vendredi 31 mars 2017

Russophilie

Quand on est russophile, on peut se sentir un peu seul parfois. Mais réjouissons-nous : la russophilie n'est pas encore morte !

Je ne parle pas de cette photo souvenir. Je préfère celles de Disneyland :

Marine me peine

Peine que Mickey émousse

Ni de lui :

Oh, those Russians!

Ni des clichés étalés par Robbie Williams :

Accèdez ici au clip de Party Like a Russian

"And I never ever smile unless there’s something to promote, I just won’t emote." Серьёзно? Quand je veux écouter les chefs-d’œuvre de Prokofiev, je le fais avec les originaux ; pas besoin de remix.

Non, je vais évoquer l'amour de la Russie à travers deux personnalités françaises, un peu moquées en France, mais aimées des Russes.

Мирей Матье

L'histoire d'amour entre Mireille Mathieu et la Russie / l'URSS ne date pas d'hier. La chanteuse française est une star au pays des tsars. En 2005, pour les 60 ans de la fin de la Seconde Guerre Mondiale, elle a interprété deux classiques de la chanson française à Moscou, au beau milieu de la Place Rouge.


La semaine dernière, elle a été invitée sur le plateau de Вечерний Ургант. Je me suis d'abord dit : "Cool, elle parle russe !" Bon, en fait, mon espoir a été de courte durée. A part "bonsoir" et "merci", son vocabulaire dans la langue de Pouchkine semble peu développé. Cela n'empêche pas le public de l'acclamer et le jeune présentateur de lui montrer tout le respect qu'il éprouve pour elle en l'appelant constamment "Madame Mathieu".


 Жак Ширак

Certaines rumeurs disent que Jacques Chirac parlerait russe couramment. Je n'ai trouvé aucune vidéo qui le prouve mais l'histoire qui sous-tend cette légende mérite assurément d'être connue.


Quand il avait 13 ans, Jacque Chirac a voulu apprendre le sanscrit - grosso modo, l'équivalent du latin en Inde, mère des langues indo-aryennes. C'est ainsi qu'il a rencontré un vieux Russe dans la capitale française, qui lui a appris cette langue. Mais rapidement son professeur lui a dit : "tu sais, d'abord tu n'es pas doué et ensuite cela ne sert à rien d'apprendre le sanscrit. Alors si tu veux vraiment apprendre quelque chose, tu ferais mieux d'apprendre la plus belle langue du monde : le russe, et je vais te l'apprendre".

En 1997, à l'occasion d'un discours à l'Université d’État de Saint-Pétersbourg, le président français se souvient des conséquences que cela a eu. J'aimerais partager une partie de son allocution. Il y parle non seulement de la langue mais aussi de la culture de la Russie. Il défend trois autres idées qui me tiennent particulièrement à cœur : l'apprentissage des langues en général, le sentiment d'être européen et l'importance des voyages. Vingt ans plus tard, cela est toujours autant d'actualité :

"Il m'a initié à la littérature russe, superbe s'il en est, servie par une langue extraordinaire, dans laquelle on trouve toutes les émotions et toutes les passions, toutes les intonations aussi qui sont celles à la fois du cœur et de l'esprit. Il m'a notamment appris à lire Pouchkine, ce qui m'a amené à faire effectivement une traduction de Eugène ONEGUINE.
Une traduction d'ailleurs - je devais avoir 19 ans - que j'avais envoyée à plusieurs maisons d'édition pour qu'elles la publient. Je me faisais des illusions. Je l'avais envoyée à une douzaine de maisons d'édition importantes, la moitié m'avait répondu que cela ne les intéressait pas, l'autre moitié ne m'avait pas répondu.
En 1974, j'ai été nommé Premier ministre, alors, j'ai immédiatement reçu un coup de téléphone d'un Monsieur qui était le dirigeant des Presses Universitaires de France, une grande maison française. "Ah ! Qu'il m'a dit, Monsieur le Premier ministre, nous venons de découvrir une extraordinaire traduction de Eugène ONEGUINE, nous voudrions naturellement la publier. Je ne sais pas pourquoi on ne l'a pas publiée avant, mais si vous pouviez nous faire quelques pages d'introduction nous expliquant l'histoire, alors nous serions heureux de la publier". Je lui ai dit "écoutez, cher Monsieur, vous n'avez pas voulu quand j'avais 20 ans, vous ne l'aurez pas aujourd'hui, parce que je suis Premier ministre". C'est comme cela que ma carrière dans le domaine de la traduction littéraire s'est interrompue.
Mais cette histoire, je vous le disais, c'est pourquoi je vous la raconte, a une morale. Cette morale, c'est si, comme beaucoup d'entre vous le font, notamment pour le français, si vous apprenez une langue, pratiquez-la. C'est un investissement d'ouverture d'esprit, et c'est vraiment dommage de le perdre. Ce que j'ai fait. Par conséquent, je vous encourage fortement à apprendre une langue étrangère, le français de préférence, car c'est également une très belle langue. Mais si vous le faites, prenez la peine, ensuite, au fil des ans, de continuer à la pratiquer.
Ce souvenir date de très longtemps, d'un temps bien sûr où vous n'étiez pas nés. Depuis, la Russie n'a cessé d'occuper une place importante à la fois dans mon cœur et dans ma vie.
Je vous raconte cela pour que vous sachiez combien je me sens proche de vous, proche de votre pays que j'aime et que je respecte profondément.
[...]
Je me souviens aussi qu'à votre âge, j'avais naturellement hâte de parcourir et de découvrir le monde. Je vous le dis, voyagez ! On peut toujours le faire, je l'ai beaucoup fait sans argent, c'est aujourd'hui à la portée de chacun. Voyagez ! A l'ouest et depuis des décennies, les jeunes Européens sillonnent l'Europe. A votre tour, partez à leur rencontre, vous serez bien reçu.
Vous avez le privilège d'habiter et d'étudier à Saint-Pétersbourg, l'une des plus belles villes d'Europe et du monde. Eh bien, d'une certaine manière, ici, vous vivez déjà l'Europe historique ! Quelle ville, au fond, est plus européenne que la vôtre ?
Européenne, car Pierre Le Grand qui l'a fondée voulait, dans un geste symbolique, par " cette fenêtre ouverte sur l'Europe ", arrimer la Russie au continent européen.
Européenne, car toutes les inspirations, toutes les influences s'y font sentir. Architectes et ingénieurs sont ici venus de toute l'Europe, de France, d'Italie, de Hollande, et d'ailleurs pour bâtir votre cité.
Enfin, pensez à votre université, à ceux qui l'ont fondée, à ceux qui y ont enseigné. Tout à l'heure, avant d'arriver ici avec un peu de retard, c'est vrai, mais cela en valait la peine, nous visitions le bureau de Mendeleïev. Quelle émotion de voir à quel point il y avait là une inspiration qui venait de toute l'Europe et qui était transcendée par le génie russe. Que dire aussi de Lomonossov et de tant d'autres grands esprits venus ici comme à Berlin, à Paris et dans d'autres grandes villes universitaires d'alors pour démontrer à toute l'Europe le caractère universel des vérités scientifiques. Rappelez-vous le personnage de Lenski, peint par Pouchkine dans Eugène Onéguine dont je parlais tout à l'heure. Il revient d'une université allemande. Et Pouchkine lui-même, qui avait appris le français avant le russe, composait à sept ans de petites comédies en langue française.
Mon souhait, c'est que renaisse cette Europe d'antan, cette Europe des universités et des laboratoires, cette Europe de la culture et des sciences. C'est comme cela que vous cimenterez la paix et l'amitié sur notre continent.
[...]
C'est vrai, être jeune, c'est la plus belle des chances. A votre âge, on a le goût d'entreprendre, le goût de l'initiative, cette curiosité insatiable qui porte vers l'autre en temps de paix et de démocratie et aussi cette énergie à laquelle rien ne résiste.
Alors, je vous le dis de tout cœur, ayez confiance ! Confiance naturellement dans votre peuple et dans votre pays, l'un des très grands de la planète. Allez de l'avant ! Réalisez vos rêves ! Ce goût d'entreprendre et cette énergie, mettez-les au service de la Russie de toujours mais aussi au service d'une Europe pacifique, où l'on peut s'épanouir librement et sans contrainte."

Puis surgit une question, d'un étudiant probablement :
"Monsieur le Président, comment trouvez-vous la langue russe, est-elle difficile ou non ?"

La réponse de Jacques Chirac est tout simplement parfaite :
"Je ne crois pas que l'on puisse dire qu'une langue soit difficile, elles sont toutes accessibles. Mais la langue russe a ceci de particulier, non pas qu'elle soit difficile, mais qu'elle exprime cette passion dont je parlais tout à l'heure. La langue russe est une langue mais c'est aussi une musique qui peut exprimer toutes les tonalités et c'est ce en quoi elle a quelque chose d'exceptionnel dans les moyens universels d'expression."

L'intégralité de l'allocution est disponible ici

jeudi 30 mars 2017

Retenir le vocabulaire (3)

Troisième article consacré à "Comment retenir les mots ?"

Cette page est à la fois la suite du deuxième article de la série "Retenir le vocabulaire" et de "Comment apprendre rapidement", dans lequel j'avais donné 10 raisons qui rendent l'apprentissage d'une phrase beaucoup plus efficace que l'apprentissage de mots isolés. J'avais pris l'espagnol comme exemple avec "No puedo darme el lujo de rechazar esta oferta". Je vais revenir sur cette méthode en vous donnant 10 raisons supplémentaires à travers le cas particulier d'une phrase russe apprise par cœur - alors que je déteste le par cœur et y suis généralement opposé (dans le cadre de l'étude d'une langue, en tout cas). Cette phrase, la voici :
"Сегодня я расскажу вам историю о человеке, утонувшем в холодных водах океана, -- после потери того, кого он любил. Эта история о человеке, который умер дважды."


Ce n'est pas une phrase que j'ai inventée puisqu'elle est issue du clip de I Love You de Woodkid - je l'avais d'ailleurs déjà mentionnée dans cet article.

Pourquoi apprendre une phrase comme celle-ci par cœur?

Tout simplement parce que cela m'a permis de progresser en russe. De beaucoup progresser, en réalité*. 10 raisons :

1. Je n'ai pas choisi cette phrase au hasard. Elle est tirée d'un clip que j'aime beaucoup d'une chanson que j'aime beaucoup d'un artiste que j'aime beaucoup -  jamais deux sans trois. Et aimer, quand il s'agit de se souvenir, ça aide !

2. Je trouve la phrase en elle-même très belle. A plusieurs titres. D'abord pour sa dimension poétique car en français, elle signifie "aujourd'hui, je vais vous raconter l'histoire d'un homme, qui s'est noyé dans les eaux froides de l'océan, après avoir perdu quelqu'un qu'il aimait. C'est l'histoire d'un homme qui est mort deux fois"'. Et évidemment, pour la beauté intrinsèque à la langue russe : beauté orale et écrite, car je trouve l'alphabet cyrillique particulièrement esthétique. Résultat, l'amour étant renforcé, la facilité d'apprentissage l'est aussi.

3. Avant d'apprendre cette phrase, je ne pouvais en saisir que quelques mots. Je voulais non seulement comprendre les autres, mais surtout ne pas les oublier. Et donc, la troisième raison pour laquelle j'ai appris cette phrase s'appelle la curiosité. Indispensable si vous voulez apprendre une langue !

4. Le vocabulaire de cette phrase est plutôt diversifié en termes de fréquence d'utilisation. On y trouve des mots très courants comme "aujourd'hui", "histoire", "homme"... d'autres plus rares comme "se noyer" ou "perte".

5. Le russe est une langue riche en sons et cette phrase l'illustre parfaitement. Richesse consonantique (s,v, dn, r, sk, j, v, st, tch, vsh, sl, dv, jd...) mais aussi vocalique (é, ia, ou, iou, ié,...). Apprendre cette phrase pour pouvoir la répéter régulièrement est donc un très bon moyen de parfaire sa prononciation.

6. Cette phrase est un bijou. Elle contient de nombreuses structures essentielles de la langue russe, parmi lesquelles l'opposition perfectif / imperfectif, les déclinaisons, le fonctionnement du pronom relatif "qui", la formation du passé, du participe passé actif, etc. En l'apprenant, j'ai donc assimilé plus naturellement certaines constructions typiques du russe.

7. C'est une phrase que j'ai d'abord entendue. Puis, je l'ai lue, mais cela n'est venu qu'après. La première confrontation a donc été auditive. Prononcée par un acteur charismatique à la voix profonde et percutante, sur un ton détaché, qui caractérise à la perfection le flegme russe légendaire. Le cadre religieux accentue le côté mystérieux de la scène : silence de l'assemblée, choix du noir et blanc, résonance et raisonnance des paroles. Le texte est d'ailleurs théâtralisé avec succès. Trois étapes : 1- l'homme avance lentement, on le voit de face, on entend ses pas, zoom modeste, on ne voit pas les croyants ("Сегодня я расскажу вам историю о человеке, утонувшем в холодных водах океана", aujourd'hui, je vais vous raconter l'histoire d'un homme, qui s'est noyé dans les eaux froides de l'océan) ; 2- l'homme est de dos, on voit les fidèles de face, la caméra s'élève ("после потери того, кого он любил", après avoir perdu quelqu'un qu'il aimait) 3- plan fixe sur le visage de l'homme, conclusion de son discours ("Эта история о человеке, который умер дважды", C'est l'histoire d'un homme qui est mort deux fois). Captivé par cet acte russophone, j'avais l'impression de voir un microcosme de l'Univers Russe prendre vie. J'imaginais les protagonistes évoluer dans un village reculé de Sibérie. Je ne voulais pas juste apprendre une suite de mots. Je voulais m'approprier cet univers.

8. Quand je doute de mes capacités en russe, et cela arrive souvent, je récite cette phrase, ce qui a l'avantage de me rassurer immédiatement sur la quantité de choses que je connais dans cette langue, à travers toutes les structures symbolisées par cet enchaînement de vocables et les autres, complémentaires, qu'elles réveillent en moi.

9. Cette phrase, en fait je devrais dire ces phrases car il n'y en a pas une mais deux, n'est ni trop courte ni trop longue. Elle est de taille idéale pour s'entraîner. Je me suis exercé à la prononcer / écrire de plus en plus rapidement jusqu'à y arriver sans faire la moindre erreur.

10. Je dispose désormais d'une phrase toute faite en russe. Quel intérêt ? En soi, il n'y en a pas vraiment. Si ce n'est celui-ci : je pourrais la sortir la prochaine fois qu'on me demandera "tu parles russe ? Vas-y, dis quelque chose en russe !". Question que je n'ai jamais comprise : parler une langue, ce n'est pas pouvoir dire n'importe quoi sur commande. Dorénavant, face à ce genre de demande inexplicable, j'aurais donc ma réponse toute faite que j'activerai en "mode zombie".

What's in your head?

*Il y a un peu plus d'un mois, avant que je me remette au russe et apprenne cette phrase par cœur, Bliu Bliu me disait que je connaissais 1.125 mots. Depuis environ 3 semaines, j'étudie avec régularité et acharnement (plus de détails ici) cette langue qui m'attire tant. Je sens réellement les progrès réalisés en termes de compréhension et d'expression, ce qui est toujours très appréciable et gratifiant lorsqu'on apprend une langue. Je viens de refaire le test : le nombre de mots serait désormais de 3.844. Avec motivation, apprendre une langue peut aller très vite. Vraiment !

mercredi 29 mars 2017

Distances linguistiques

Il y a quelques semaines, j'ai partagé le schéma suivant (c'était ici) :


Bizarrement, quelques jours plus tard, Big Think publiait un article qui établit des liaisons similaires bien que plus complexes entre les langues d'une même famille. Je viens de le découvrir et vous pouvez le lire en suivant le lien ci-dessous :


L'article aborde les langues européennes : celtiques, baltiques, ouraliennes... Je me suis particulièrement intéressé aux trois groupes d'idiomes que j'ai étudiés : les langues romanes, les langues germaniques et les langues slaves.

- L'italien est placé au centre des langues latines, alors que le roumain est plus excentré. Ce qui confirme ce que j'avais remarqué.


- Au sujet des langues germaniques, on découvre sans trop de surprise que l'allemand et le néerlandais sont étroitement liés. J'ai brièvement testé le néerlandais (3 jours avec Duolingo), une langue que je ne sais pas parler et qui, honnêtement, ne m'attire pas plus que cela pour l'instant (oui, ça m'arrive et heureusement !). En revanche, mes quelques séjours aux Pays-Bas et en Belgique néerlandophone m'ont prouvé que si l'expression orale de cette langue me désarme totalement, avec un peu d'efforts, je peux globalement comprendre la forme écrite à l'aide de ma connaissance de l'allemand.


- Les langues slaves, maintenant. Le serbe, le croate, le bosnien et le monténégrin paraissent quasi indissociables. Jusqu'à récemment, ces langues ne faisaient d'ailleurs partie que d'un seul pays : la Yougoslavie. Le slovaque, lui, serait une passerelle entre le tchèque et le croate, alors que le macédonien et le bulgare entretiennent eux aussi des relations très intimes. Biélorusses et Ukrainiens semblent pouvoir se comprendre sans trop de problème. Et le russe dans tout ça ? Il fait plus ou moins cavalier seul. Cela expliquerait peut-être pourquoi je n'arrive pas à retrouver sa beauté ailleurs. Et ce constat dépasse le cadre des seules langues slaves. A mon oreille, en tout cas ! Mais ça, je crois l'avoir déjà dit...


lundi 27 mars 2017

Learn something great…. whilst you're learning a language

A few weeks ago, I shared a conference given by Carol Bausor. I then had the opportunity to discuss language learning issues with her. Now, I have the pleasure of her writing the 100th article of my blog. Thanks Carol!

If you're a great fan of … say …Real Madrid football team, you will do everything you can to seek out the latest skinny about the club and their results. NOTHING could possibly stop you: not even the fact that you can't speak Spanish. With the help of Google Translate, and perhaps your knowledge of other Latin langages, you will keep up to date with the latest news, right from the horse's mouth. And maybe you will even learn a little bit of Spanish at the same time. And now let's imagine you're French and totally hooked on GAME OF THRONES … you will be unable to miss an episode, and of course you will end up so frustrated because the (subtitled) episodes are way behind those in the original version. So you begin watching them in English. And hey presto! suddenly you're progressing in English !


Now I 'm an English teacher, and I know that the absolute best teachers for a whole generation never set foot in a classroom …. they were called « Friends ».

When you are irresistibly drawn to a subject or an activity which just happens to be exercised in a foreign language, you will do anything to nourish your craving, and will just happen to improve your language skills as a result ![1] So why not learn a really useful, enjoyable skill, and improve your English [2] at the same time ? The art of public speaking is essential to us all in our professional and personal lives. Who doesn't want to give a killer speech at their best friend's wedding ? Or deliver a totally irresistible pitch.

TOASTMASTERS is the place to learn how to speak in public in the most friendly, supportive, and international atmosphere possible. This international organisation meets locally in clubs of around 25 – 30 members. With 15,900 clubs in 142 countries, you will most certainly find a Toastmasters club near you, and if you don't, … contact Toastmasters International (www.toastmasters.org) and create one. But first go and visit a club to experience the format, and see if it suits you. There are Toastmaster clubs in many different languages, and some bilingual clubs. In 2012 I created a bilingual French – English club in Lyon, France: the idea being that membership would be open to people who speak and understand both languages, and they could speak in the language they prefer. In fact my real objective was to create a club where members would speak in English, but knowing how many French people are apprehensive about speaking English, I figured that they would be reassured if they had a possible get-out clause … and I was right! Today our club has nearly 30 members and … we mostly speak in English!


People join TOASTMASTERS for a whole host of reasons: some people want to meet other people, some people give presentations at work and wish to improve, some people have a special event to prepare for where they need to give a speech, and some people are just looking for a way to improve their communication skills in a given language.

The format of TOASTMASTERS meetings is based on having fun, and being mutually supportive to learn how to speak effectively in public. Each member is attributed a Mentor, and benefits from friendly coaching in order to advance. People who are terrified of speaking in public are able to overcome that fear rapidly. Yes, everyone!
 
The shared interest in personal development, and twice yearly contests which take place all over the world at the same time lead many TOASTMASTERS to participate in the biggest international speech contest in the world, bringing together 4000 or so participants from all over the planet …. and people who are interested in talking make scintillating conversation! I wonder if any other organisation brings together so many different cultures, ages, professions … and - surprise surprise: has a 50/50 male female membership ratio?

Did I mention that membership fees are really low?

Just Google “Toastmasters + the name of your town” to find a club, or, even better, go to the Toastmasters International web-site (www.toastmasters.org) and hit the “FIND A CLUB” section. Go and join a club and … you will learn more than how to speak in public, I guarantee!


Carol BAUSOR
Toastmaster member since 2010
European Toastmaster of the Year 2011
Winner of European Speech Contest in French in 2013
& still enjoying being a member of FOUR Toastmaster clubs!



[1] Dr Stephen KRASHEN, Professor Emeritus at University of Southern California has written extensively on the benefits of reading « comprehensible, compelling material » on fluency in both mother tongue and foreign langage skills.

[2] English or another language … depending where you live.

dimanche 26 mars 2017

Le début d'une histoire sans fin

Les conseils que je partage sur ce blog, je les ai surtout appliqués pour les langues que j'ai apprises ou que je continue d'apprendre seul (l'italien, l'espagnol, le russe et le roumain). Deux langues font exception : l'anglais et l'allemand, celles que je maîtrise le mieux.

Il y a quelques semaines, j'ai dressé un portrait assez négatif de l'enseignement des langues en France et je me dois de rectifier le tir. Car mon parcours scolaire, certes atypique, m'a largement aidé à parler anglais et allemand couramment.

Mon attitude

Comme le prouvent mes dizaines d'articles, dans le domaine des langues, j'ai testé de nombreuses méthodes. En revanche, depuis le collège, il y a trois choses qui n'ont jamais fait partie de mon attitude et qui contribuent à expliquer l'échec de nombreux élèves :

1. "Le prof est nul !"
Une phrase qu'on entend souvent. Ce serait donc la faute du prof. Je n'y crois pas parce que 1- Il y a beaucoup moins de mauvais professeurs de langues que ce que disent les collégiens ou lycéens et 2- Même si le professeur n'est pas un excellent pédagogue, si vous avez vraiment envie d'apprendre une langue, vous y arriverez quand même. Dans tous les cas, il est toujours plus facile d'accuser les enseignants que d'endosser la responsabilité de sa fainéantise.

2. "On doit apprendre quoi pour l'interro ?"
 Question en apparence légitime. Combien de verbes irréguliers doit-on retenir ? La dernière liste de vocabulaire d'allemand est-elle aussi au programme ? Des questions qui, pourtant, n'ont jamais été pertinentes pour moi. Tout simplement parce que je n'ai jamais appris une langue pour passer un examen. Je l'ai fait pour pouvoir la parler. Je voyais les cours d'anglais et d'allemand comme un moyen d'atteindre cet objectif, sans viser les bonnes notes en soi. 

3. Enfin, pour les deux motifs déjà évoqués plus haut, je ne me suis jamais contenté du seul contenu transmis par mes professeurs. Mon état d'esprit n'a jamais été d'apprendre les langues qu'en classe. Chez moi, j'écoutais, comme beaucoup de mes camarades, des chansons en anglais et très vite, j'ai voulu comprendre ce qu'elles racontaient. Je n'avais pas un seul professeur d'anglais mais plusieurs. Par ordre chronologique, il y a eu : The Beatles, Moby, Gorillaz, Green Day, U2, Linkin Park, Madonna (collège), David Bowie, Depeche Mode, The Cranberries, Talk Talk, Tears For Fears, Muse, Oasis, Supertramp, Jamiroquai, Blur, Police, Phil Collins, Michael Jackson (lycée)... pour n'en citer que quelques uns. 

Et c'est ainsi que j'ai réalisé que la musique allait devenir mon principal allié pour apprendre les langues. Bon, j'étais pas mal orienté new wave. C'est un style qui me plaît et je l'assume totalement. Par exemple, la chanson emblématique qui suit, entraînante et pas bien compliquée à comprendre, m'a permis d'assimiler naturellement certaines structures en anglais :


Quand j'étais adolescent, un autre morceau en particulier m'a été d'une grande aide. Le meilleur titre d'un de mes groupes préférés. Je l'adorais comme j'adorais l'anglais (et c'est toujours le cas !) : donc les deux mis ensemble, évidemment, j'adorais encore plus ! Ce morceau, le voici :


Inutile donc de vous parler de l'excitation que j'ai ressentie le jour où j'ai filmé la scène qui suit :


Quelques mots sur mon parcours scolaire

J'ai appris deux langues vivantes dès la 6ème parce que mon collège le permettait. En 5ème, je me suis mis au latin. Puis, en 4ème, j'ai déménagé et donc, j'ai dû changer d'établissement. Il y a eu quelques conséquences :

- j'ai repris l'allemand "à zéro" en LV2. J'ai demandé des conseils à mon professeur pour apprendre d'autres choses. Elle m'a donné un livre de grammaire. Je ne l'ai jamais ouvert.

- à mon inscription, on m'a demandé si je voulais continuer le latin. J'aimais les langues car je voulais les pratiquer. Ayant conscience que les locuteurs natifs du latin étaient tous morts depuis longtemps, j'ai répondu "Non, je peux apprendre l'espagnol à la place ?". La réponse, monosyllabique et implacable ("non") fut toutefois nuancée. Une section européenne venait d'ouvrir en anglais. Bien entendu, cela m'intéressait.

En 3ème, malgré mon rejet du latin, j'ai choisi de faire une heure hebdomadaire d'initiation au grec ancien. Professeur passionnée et passionnante. J'adorais ce cours. Puis, sans y croire, j'ai passé un concours pour intégrer l'Option Internationale du Baccalauréat Section Anglais Britannique dans un lycée à Valenciennes. A l'époque, sur les 1500 lycées français, seuls 17 proposaient cette filière au nom pompeux qui permet d'obtenir le baccalauréat de France et son équivalent britannique. Épreuve écrite, épreuve orale pour avoir une chance d'être admis... c'était impressionnant pour un jeune élève de 14 ans. Je voyais autour de moi dans la salle d'examen, tant de gens sûrs d'eux. Un peu perdu parfois, je m'exprimais en recyclant des structures tirées des chansons que j'écoutais. J'étais persuadé que je ne serais pas pris. Comme lot de consolation, je m'étais promis de rejoindre un autre lycée valenciennois pour faire LV3 japonais. Mais j'ai réussi le concours.

Je suis arrivé en seconde avec un bon niveau d'anglais. Mon niveau d'allemand était scolairement excellent mais en réalité, j'étais incapable de parler cette langue - car entre les exigences de l'école et celles de la vraie vie, il y a parfois tout un monde, c'est le cas de le dire. Les cours se compliquaient et je ne comprenais rien à la grammaire atroce de la langue de Goethe... Jusqu'à ce qu'un étudiant allemand débarque dans notre lycée. Il travaillait en tant qu'assistant : une fois par semaine, il nous donnait l'occasion de pratiquer sa langue avec lui. Pas de livre, par contre ! A la place, films et musique en allemand : Rammstein, Juli, Die Ärzte, Wir sind Helden... Super motivé, je ne ratais aucun rendez-vous et mon niveau s'est amélioré.

Puis j'ai fait une classe préparatoire, où j'ai reçu des cours remarquables d'allemand et d'anglais de la part de professeurs irréprochables. J'ai logiquement enchaîné sur une école de commerce, où je me suis mis au russe. Je n'en étais pas encore conscient, mais l'italien, l'espagnol, le roumain et les autres n'étaient plus bien loin. Au final, la technologie, les mathématiques, l'économie, le marketing... étaient des matières parmi d'autres. L'anglais, l'allemand et le russe, une passion ! Et c'est là toute la différence.