pour parler ! Parlez dès que l'occasion s'offre à vous, même si vous ne connaissez que 10 mots. Il y a deux semaines, j'ai décidé de commencer à apprendre le roumain. J'ai appris quelques mots et je suis allé voir une collègue roumaine. Je lui ai dit en roumain “Salut ! Ça va? Moi, je suis fatigué. Je suis peut-être malade”. Le lendemain, j'ai voulu m'exprimer avec des phrases plus complexes mais je faisais des erreurs et c'était plutôt confus. Mais ça m'a servi dans mon apprentissage. Il ne faut pas avoir peur d’être ridicule. En réalité, dans une situation comme celle-ci, on est curieux, courageux, intéressé... en fait, tout sauf ridicule. On montre de l'intérêt pour la langue de quelqu'un, sa culture, son pays... Comment pourrait-on être ridicule ? Si vous acceptez de faire des erreurs, vous accepterez de quitter votre zone de confort. C'est aussi pour ça qu'il faut éviter de se réfugier dans "une langue de confort". Si vous voulez parler allemand, russe ou japonais avec quelqu'un, efforcez-vous de parler un maximum cette langue, même si votre interlocuteur parle parfaitement français.


En conclusion, apprendre et parler une langue étrangère n'est pas toujours facile (j'ai vraiment envie de pleurer face au subjonctif imparfait en italien parfois, mais je garde la tête haute) mais n'abandonnez pas ! A une certaine époque, vous étiez motivés, vous n'aviez pas de stéréotypes, vous étiez confrontés à un tout nouveau monde, vous aviez beaucoup de temps disponible pour apprendre et vous faisiez beaucoup d'erreurs. Vous ne vous souvenez certainement pas de cette époque et c'est normal : vous n'étiez qu'un bébé. Et que s'est-il passé ? Au final, vous avez été capable d'apprendre une langue : votre langue maternelle ! Alors, retrouvez le bébé en vous et croyez-moi : vous pouvez apprendre la langue que vous voulez !

Si vous avez d'autres astuces et conseils sur l'apprentissage des langues, n'hésitez pas à les partager ! :)

J'ai écrit cet article en anglais à l'origine. Voici le lien.
If you want to read the original version of this article in English, just click on this link.