mardi 28 février 2017

Parlons musique

J'écoute beaucoup de musique. Presque en permanence : YouTube, Deezer, iTunes... peu importe, je suis toujours connecté à un de ces services. La musique est certes d'un grand support pour apprendre une langue, mais c'est surtout un langage à part entière ! Et c'est pour cette raison que lui consacrer un article sur ce blog est tout à fait pertinent.

Au début, je voulais vous faire un top 5, pour vous partager les styles auxquels je suis le plus réceptif. Mais établir une liste si sélective m'a semblé trop difficile, donc je vais plutôt vous livrer par blocs ce qu'il me passe par la tête. Je n'évoque pas ici les artistes dont j'ai fait l'éloge précédemment, comme Woodkid, ou qui sont des superstars mondiales, comme David Bowie dont je suis un très grand fan - en particulier Ashes To Ashes, qui est une de mes chansons préférées (ok, finalement, je l'évoque peut-être un peu quand même).

Les indétrônables

Si je devais nommer mon genre musical de prédilection, je citerai sans la moindre hésitation le trip hop. Peut-être que ce style ne vous dit pas grand chose. En quelque sorte, c'est un sous-genre de musique électronique avec des emprunts à la culture hip hop (d'où le nom), qui appelle à la détente et au voyage (d'où le jeu de mots avec trip). C'est un style plutôt récent qui a émergé dans les années 1990. Parmi les groupes précurseurs, on trouve :

Massive Attack
Là, on s'attaque à un gros morceau ! Leur morceau le plus connu, justement, est Teardrop qui est devenu le générique de Dr. House. Parmi les autres pistes de ce groupe britannique qui me font vibrer : Unfinished Sympathy, Safe From Harm, Live With Me ou encore Paradise Circus dont le remix de Gui Boratto a réussi là où tous les autres ont échoué, c'est-à-dire me conquérir au point de pouvoir écouter la chanson plusieurs fois par jour depuis plusieurs années sans m'en lasser !


Portishead
Un autre pionnier, britannique également. C'est surtout l'album Dummy qui a mon entière adhésion. Glory Box est le titre le plus célèbre du groupe. Mais celui qui a ma préférence est incontestablement Roads. La prestation live de Beth Gibbons est tout simplement déchirante. A chaque écoute, j'ai l'impression que la condition de mon cœur, traversé de lésions irréversibles, va précipiter ma mort. C'est dire à quel point la musique peut être communicative ! It's A Fire est, pour les mêmes raisons, d'une rare puissance. En fait, l'album entier est réellement incroyable.


Air
N'oublions pas les Français ! Car en trip hop, eux aussi excellent. Prenons Air, par exemple. Mon album fétiche de ce duo est Moon Safari. Typiquement, le genre de musique que j'aime écouter le dimanche matin. Cherry Blossom Girl est elle-aussi une chanson que j'apprécie énormément.

"Un peu d'Air, de l'Air, c'est juste une question de survie !"

Télépopmusik
Encore des Français ! Ici, c'est particulièrement Breathe qui m'intéresse, bien que le reste de l'album Genetic World s'écoute aussi très bien. On peut notamment entendre Breathe dans le film De battre mon cœur s'est arrêté avec Romain Duris.


Les trésors que j'ai découverts

Les films sont parfois une très bonne source de découvertes musicales. Malheureusement, je ne connais pas Xavier Dolan personnellement, ce jeune cinéaste que j'adule, mais je suis persuadé que musicalement on s'entendrait très bien. Son film Les Amours Imaginaires m'a ainsi introduit au duo électropop suédois The Knife, dont la chanteuse a également fait carrière solo sous le nom de Fever Ray. Si vous m'autorisez d'ailleurs une digression cinématographique, Les Amours Imaginaires est un film que je conseille, tout comme Mommy et le moins connu mais peut-être celui que je préfère du Québécois, Tom à la ferme.


Deezer n'a rien à envier au génie de Dolan. Son génie à lui, c'est de pouvoir vous proposer des artistes totalement en adéquation avec vos styles musicaux. Et c'est ainsi que j'ai découvert :
- Boards of Canada ;
- aydio, dont j'ai acheté toute la discographie, tellement j'ai été transporté par l'univers ;
- Superpoze, jeune prodige français qui pourrait avoir un bel avenir devant lui. Il n'avait que 23 ans quand je l'ai vu jouer au festival des Nuits Secrètes et j'ai découvert une dimension parallèle ;
- Emancipator, un énorme coup de cœur ! En particulier, les albums Soon It Will Be Cold Enough, Safe In The Steep Cliffs et Dusk To Dawn. Je suis un peu plus critique vis-à-vis de Seven Seas qui m'a un peu déçu. Quoi qu'il en soit, chaque morceau est une pépite qui me fait voyager. Pour n'en citer que trois : Anthem, Minor Cause et Greenland. Je les ai vus en concert à Amsterdam il y a quelques mois : une expérience inoubliable !

Concert d'Emancipator, Amsterdam, Novembre 2016

Quelques autres bijoux

D'autres styles, en vrac :
- Bon Iver ;
- Tame Impala  ;
- Wax Tailor - on peut notamment entendre Seize The Day dans Paris de Cédric Klapisch, une autre de mes recommandations cinématographiques ;
- Florence + The Machine
- Parov Stelar ! Ceux qui me connaissent savent que j'adore danser. Comme les langues, je pense que ce qui freine la plupart des gens à s'y essayer, c'est la peur du ridicule mais bref, c'est un autre sujet. L'Autrichien Parov Stelar donc, et l'electro swing en général, est un parfait moyen de se mettre à la danse. Et ce n'est pas ce grand danseur allemand qui dira le contraire !


Et deux chansons isolées

- Reubin de Christian Löffler ;
- Levo de Recondite, découverte dans The Young Pope, excellente série d'ailleurs !

Jude Law, jeune, irrévérencieux... et pourtant, pape !

lundi 27 février 2017

J'ai testé le danois

Parmi les autres langues auxquelles je me suis intéressé, il y a le danois.

Taler du dansk?
Pourquoi le danois ?

Après l'anglais, et l'allemand, j'avais envie d'apprendre une autre langue germanique. La Scandinavie m'ayant toujours intéressé et ayant prévu un voyage à Copenhague l'année dernière, j'ai donc voulu en savoir un peu plus sur le danois. Au passage, c'est pour moi une belle langue ! Je pense la même chose du suédois et du norvégien, que j'ai eu l'habitude d'entendre en regardant les séries Real Humans et Occupied en version originale.


Comment l'ai-je étudié ?

Juin 2016. Je songeais à apprendre un peu de danois, sans m'y mettre pour autant. Puis, comme par hasard, Netflix m'a proposé une série danoise qui m'a beaucoup plu. Celle-ci :


Complétement inconnue en France, elle a pourtant été importée et francisée à travers l'actrice Mathide Seigner et sous le nom Sam. Je ne sais pas ce que vaut cette adaptation mais une chose est sûre : je conseille vraiment la version originale que j'ai regardée dans la langue d'Andersen. L'occasion également de découvrir le groupe danois Stoffer & Maskinen, qui apparaît au générique de la série. Les sonorités de la chanson Silhuet m'ont tout de suite enchanté. Je trouvais la langue de plus en plus magnifique et le morceau Vi To Er Smeltet Sammen a porté le coup de grâce. Écoutez :


J'ai appris les paroles par cœur et suis immédiatement tombé sous le charme du texte. J'ai ensuite cherché à regarder des films sur le pays, et plus précisément sur sa capitale que je m'apprêtais à visiter. J'ai trouvé Copenhagen, dont le titre m'a semblé suffisamment fiable. Et il ne m'a pas laissé indifférent ! Vous trouverez ci-dessous une scène marquante qui vous donnera peut-être envie de voir le reste du film, que je ne peux que recommander. En quelques mots, c'est l'histoire de William, un Américain de 28 ans qui arrive au Danemark après un long voyage à travers l'Europe, et devient rapidement obsédé par une jeune Danoise. Dans cet extrait en particulier, on voit cette jeune femme interpréter Vi To Er Smeltet Sammen. William n'est plus en mesure d'écouter son ami lui parler en anglais, sa langue maternelle. Tout se brouille, il n'est plus capable de se concentrer sur autre chose que la voix envoûtante de la belle Copenhaguoise. Le pouvoir des langues étrangères, de la musique ou tout simplement de l'amour, ce qui - disons-le - revient au même.


Par ailleurs, j'ai appris la langue mais cette fois sans Assimil. A la place, j'ai tenté Duolingo. Ce n'est pas vraiment une méthode qui me correspond parce que cette application vous gave de vocabulaire à travers des phrases farfelues (genre "la vache verte boit le lait sur la table") alors que je préfère apprendre une langue à travers sa syntaxe. C'est, pour moi en tout cas, bien plus efficace.

Que m'en reste-t-il aujourd'hui ?

Mon étude du danois a été très furtive. J'y ai consacré 2 semaines. La réelle difficulté de cette langue, c'est la prononciation : les Danois ont tendance à manger certaines consonnes et recracher seulement les voyelles. C'est comme si on disait "ome" en français pour "comme", "homme", "pomme", "tome", "somme", etc. Pour le reste, ce n'est pas une langue bien compliquée, surtout si vous parlez déjà anglais, allemand, néerlandais ou une langue scandinave.

Quoi qu'il en soit, cette brève expérience m'a surtout permis de pouvoir lire un peu la langue une fois dans le pays. Cependant, aujourd'hui, à part les formules de politesse, "je suis français", "je t'aime", savoir conjuguer les verbes être et avoir au présent et les paroles de Vi To Er Smeltet Sammen que je n'ai pas oubliées, il ne me reste pas grand chose. 349 mots selon Bliu Bliu.

Il est important de faire une distinction terminologique. Je parle certaines langues (anglais, allemand, italien, russe...), j'en connais d'autres (danois, turc...). C'est-à-dire que je ne pourrais pas m'exprimer (ou alors on aurait vite fait le tour) mais en revanche, je connais certaines de ses structures récurrentes : par exemple, comment se forment le passé, le futur et le présent en danois ou le principe de l'harmonie vocalique, la place du verbe et la formation des déclinaisons en turc. Parler les langues n'est donc pas la seule chose qui m'intéresse : les connaître me passionne aussi !

dimanche 26 février 2017

French songs

Écouter des chansons en français peut aussi vous aider à améliorer votre anglais... si vous le faites avec des sous-titres en anglais !  C'est ce que propose la chaine de frenchrescue sur YouTube.

On y trouve des chansons légères et sans prétention (comme Elle me dit), d'autres plus sophistiquées et poétiques (comme Le vent nous portera) ainsi que des classiques magnifiques et intemporels (comme Amsterdam).

In de haven van Amsterdam...

La voix du ch'ti

Ce site recense plus de 400 expressions ch'tis avec audio pour pratiquer l'oral également.
C'est avant tout pensé comme un guide de conversation qui donne les principales phrases pour s'exprimer facilement. Autrement dit, tout ce qu'il faut savoir avant de partir en voyage !


Bonne nouvelle, ce site se décline pour quarante autres langues, que vous trouverez ici

samedi 25 février 2017

Comment apprendre rapidement

Il y a deux techniques pour construire un château de sable.

Wolkenkratzer Festival 2013, Francfort

Technique n°1 : Prendre beaucoup de sable humide. Construire le château. Simple, rapide et efficace.
Technique n°2 : Prendre un grain de sable sec. Traverser la plage. Mouiller le grain de sable dans l'océan. Revenir à son emplacement. Poser le grain de sable humide. Prendre un grain de sable sec. Traverser la plage. Mouiller le grain de sable dans l'océan... Répéter l'action jusqu'à obtention d'une quantité suffisante de sable humide. Espérer que les premiers grains amassés ne sèchent pas avant l'arrivée des derniers. Technique éprouvante et fastidieuse. Le risque d'abandonner la collection de grains de sable avant de commencer l'édification du château est bien réel.

C'est ridicule, non ? Tout le monde suit la première technique pour fabriquer son château de sable. Je suis d'accord (si certains d'entre vous utilisent la seconde façon et se sentent offensés, je suis désolé). Du coup, je me pose la question suivante : pourquoi la plupart des gens s'entêtent-ils à appliquer la seconde technique pour apprendre une langue ? Car, oui, apprendre une langue, c'est construire un château de sable.

Généralement, l'apprentissage d'un idiome passe par l'accumulation de vocabulaire. On apprend des listes de mots, plusieurs mots isolés, des dizaines de mots, des centaines de mots. Il en faut beaucoup, des grains de sable, pour pouvoir ériger son œuvre architecturale. Une méthode géniale... pour échouer et se dégoûter des langues ! Au final, le palais monumental que l'on souhaitait bâtir ne restera qu'une chimère et les travaux ne verront jamais le jour.

Cela fait quelque temps que je m'adonne donc à la première technique. Je ne prends pas de sable sec, grain par grain : je le prends déjà humidifié et compacté. Autrement dit, au lieu d'apprendre des mots, j'apprends des phrases. Il est difficile de retenir un mot nouveau du premier coup. Apprendre des centaines de mots nouveaux demanderait donc beaucoup de temps et d'efforts. Pourtant, rien qu'au cours de ma première semaine d'apprentissage du roumain, j'ai déjà pu emmagasiner des centaines de mots. Sans les oublier. Après quelques heures d'étude de la langue, je pouvais exprimer la plupart des énoncés basiques du quotidien et comprendre mon interlocuteur. J'ai ainsi pu parler roumain assez rapidement.

Voici 10 raisons qui expliquent le succès de cette méthode :

1. Dans la vie de tous les jours, personne ne s'exprime en mots. Tout le monde s'exprime en phrases. Apprendre une phrase vous semblera donc plus naturel qu'apprendre un mot. N'apprenez pas le mot oferta, "offre" en espagnol. Montez d'un niveau. Apprenez par exemple rechazar una oferta, "refuser une offre". Allez encore plus loin. Par exemple : darse el lujo de rechazar una oferta, "se payer le luxe / se permettre de refuser une offre". Et maintenant la phrase : no puedo darme el lujo de rechazar esta oferta. Retenez cette phrase et vous n'apprendrez pas seulement le mot "offre", qui seul est inutile. Vous aurez appris à dire : "je ne peux pas me permettre de refuser cette offre."

2. Apprendre une phrase vous aidera à vous projeter dans la pratique de la langue. Vous pouvez très bien vous imaginer dire à quelqu'un no puedo darme el lujo de rechazar esta oferta. Vous pouvez plus difficilement vous imaginer lui dire oferta. Et l'imagination, c'est le ciment de l'apprentissage.

3. Quand vous parlerez, vous chercherez moins vos mots. On raisonne d'emblée en phrases, ce qui rend la conversation beaucoup plus fluide, moins saccadée.

4. La musicalité d'une phrase est beaucoup plus perceptible que celle d'un mot perdu. Et la musique, comme l'imagination, joue un rôle crucial dans l'apprentissage.

5. Vous n'apprenez pas passivement un mot. En créant une phrase, vous choisissez d'être actif. Et être actif, c'est déjà adopter la bonne mentalité pour parler une langue.

6. Apprendre, c'est avant tout comprendre. Et avec une phrase, on comprend ce qu'un mot ne peut jamais vous apprendre : la syntaxe. Autrement dit, comment les mots se combinent pour former une phrase.

7. Une phrase vous donne d'emblée accès à plusieurs mots, des expressions et des règles de grammaire, sans que vous ne vous en aperceviez. No puedo darme el lujo de rechazar esta oferta vous enseigne :
négation = no + verbe conjugué
je peux = puedo
me donner = darme = dar + me = donner + moi
se payer le luxe = darse el lujo
refuser = rechazar
cette = esta
offre = oferta
Tout ça juste avec une seule phrase. Imaginez les progrès réalisables avec des dizaines de phrases !

8. Vous aurez une phrase type à laquelle vous référer en cas de doute. Comment dit-on '"je peux" déjà ? Ah, mais oui, puedo comme dans no puedo darme el lujo de rechazar esta oferta ! Comment dit-on "se payer le luxe" déjà ? Ah, mais oui, darse el lujo comme dans no puedo darme el lujo de rechazar esta oferta ! Comment dit-on "une offre" déjà ? Ah, mais oui, oferta comme dans no puedo darme el lujo de rechazar esta oferta !

9. On retient aussi plus facilement les mots, car ils cohabitent, ils vivent ensemble. Ils s'auto-entretiennent dans votre mémoire. Pensez à lujo, et vous penserez à darme el lujo, et vous penserez à no puedo darme el lujo de rechazar esta oferta. En pensant à ces mots, vous ne les oublierez pas.

10. Faire des erreurs, c'est bien ! Mais il ne faut pas non plus en faire son mode de vie. L'expérience me prouve que quand j'apprends des mots orphelins, je finis par les défigurer totalement. Aujourd'hui, j'apprends oferta. Dans une semaine, je m'en souviendrai encore. Mais dans un mois ? Je dirai ofra. Et un beau jour, où j'aurais envie de dire à un hispanophone que je ne peux pas refuser son offre, je lui dirai "non puedo mi dar el luxo de refuzar esta ofra". C'est dommage car son offre consistait à m'offrir un emploi au Mexique et maintenant, il va s'empresser de la retirer. J'exagère volontairement au sujet des fautes mais je ne suis pas si loin de la vérité.

Restez crédible !
Ainsi, avec cette méthode, la construction du château deviendra simple, rapide et efficace.

Un outil qui peut vous aider

J'ai longtemps tâtonné avant de trouver un dictionnaire / outil de traduction en ligne qui me corresponde : Leo, Larousse, Linguee... Jusqu'à ce que je trouve Reverso Context. Le Graal !


C'est un dictionnaire gratuit en ligne qui propose 11 langues à partir du français : arabe, allemand, anglais, espagnol, hébreu, italien, néerlandais, polonais, portugais, roumain et russe. Comme son nom l'indique, il ne se contente pas de traduire les mots : il les met en contexte en proposant des phrases d'application. Il est devenu l'outil parfait dans mon apprentissage des langues et un onglet constamment accessible, au bureau comme à la maison.

Magari

Parmi les 15 mots et expressions que vous devez absolument connaître pour parler italien, j'ai volontairement omis un vocable pourtant essentiel. Un petit mot que j'utilise souvent, trop souvent peut-être, mais mon italianisation ne connaîtra jamais aucune limite. Un petit mot pas si simple à traduire, car il n'a pas vraiment d'équivalent en français. C'est pour cette raison que j'ai choisi de lui consacrer un article privilégié.

MAGARI

Tiziano Ferro commence Per dirti ciao! par "Magari un giorno..". Et un peu plus d'une minute plus tard, il remet ça : "Magari un giorno...". Au passage, la chanson mérite évidemment une plus longue écoute que ces deux extraits arbitraires, en particulier si vous n'êtes pas encore tombé sous le charme de cette magnifique langue (est-ce possible ?).

"Magari" peut avoir 5 sens différents. En tout cas, je vais vous exposer les 3 contextes dans lesquels je l'utilise par fréquence décroissante et les 2 autres où il peut s'appliquer. Je ne traduis pas les phrases d'exemple et le ferai de moins en moins à l'avenir. C'est l'occasion de remarquer que vous pouvez comprendre seul ou chercher à comprendre seul sans la béquille de la traduction. Une démarche cruciale dans l'apprentissage des langues.

Dans 90% des cas, je l'utilise pour dire peut-être :
Magari potrei farlo da solo! ou Magari un giorno...

Dans les 10% d'occasions restantes, je l'emploie dans le sens de : 

pourquoi pas ?
Quindi ci vediamo stasera per parlarne e cenare insieme? 
- Magari!

aussi
Sto pensando, magari, a trasferirmi in Italia.

Et les 2 autres possibilités que je n'utilise personnellement jamais ou alors extrêmement rarement :

même si (je préfère dire "anche se")
L'anno prossimo lascerò questo paese, magari dovessi lasciare indietro tutto ciò che ho.
L'anno prossimo lascerò questo paese, anche se dovessi lasciare indietro tutto ciò che ho.

si seulement (je préfère dire "peccato")
Magari io avessi avuto il tempo di dirlo...
Peccato che io non abbia avuto il tempo di dirlo...

Les bienfaits des langues

Saviez-vous que parler d'autres langues pouvait aussi avoir un effet positif sur votre santé ? Notamment lutter contre l'apparition de la maladie d'Alzheimer ! Cet article vous en dira plus sur cet avantage et six autres.


vendredi 24 février 2017

Tu ou vous ?

Les règles de tutoiement et de vouvoiement comptent parmi les premières à assimiler quand on apprend une langue. Le "vouvoiement" proprement dit est un concept particulièrement adapté au français, où l'on utilise effectivement le "vous" pour s'adresser poliment à une personne. En revanche, dans d'autres langues, cette marque de respect s'exprime différemment.

L'anglais

Le vouvoiement n'existe pas en anglais. Enfin, n'existe plus. Si vous vous intéressez aux pièces de Shakespeare, vous vous rendrez compte qu'on faisait à l'époque une distinction entre le thee, notre "tu", et le you, notre "vous". Mais les temps changent et aujourd'hui seul le you subsiste. Peut-on encore parler de "langue de Shakespeare" ?

"For which of my bad parts didst thou first fall in love with me?"
Cette particularité de l'anglais moderne pose problème à ses locuteurs natifs quand ils doivent se frotter à une langue telle le français. Quand utiliser "tu" et quand utiliser "vous" ? Ce schéma extrêmement simple leur permet heureusement d'y voir plus clair.

Le russe

Le russe est une langue très compliquée. Ainsi, pour s'exprimer à une personne avec respect, on utilise le вы. En français, cela veut dire... "vous" !

"Et là il m'a dit que le russe c'était difficile !"
 Le roumain

Comme en français et en russe, on recourt au "vous" (dumneavoastră). Entre le tu (oui, c'est comme en français) et le dumneavoastră, les Roumains ont parfois recours au dumneata - bien que ce soit de moins en moins vrai. Il s'agit d'une forme intermédiaire entre le "tu" et le "vous", pour être distant mais pas trop, ou proche mais pas trop. Il se conjugue à la deuxième personne du singulier.

L'italien

"Comment s'appelle-t-elle?". En italien, cela peut signifier la même chose qu'en français. Ou bien vouloir dire "Comment vous appelez-vous?". Car le vouvoiement s'exprime par le Lei, "elle".


L'allemand

L'allemand a un système de vouvoiement assez particulier et rigide. Et il ne serait pas approprié de l’ignorer. Cela fait plus d'un an que je travaille dans la même entreprise en Allemagne, et certains collègues à peine plus âgés que moi continuent à me demander "Vous allez bien, Monsieur Bernier ?" En allemand, la formule de politesse est la troisième personne du pluriel, le Sie. Cela donne littéralement : "Ils / Elles vont bien ?"

Ça, c'est la situation où vous vous adressez à une personne que vous "vouvoyez". Et si vous êtes face à plusieurs personnes ? Alors qu'en italien, on passerait systématiquement à la deuxième personne du pluriel, voi, l'allemand est plus subtil. On peut également passer à la deuxième personne du pluriel, ihr, mais uniquement si on tutoie tout le monde dans ce groupe de personnes. En revanche, si vous ne vouvoyez ne serait-ce qu'une personne du groupe, alors on garde le Sie. C'est vraiment important, ce n'est pas un détail !


L'espagnol

Reste l'espagnol parmi mes langues actuelles de prédilection. C'est en quelque sorte un mix entre l'italien et l'allemand. Le "vous" est caractérisé par Usted au singulier (3ème personne du singulier comme Lei) et Ustedes au pluriel (3ème personne du pluriel comme Sie), c'est-à-dire pour un groupe de personnes que l'on vouvoie individuellement. Pour un groupe de personnes que l'on tutoie, on utilise le vosotros. Enfin, en Espagne, en tout cas. En Amérique latine, on utilise toujours le Ustedes au pluriel, que ce soit pour s'adresser à ses amis ou au président de l'Argentine et sa femme. Le vosotros n'a pas droit de cité.

Parler, c'est faire danser les mots

MOTIVATION

Une fois encore (et ce ne sera pas la dernière), on ne peut pas apprendre de langue sans motivation ! L'expérience personnelle de Benny Lewis le prouve. Jusqu'à ses 21 ans, il ne parlait qu'une seule langue (comme environ 40% de la population mondiale), à savoir sa langue maternelle, l'anglais. Impressionné par les polyglottes qu'il a rencontrés, il a décidé de se mettre lui aussi aux langues étrangères.

Pourquoi ? Pour frimer, pour avoir l'air intelligent, pour impressionner les gens lui-aussi. Et le résultat ? Une catastrophe, il a échoué. Et c'est là qu'il a compris ce qui motivait les polyglottes : la passion, la fascination, la motivation de découvrir d'autres langues, d'autres façons de penser. Certainement pas la frime. Dans sa conférence, il expose les 5 excuses qu'il entend le plus de la part des gens qui ne peuvent veulent pas apprendre de langues. Bizarrement, on retrouve aussi 3 d'entre elles dans mon top 5. Tout ce que Benny vous dit, tout amoureux des langues vous le dira aussi, et je vous ai d'ailleurs déjà dit moi-même pas mal de ces choses.

Mais un petit rappel ne fait jamais de mal (sous-titres en français disponibles) :



Qualités requises pour parler une langue

Tout d'abord, parler une langue, qu'est-ce que ça veut dire ? La réponse que je vais apporter n'engage que moi, mais je pense qu'il faut arrêter de croire qu'il s'agit d'en maîtriser entièrement le lexique. Sinon, on ne parlerait AUCUNE langue.
“If the standard of speaking a language is to know every word — to feel equally at home debating nuclear fission and classical music — then hardly anyone is fluent in their own native tongues.”
Cette citation n'est pas de moi mais de Tim Doner, un Américain qui a connu son quart d'heure de gloire en tant que "plus jeune hyperpolyglotte du monde". Il est revenu sur son parcours d'apprentissage d'une vingtaine de langues dans cet article. Mais ce qui m'intéresse ici, c'est plutôt la conférence qui suit et qui recoupe bon nombre d'idées sur lesquelles j'ai déjà insisté (sous-titres en français disponibles) :


Parler une langue, selon moi donc, c'est être capable de mobiliser les qualités suivantes :

- être curieux. Ne jamais dire "je ne comprends pas" mais à l'inverse, chercher à comprendre. Par soi-même, si on est seul face à un article de journal par exemple, ou en demandant à son interlocuteur de reformuler ses propos.

- aimer les paris. Car si vous ne connaissez pas les mots que vous souhaitiez exprimer, vous pourriez vous risquer à les inventer. Et réussir... ou échouer lamentablement.

- être créatif. Vous ne connaîtrez jamais tous les mots. Si un vocable vous fait défaut, il faudra trouver d'autres façons d'exprimer l'idée. Et rapidement. Parce que la personne en face de vous ne va pas attendre éternellement. Exemple : lorsque j'étais à Sorrente avec mes amies, j'ai demandé un briquet au propriétaire de l'appartement pour pouvoir cuisiner. Le problème, c'est que je ne connaissais pas le mot accendino à l'époque. J'ai cherché à m'en sortir autrement en posant la question "Lei ha questa cosa per dare fuoco alla cucina?", en français : "Vous avez ce truc pour mettre le feu à la cuisine ?". Bizarrement, faisant plus confiance à ma faim qu'à mon côté pyromane, il a immédiatement glissé sa main dans la poche de son pantalon pour en sortir un briquet.

mercredi 22 février 2017

Toute langue est fasciste

Pourquoi les Allemands sont-ils les derniers à rire au Parlement européen ? Parce qu'ils n'ont aucun sens de l'humour et qu'ils doivent attendre que la vague d'éclats de rire déferle sur l'assemblée avant de s'y plier eux aussi, simplement par convention ? J'accepte cette réponse.


Prochain verbe dans une minute !

En fait, ce n'est pas la bonne explication. C'est parce qu'un Allemand, c'est patient ! Depuis sa plus (ou moins) tendre enfance, il doit souvent attendre la fin de la phrase pour connaître le verbe (les règles précises d'application sont trop subtiles pour les voir en détails ici). Pour mieux comprendre, c'est un peu comme si en français, on parlait comme ceci : "je vais une nouvelle maison acheter". Partant de ce constat, un germanophone met plus de temps à connaître l'action, donc à rire.

La place du verbe joue un rôle central dans la langue de Goethe et je me suis toujours demandé si cela avait une influence sur le caractère de son peuple. En français, si vous commencez cette phrase, "je vais acheter...", il y a un risque que l'on vous coupe la parole : "quoi ? Non, mais tu vas acheter quoi encore ? Vas-y, dis-moi ! Et avec quel argent ?" Ce n'est pas très poli, non ? Dans l'expectative du verbe, l'Allemand n'est pas disposé à interrompre son interlocuteur tant que ce dernier n'a pas terminé sa phrase. Et une fois que celle ci-est finie, il ne peut plus couper la parole à son partenaire car il a déjà exprimé tout ce qu'il avait à énoncer. Et l'expérience montre que c'est vrai ! Je me fais rarement si ce n'est jamais arrêté par un Allemand, qui attend toujours sagement ce que j'ai à dire avant de se prononcer à son tour. L'origine de la fameuse discipline teutonne serait donc contenue dans la langue elle-même ? Et le surplus d'ouverture et de curiosité que l'on peut imputer aux Allemands pourrait-il être lié à l'avidité de connaître le verbe mystérieux qui parachèvera votre phrase ?


 Esprit de contradiction, es-tu là ?

Quelque chose d'autre me frappe en allemand. Et je ne pense pas que ce soit un détail. Il s'agit de la possibilité de placer le "mais" au milieu des propositions alors que dans les autres langues que je connais, cela est tout simplement impossible. Je m'explique. En français, vous direz par exemple "Mais j'ai le sentiment que c'est possible". Aucune autre alternative. "J'ai mais le sentiment que c'est possible" ? Non, cela ne se dit pas. En allemand, si ! "Ich habe aber das Gefühl, dass es möglich ist" peut s'employer au même titre que "Aber ich habe das Gefühl, dass es möglich ist". Sur le même modèle, on trouve : "ich denke aber", "ich sage aber", "ich möchte aber", "ich habe aber den Eindruck", "ich habe aber bemerkt", "ich habe aber verstanden", etc.  Les Allemands noient le "mais" au milieu de leur flot de paroles, rendant sa présence presque insignifiante. Mais (...courte pause...) ce n'est pas le cas des Français ! "Mais (...courte pause...)" : c'est bien comme cela qu'on parle, non ? Les Allemands sont même plus précis que nous. Ils ont deux mots pour dire "mais", alors que nous n'en n'avons qu'un. Le "mais" restrictif de "tu veux mais tu ne peux pas" (aber) et le mais rectificatif pour apporter une correction "ce n'est pas une poule mais un coq" (sondern). Et en Italie ? On dit "ma". Vous connaissez bien ce mot. Dans l'imaginaire collectif, c'est celui avec lequel les Italiens commencent toutes leurs phrases. C'est certes un stéréotype, mais ce n'est pas tellement loin de la vérité : "Ma dai! Ma cosa stai facendo? Ma lo sai che siamo già in ritardo, vero? Ma non ti sopporto più". Notez qu'en français et en italien, le "mais" est monosyllabique. C'est pratique : c'est petit, ça ne prend pas de place, ça se prononce vite, ça se case partout. "Aber" et "sondern" ont deux syllabes, ce qui les rapproche des "mots normaux", évitant ainsi tout traitement de faveur.

Bon, alors ? Quelle est la conséquence de tout cela? J'y viens. Connaissez-vous un peuple doté d'un sens du compromis plus développé que celui des Allemands ? En Allemagne, les divergences d'opinions, les différences de personnalités et de modes de vie ne sont pas plus perçues comme des problèmes. Ce qui unit est plus important que ce qui désunit. Les latins n'ont pas cette vision. Ils ont la culture du MAIS. Vive les confrontations violentes d'idées, les grèves, les manifestations, le rejet de la différence, le sursaut pour l'égalité absolue au détriment de la liberté !


"MAIS taisez-vous !" *claque le livre sur la table* "Mais" (... courte pause...) "c'est pas possible"
CQFD!

Pense comme moi !

Vous pensez peut-être que je délire complétement. Alors j'aimerais avancer un ultime argument, allant dans le sens de ma distinction compromis allemand vs contradiction latine.
en français : j'ai raison, non ?
en italien : ho ragione, vero? ou ho ragione, giusto?
en espagnol : tengo razon, ¿verdad?
Mise au point : quand vous demandez à votre interlocuteur si vous avez raison, vous finissez par un terme négatif ("non" en français) ou par une locution qui sous-entend que oui, vous avez raison ("c'est vrai", "c'est juste", "c'est la vérité" en italien et en espagnol). Au fond, dans les trois langues, vous êtes fermé. L'autre pourra bien dire ce qu'il veut, cela ne changera sûrement pas grand chose à votre opinion.

en allemand : ich habe Recht, oder?
Oder? "Ou" ? Depuis quand est-il acceptable de finir une phrase avec un "ou" ? Un "ou" ne termine pas une phrase, il l'équilibre tout au plus ! Cela veut dire que l'Allemand attend quelque chose, que vous complétiez ou remettiez en cause ce qu'il pense. Contrairement à nous, il est ouvert. A-t-il raison ? L'Allemand en doute. Ce n'est pas à lui de le dire. Il n'a pas cette prétention.


"Toute langue est fasciste"

Mes conclusions sont sûrement un peu hâtives. Oui, je l'admet. Quoi qu'il en soit, je reste intimement convaincu que langues et comportements entretiennent des relations très étroites. Les langues impliquent une vision du monde particulière. Revenons-en d'ailleurs au titre de mon article : "Toute langue est fasciste". Cette citation provocante de Roland Barthes signifie que parler une langue, c'est assujettir la réalité, lui attribuer un sens unique et indiscutable. Sinon on ne pourrait plus discuter. "Le fascisme, ce n'est pas d'empêcher de dire, c'est d'obliger à dire." Ainsi, en français, on s'entend tous pour attribuer quatre petites lettres à cet immense espace qui s'étend au-dessus de nos têtes et forme approximativement un dôme borné par l'horizon : c, i, e , l. Désigner le ciel par le mot "ciel", c'est faire sien le ciel. On lui impose une existence artificielle et univoque, on le fige, on l'emprisonne. Par conséquent, se confronter aux langues étrangères, c'est chercher à échapper au régime fasciste sous lequel on a grandi, chercher à fuir, à s'émanciper et autoriser la réalité à prendre un peu plus de libertés, à mener une autre vie. Une volonté qui ne peut que s'applaudir !


Je vais m'arrêter là. Je pourrais continuer pendant des heures. Le sujet est aussi fascinant qu'inépuisable. Si vous voulez en savoir plus sur la tyrannie des langues, cette page exploite toute la puissance de la citation de Roland Barthes. Si en revanche, c'est une initiation à leur construction que vous recherchez, cette conférence de France Culture avec Charles Brasart, chercheur au laboratoire de linguistique de Nantes, suscitera sans aucun doute votre intérêt.

mardi 21 février 2017

L'alphabet cyrillique

Le russe a mauvaise réputation. La plupart des gens pensent que c'est une langue difficile car ils se sentent agressés par son alphabet inhabituel. Curieusement, ces mêmes personnes n'ont généralement jamais essayé d'apprendre le russe.

Ты шутишь?

La langue du pays des tsars m'évoque un sentiment bien différent. Je l'ai toujours trouvée magnifique, à l'oral bien sûr, mais aussi à l'écrit. J'aime les formes et le style de l'alphabet cyrillique. Un univers étranger, mais qui n'est pas pour autant étrange. Nous allons voir ensemble les 33 lettres russes. C'est un peu plus que le nombre que nous sommes habitués à gérer certes, mais rien de bien compliqué, comme vous allez le voir. Quelques heures suffisent pour l'apprendre ! Et une fois cette barrière visuelle surmontée, tout devient plus simple.

Pour ceci, j'ai établi 4 catégories :
- les lettres qui s'écrivent et se prononcent comme les nôtres ;
- celles qui s'écrivent comme une lettre de l'alphabet latin mais dont le son est différent ;
- les lettres nouvelles ;
- les exceptions.

5 lettres s'écrivent et se prononcent comme les nôtres

- А а А а comme Arnaud
- К к К к comme Koala
- М м М м comme Maman
- О о О о comme Original
- Т т Т т comme Tigre
  
8 lettres s'écrivent comme une de nos lettres mais ont une prononciation différente

- С с С с se prononce toujours comme dans Ciel, jamais comme dans Couleur
- Е е Е е ne se prononce pas comme dans Eléphant mais comme le mot anglais "Yeah!"
- Ё ё Ё ё n'a rien à voir avec Noël et se dit "yo" comme dans "yo-yo"
- В в В в n'est pas un "b" mais un "v" comme dans Vodka (les "В" russes sont des "V", les "V" espagnols sont des "B"... tout ba vien !)
- У у У у n'est pas semblable à notre y de "vas-y !" mais se prononce comme dans Ours (idem pour le "y" allemand d'ailleurs)
- Н н Н н n'est pas un "h" mais un "n" comme dans Natacha
- Р р Р р n'est pas un "p" mais un "r" (roulé !*) comme dans Restaurant
- Х х Х х n'est pas un x, c'est un autre son "r"*

* pour plus d'explications, voir l'article "Quelques sons snobés par les Français (1/2)"

18 lettres sont nouvelles

- Б б Б б : le "b" de Bébé
- Г г Г г : le "gu" de Guitare
- Д д Д д : le "d" de Dinosaure
- Ж ж Ж ж** : le "j" de Jour
- З з З з : le "z" de Zoo
- И и И и : le "i" de Italie
- Й й Й й : autre "i" lorsqu'il est seul - en association avec un a, il donne aïe comme dans le même mot français et avec un o, "oï" comme dans mon
- Л л Л л : le "l" de Lion
- П п П п : le "p" de Papa
- Ф ф Ф ф : le "f" de Famille
- Ц ц Ц ц : le "ts" de mouche tsé-tsé
- Ч ч Ч ч**: le "tch" de T'choupi
- Ш ш Ш ш** : le "ch" de Chat
- Щ щ Щ щ est un autre son "ch"**
- Ы ы Ы ы est un autre son "i"**
- Э э Э э : le "é" de Eléphant
- Ю ю Ю ю : le son "you"
- Я я Я я : le son "ya"

2 lettres sont à part

Ъ ъ Ъ ъ et Ь ь Ь ь** ne se prononcent pas en soi. La première se nomme "signe dur" et rend le son de la lettre qui le précède plus dur. Par opposition et sans surprise, on appelle la seconde "signe mou" et son rôle est d'adoucir la lettre qu'elle suit.

** pour plus d'explications, voir l'article "Quelques sons snobés par les Français (2/2)"

Peut-être que si Michael Jackson avait su tout cela plus tôt, il se serait senti moins étranger à Moscou :

lundi 20 février 2017

Claude Hagège

Plus j'apprends les langues étrangères, plus mon amour pour celles-ci s'intensifie. Je ne m'intéresse pas seulement à leur apprentissage et utilisation, mais aussi à leur science, la linguistique, et à leur signes généraux, verbaux et non verbaux - ce qu'on appelle la sémiologie. Deux penseurs francais en particulier sont pour moi une grande source d'inspiration, de motivation et d'admiration. Le premier, Roland Barthes, est un sémiologue renommé qui a connu une fin malheureuse sous les roues d'une camionette, alors que le second, toujours vivant bien que plus très jeune, Claude Hagège, est l'un des linguistes contemporains les plus remarquables au monde.

L'étude des langues est une science comme une autre

Les langues qu'il parle se comptent par dizaines, celles dont il connaît les structures sans pouvoir les manier, par centaines ! Dans cette vidéo, il s'exprime sur sa passion et sur la beauté des langues du monde. Nombre de ses déclarations forcent indiscutablement mon adhésion, notamment :

- l'affinité particulière qu'il ressent pour le russe, langue qu'il juge d'une beauté et d'une richesse inouïes. Malheureusement, cet idiome est encore trop méconnu et sous-apprécié chez nous.

- le danger que représente la propagation de l'anglais pour le maintien d'une pensée plurielle. Je suis moi-aussi véritablement inquiet et y consacrerai un futur article. Je ne parle quasi jamais la langue de Shakes-pire  ; en tout cas, j'évite autant que possible de recourir à cet outil impérialiste.

- la notion de langues "faciles" et "difficiles", car cela ne veut effectivement rien dire. Il prend l'exemple de l'anglais, généralement considérée comme une langue facile, et des difficultés pourtant incarnées par ses nombreuses expressions idiomatiques.

En revanche, en dépit de l'admiration sans bornes que je voue à cet homme aux facultés et connaissances quasi inhumaines, je prends certaines de ses assertions avec plus de recul. Claude Hagège baigne depuis toujours dans le multilinguisme : il est né en Tunisie, a été élevé dans un milieu multiculturel et considère le francais, l'italien et l'arabe comme ses trois langues maternelles. Bon bagage pour un voyage au pays des langues, non ? A l'inverse, je suis issu d'un milieu 100% monolingue : ma passion ne s'est pas imposée à moi, je l'ai créée de moi-même. Dire que tout Francais devrait honorer son héritage culturel en maîtrisant toutes les langues romanes ne me viendra JAMAIS à l'esprit. Certes, j'en ai fait un objectif majeur de mon existence et je l'ai déjà par ailleurs partiellement satisfait. Mais ce n'est qu'un choix personnel. Je suis conscient des diversités des modes de vie et d'origines sociales que je ne veux aucunement uniformiser à travers ce blog, de la même facon que je suis contre la pensée unique.

L'anglais, c'est du français

Et si l'anglais n'était rien d'autre que du français mal prononcé ?


Ces phrases sont en fait tirées du livre Ail ou radis ? Vous parlez anglais sans le savoir de Hugo Jacomet. Et cela touche aussi la musique : c'est ce qu'on appelle les hallucinations auditives.

dimanche 19 février 2017

Stars Francophiles

J'ai l'immense joie de vous annoncer que la francophilie n'est pas morte. Certaines stars américaines adorent notre beau pays et surtout... parlent très bien français ! Elles sont plus nombreuses que l'on pourrait penser alors je me suis contenté d'en sélectionner trois. Je garde le meilleur pour la fin, car c'est un de mes acteurs préférés et la passion qui l'anime pour notre culture est tellement débordante qu'il pourrait presque devenir la mascotte de mon blog.


Numéro 3 : Bradley Cooper

Son accent traduit bien sûr sa nationalité mais son niveau de français est vraiment bon ! Suffisamment pour pouvoir accorder une interview d'une vingtaine de minutes dans cette langue.


Numéro 2 : Jodie Foster

On pourrait être persuadé qu'elle est Française tant elle est incroyable ! Elle le parle sans faute, sans accent, de manière totalement naturelle et avec un vocabulaire extrêmement riche. C'est d'ailleurs pour cela qu'elle se charge souvent de doubler elle-même ses propres rôles en français. On trouve de nombreuses vidéos qui prouvent ses compétences linguistiques sur Internet. Ici, par exemple. La maîtrise de la langue française par Jodie Foster est tellement époustouflante que moi, je dis : faut se taire !

Je dis : faut se taire !

Numéro 1 : Joseph Gordon-Levitt

Je vous l'avais promis, le voilà. Du haut de son 1,76 m, il peut ne pas paraître bien impressionnant. Pourtant, la détermination de ce petit homme pourrait en faire l'ambassadeur de mon blog !


Bel homme, il arbore encore les traits innocents d'un adolescent, ce qui nous empêcherait presque de croire à ses 36 ans (qu'il a pourtant célébrés il y a deux jours !). Avec une quarantaine de films à son actif, il est notamment connu pour avoir joué dans Inception, The Dark Knight Rises, Looper, The Walk et plus récemment Snowden. Et tout comme moi, c'est un passionné de langue. A la différence près que ce privilège, lui, il a choisi de l'accorder exclusivement à la France !

Pour progresser en langue, il faut savoir saisir chaque occasion de la pratiquer et ne pas avoir peur de faire des fautes. Et ça, Joseph, il l'a tout à fait compris ! En 2013, il donne une interview à la télévision belge à l'occasion de la sortie de son film Don Jon. Son accent est plutôt bon même s'il s'exprime assez maladroitement. En revanche, on le comprend très bien et ses sourires incessants sont autant de preuves de la joie incommensurable ressentie par l'acteur lorsqu'il parle français. Car oui, il adore parler français ! C'est certainement l'un des derniers irrésistibles pro-Gaulois en territoire amerloque de nos jours.

Et c'est parce qu'il ose parler la langue que le petit Joseph a fait des progrès. On le retrouve en effet dans une autre interview deux ans plus tard et il s'est amélioré ! Toujours aussi enthousiaste quand il s'agit de communiquer dans la langue de Molière, il n'écoute même pas le journaliste quand il lui dit "Tu peux parler en anglais, si c'est plus facile !" (mauvais conseil, et bonne initiative de l'artiste qui choisit de poursuivre en français).

Sa passion s'exprime aussi en chanson ! Joseph Gordon-Levitt est un grand fan de Jacques Brel et ça se voit. Ne sous-estimons jamais le pouvoir de la musique dans l'apprentissage des langues :

Test de langue

Il n'est pas toujours facile d'évaluer son niveau de langue. Vous pouvez passer un test de niveau rapide (environ 10 minutes) et gratuit sur le site d'Education First pour faire le point. Sont disponibles les quatre langues les plus enseignées en France, à savoir l'anglais, l'allemand, l'espagnol et l'italien. Je l'ai fait pour l'espagnol, celle que je maîtrise le moins parmi les quatre. Vous trouverez ci-dessous mon compte rendu.

¿Cuál es mi nivel de español?

1. Vous devez d'abord renseigner un court formulaire. On vous demandera notamment la durée du séjour linguistique souhaité (car c'est normalement l'objectif d'EF) mais bien sûr votre réponse ne vous engage à rien ! C'est juste à caractère informatif. Je n'ai pas prévu de séjour linguistique en Andalousie.

2. Le test commence. Il y a 12 questions, soit sous forme de questions à choix multiples, soit sous forme de textes à trous, où l'objectif est de trouver les mots manquants.

Quelques minutes plus tard, mon résultat s'affiche : "vous avez atteint un niveau intermédiaire et comprenez les conversations et les sujets du quotidien".


Si vous voulez tenter une autre technique, entre autres parce que vous apprenez une langue un peu plus exotique (vive le russe et le roumain !), non référencée par EF, Bliu Bliu peut évaluer le nombre de mots que vous connaissez en quelques secondes. Pour moi, environ 3.700 mots en espagnol, ce qui correspond bien à un niveau intermédiaire. Deux méthodes qui semblent donc, sur la base de mon expérience, fiables et complémentaires.