mercredi 26 avril 2017

La barrière de la langue

"La barrière de la langue" : vous connaissez sûrement cette expression qui désigne l'impossible communication entre des personnes qui parlent des langues différentes. Le problème c'est que la barrière de la langue induit d'autres barrières, car parler une autre langue, c'est aussi avoir une autre culture.


Si vous avez une dizaine de minutes devant vous (et je suis sûr que vous les avez) et besoin de motivation pour apprendre une langue, je vous recommande la conférence ci-dessous. Les sous-titres en français sont disponibles :


Qui sait, peut-être tenons-nous là un moyen de lutter contre l'étroitesse d'esprit ? Au vu de la situation actuelle, quelque chose me dit que répandre ce genre de discours ne peut pas faire de mal.

mardi 25 avril 2017

Le rap italien

Je parle souvent de musique italienne. Bon, je parle souvent de l'italien tout court, c'est vrai. Dans mes articles précédents, j'ai évoqué Andrea Bocelli, Lucio Dalla et Tiziano Ferro, bien connus en France. J'ai mentionné des noms qui ne percent malheureusement pas à l'étranger : Lorenzo Fragola et Marco Mengoni. Un qui deviendra peut-être célèbre en gagnant le concours Eurovision avec sa chanson philosophique dans quelques semaines - Francesco Gabbani. Et j'en ai oublié beaucoup ! Certains volontairement, par exemple, Fabio Rovazzi, d'autres par simple négligence, notamment Baby K, Il Volo ou encore Raphael Gualazzi dans des genres très différents.

Bref, depuis que j'ai commencé à apprendre la langue de Dante, j'ai pris l'habitude d'écouter beaucoup de chanteurs italiens. Après avoir fait l'apologie de la beauté de cette langue et avoir essayé de l'expliquer, j'aimerais me concentrer sur un genre musical en particulier : le rap, à travers 3 artistes.

Le rap italien

A chi tocca adesso?

Je ne suis pas spécialement fan de rap. Néanmoins, je dois avouer que certains morceaux de rap italien ont réussi à gagner mon affection. Et je pense évidemment que les sonorités de la langue y sont pour beaucoup.

1- Mr.Rain


Lui, je l'avais déjà cité ici. J'avais d'ailleurs rapporté les paroles de son titre Carillon en écrivant les mots transparents en gras (quel bel oxymore).

2- lowlow


Au risque de me répéter, la langue italienne est magnifique. QU'EST-CE QU'ELLE EST BELLE, BORDEL ! Car parfois, lorsqu'on s'énerve, elle est réellement encore plus belle. C'est l'impression que j'ai eue en découvrant Ulisse de lowlow. On y entend le discours d'un jeune homme qui pète les plombs et braque une banque. Le nombre d'insultes qui y figurent est assez élevé, mais après tout apprendre une langue, c'est aussi, si ce n'est utiliser ces mots, au moins savoir les reconnaître.

3- Rkomi


Le rappeur italien avec le débit le plus élevé que j'ai trouvé ! Il en a fait surtout preuve dans 180, c'est moins le cas dans ses autres morceaux comme Rossetto.

dimanche 23 avril 2017

Okumak

Je continue d'apprendre le turc et je dois dire, encore une fois, que je suis vraiment très satisfait de la méthode Assimil. Les quelques bases que j'avais déjà ont vite refait surface. Pour un Français - en fait, pour un Européen en général, sauf peut-être si vous êtes Hongrois ou Finlandais - le turc est assez déroutant. Quoi qu'il en soit, c'est une langue qui me plaît beaucoup et que je trouve particulièrement jolie !

Je ne vais pas exposer ici les caractéristiques principales du turc (harmonie vocalique, langue agglutinante, etc) mais plutôt vous donner une autre ressource pour l'apprivoiser. En effet, j'ai trouvé un très bon site internet qui permet d'apprendre, pratiquer et découvrir cette langue exotique : il s'agit d'Okumak. Que vous souhaitiez vous préparer pour un voyage en Turquie ou que vous soyez simplement curieux, je vous conseille d'y faire un tour (voire plusieurs) !

"Okumak" veut dire lire, étudier en turc

vendredi 21 avril 2017

Lire dans une langue étrangère

Un bon moyen de progresser dans une langue consiste tout simplement à lire dans cette langue ! Cela fait au moins 10 ans que je pratique cette méthode et je peux vous assurer qu'elle est très efficace.

J'ai commencé avec l'anglais, ma première langue étrangère. A l'époque, j'étais un grand fan de Harry Potter et je me suis rendu compte que parler la langue de Shakespeare J.K. Rowling vous donnait un pouvoir, envié de tous les Moldus monolingues : lire les romans avant leur parution en français !


Puis, il s'est passé deux choses :
1- mes goûts littéraires ont évolué (et puis de toute façon, J.K. Rowling venait de publier le dernier tome de la saga, il fallait bien trouver autre chose) ;
2-  mon niveau d'allemand m'a permis de lire dans une deuxième langue étrangère.
Je me suis donc mis à la lecture d'autres auteurs anglophones, notamment Stephen King, et ai acheté quelques romans en allemand... que je n'ai jamais lus en entier.

A ce stade, faisons un point. Pourquoi lire dans une langue étrangère ? Si vous aimez lire, c'est un très bon moyen de pratiquer la langue que vous apprenez en y prenant plaisir. Mais surtout, à la bibliothèque comme au cinéma, rien ne vaut la version originale ! On ne peut pas toujours tout traduire. Cependant, il y a quelques erreurs à ne pas commettre. J'en vois principalement deux. Ne cherchez pas à comprendre absolument tout ! Je déconseille la lecture appuyée par un dictionnaire pour pouvoir trouver la définition de chaque mot inconnu. A l'inverse, déduisez plutôt le sens général à l'aide du contexte. C'est également comme cela qu'il faudra se débrouiller lorsque vous pratiquerez en situation réelle. Vous ne pourrez pas interrompre votre interlocuteur pour parcourir votre lexique de poche avant de lui répondre. La seconde erreur selon moi est de se forcer à lire. J'ai lu Shakespeare et Virginia Woolf pour pouvoir valider mes cours de littérature anglaise. Je ne peux pas dire que leurs livres m'aient particulièrement transcendé. Mais si vous lisez pour le plaisir, cela doit justement en rester un. Ce qui m'amène au point suivant.

J'apprends une langue mais je n'aime pas lire. 

Ce n'est pas grave. Je veux dire, ce n'est pas grave de ne pas aimer lire, premièrement, et deuxièmement, ce n'est pas grave, car il y a sûrement une issue de secours. Si vous apprenez une langue étrangère, il y a de fortes chances pour que vous vous intéressiez également aux pays où on les parle (en tout cas, je l'espère) voire au monde dans sa globalité. Alors pourquoi ne pas lire la presse étrangère ?

C'est une habitude que j'ai prise il y a une dizaine d'années également. D'abord, en m'abonnant à Time puis en profitant des transports pour lire en anglais ou en allemand - Der Spiegel avait ma préférence. Aujourd'hui, je profite de ces opportunités pour solliciter mon italien et mon espagnol : dès que je prends le train ou l'avion, j'achète un magazine ou un journal dans un de ces idiomes. El País, Corriere della Sera ou GQ ... à vous de choisir, selon vos goûts et vos envies.

 Dans le train entre l'Allemagne et la Belgique, pour rejoindre la France, lire en espagnol

jeudi 20 avril 2017

4 efforts et on y est !

Pourquoi est-ce si difficile d'apprendre une langue étrangère ? Ou plutôt : pourquoi la plupart des gens ont-ils l'impression que c'est si dur voire impossible ? Je pense que c'est parce qu'il faut fournir des efforts dont on n'a pas forcément conscience ou qu'on a tendance à reporter à demain. Vous savez, ce jour qu'on n'atteint jamais, puisqu'on est toujours aujourd'hui.


Voici les 4 efforts que j'ai recensés et mes conseils pour les surmonter !

4 efforts et on y est...  
1. Sauter le pas 

"Je vais apprendre l'anglais". Cette promesse qu'on se fait à soi-même sans jamais la réaliser. Sans jamais commencer. Cela peut paraître évident, mais le premier effort à faire pour apprendre une langue, c'est franchir le pas, autrement dit s'y mettre réellement.

Comment y arriver ? 
Soit vous arrêtez immédiatement de vous mentir en disant "je vais faire..." et vous faites soit vous précisez votre déclaration : "je vais apprendre l'anglais à partir de telle date". Décidez d'une date qui vous convienne, tenez-vous-y et lancez-vous une bonne fois pour toutes : plus de procrastination ! Aussi surprenant que cela puisse paraître, fixer une date reste le meilleur moyen de réaliser un projet. La même différence existe entre un "il faudrait que je vienne te voir un de ces quatre" et "tu fais quoi le week-end prochain ? Je pourrais venir te voir".

Maintenant... ou jamais

3 efforts et c'est bon...  
2. Apprendre 


On pense généralement que c'est le seul effort à fournir. Assimiler les règles de grammaire, retenir le vocabulaire, etc. En réalité, c'est faux mais en plus, à mes yeux en tout cas, ce n'est même pas l'activité qui vous demandera le plus de travail. Tout dépend bien sûr du type de personne que vous êtes, mais pour une bonne partie d'apprenants la vraie difficulté réside au point suivant, c'est-à-dire dans la motivation, une action qui n'a rien à voir avec l'apprentissage à proprement parler.

Comment y arriver ?
Je ne peux pas répondre en quelques lignes et c'est pour cette raison que j'ai créé ce blog.

Courage, plus que 2 efforts... 
3. Rester motivé

Le secret de la maîtrise d'une langue, c'est la régularité. Apprendre un petit peu chaque jour (20-30 minutes) vaut bien mieux qu'apprendre beaucoup (2-3 heures) une fois par semaine ! Seulement voilà, quand on débute l'apprentissage d'une langue, tout est nouveau, tout est simple, tout est beau, c'est cool, on a envie de continuer. Puis ça devient un peu plus compliqué, et c'est là qu'on lâche prise. Tout le monde aime la facilité alors qu'évidemment les difficultés nous rebutent. C'est humain - c'est un peu comme la vie de couple au final. Il vous faudra donc beaucoup d'énergie, non pas pour apprendre la langue en soi, mais pour conserver la motivation au jour le jour !


Comment y arriver ?
2 pistes :
- créez une habitude, par exemple en attribuant un créneau fixe QUOTIDIEN à l'anglais, l'allemand, le coréen, le quechua ou n'importe quelle autre langue qui vous attire. Et ne manquez pas ce rendez-vous journalier ! Libre à vous de choisir l'horaire qui corresponde le mieux à votre rythme de vie et à votre façon de travailler. Par exemple, entre 20h30 (la fin du journal de Pujadas) et 21h (le début de votre film) ou levez-vous 20 minutes plus tôt le matin, et commencez votre journée de la meilleure façon qui soit ;
- apprenez utile. Apprendre des choses inutiles, c'est le meilleur moyen de perdre la motivation. Avez-vous vraiment besoin de connaître le verbe irrégulier anglais grind ground ground moudre ou le verbe fort allemand gären gor gegoren fermenter ? Je ne me souviens même pas avoir utilisé ces mots... en français ! Au contraire, faites le choix d'apprendre des choses qui vous serviront vraiment : vous pourrez mesurer vos progrès plus facilement et éviter d'investir du temps et de l'énergie en vain.

Allez, 1 dernier petit effort... 
4. Pratiquer

On s'est décidé, on s'est lancé, on est régulier, on a appris. Donc c'est bon ? Ça y est, c'est fini ? NON, déjà parce qu'on ne finit jamais d'apprendre une langue et ensuite parce que les 3 efforts précédents ne suffisent pas. Pour pouvoir parler une langue, il faut la pratiquer, pas juste l'étudier. J'en sais quelque chose pour être moi-même passé par là. Pourquoi ? Car vous pouvez avoir fourni le meilleur travail du monde, être capable de regarder Game of Thrones en version originale sans sous-titres et lire Time sans aucune difficulté et pourtant être totalement perdu à Londres lorsqu'il s'agit de comprendre les locaux et de s'exprimer. La théorie, c'est bien mais derrière ceci, il existe quelque chose d'autre : ça s'appelle le monde et il faudra s'y confronter. En d'autres termes, et cela peut paraître paradoxal, avant de pouvoir parler, il faut parler !


Comment y arriver ?  
Parlez seul mais surtout parlez aux étrangers, y compris aux inconnus. Parlez avec qui vous voulez, collègues, amis ou même ennemis, peu importe : parlez ! Il n'y a pas d'autre secret.

"Ouais, mais de toute façon, je suis nul, j'y arriverai jamais : c'est vraiment difficile pour moi."

Certes, une personne n'est pas l'autre, mais tout le monde peut y arriver. Moi, par exemple, j'apprends rapidement pour la simple et bonne raison que je n'ai que 2 efforts à fournir (le 2. et le 4.) au lieu de 4. Plus de fausse excuses, plus de procrastination, un travail sérieux et régulier et en quelques mois, vous atteindrez déjà un bon niveau !

mercredi 19 avril 2017

Le turc

Depuis quelques jours, je me remets peu à peu à l'apprentissage du turc.


Pourquoi le turc ?

J'avais déjà voulu acquérir les bases de cette langue avant mon voyage à Istanbul l'année dernière, mais c'est vraiment mon séjour dans cette ville qui m'a donné envie d'aller plus loin. Et comme je me rendrai bientôt à Izmir, avoir quelques notions s'avèrera certainement utile.

Au-delà de mes envies de voyages, qui constituent en soi une raison suffisante pour apprendre un idiome, il se trouve que je souhaitais me confronter pour la première fois à une langue non indo-européenne et exotique et j'ai pensé au turc. Contrairement à une idée largement répandue, le turc n'a rien à voir avec l'arabe, qui, au même titre que l'hébreu ou l'amharique, est une langue sémitique. Le turc, lui, appartient à la famille controversée des langues altaïques et à celle unanimement acceptée des langues turques. Plutôt intuitif, non ? D'ailleurs, depuis 1928, le turc s'écrit avec l'alphabet latin et non plus l'alphabet arabe. Le nombre de locuteurs maternels des langues turciques dans le monde est estimé à environ 200 millions, dont 80 millions pour le turc seul, ce qui n'est pas négligeable. Parmi les autres langues de cette famille, on trouve le turkmène, l'ouzbek, le kazakh ou encore le kirghiz, ce qui est très intéressant pour moi, car je suis fasciné depuis longtemps par l'Asie Centrale.

Enfin, mon attrait pour le turc a été renforcé par des découvertes musicales - comme c'est souvent le cas dans mon apprentissage des langues. Par un chanteur en particulier : Mabel Matiz, que j'ai d'ailleurs vu en concert à Istanbul.

Concert de Mabel Matiz à Istanbul

Je n'ai pas encore vraiment exploité ses chansons pour améliorer mes connaissances en turc - étant donné mon niveau actuel, me frotter à ce genre de textes reste assez difficile - mais je l'ai fait pour me familiariser avec les sonorités de la langue. Mon morceau préféré est Bir Hadise Var :


J'aime aussi beaucoup Gel, qui en turc signifie "viens !" :


Dans un genre un peu différent, il y a aussi Melekler Seni Bana Yazmış de Yusuf Güney.

Comment j'apprends le turc

Sur Netflix, beaucoup de séries et de films turcs sont disponibles en version originale. Pour en arriver là, il faut d'abord bien sûr maîtriser les bases et ce n'est donc pas une piste que je privilégie - même s'il m'arrive parfois d'activer les sous-titres en turc lorsque je regarde une série dans une autre langue mais plus par curiosité qu'autre chose.

Encore une fois donc, mon principal allié s'appelle Assimil. C'est déjà avec cette méthode que j'avais débuté l'année dernière et je viens de tout reprendre à zéro.


Sinon, niveau ressources en lignes, Reverso Context ne peut malheureusement pas m'aider car le turc n'est pas disponible. Cependant, un peu dans la même veine bien que moins fourni, j'ai trouvé Glosbe que j'utilise de l'anglais vers le turc, la base de données en anglais étant un peu plus complète.

vendredi 14 avril 2017

¡Deja de repetir lo que digo!

Vous pouvez admirer les guépards si vous êtes marathonien dans l'âme, les aigles si vous rêvez de pouvoir fuir ce monde en un battement d'ailes ou les dauphins si votre rêve est plutôt de nager avec grâce et légèreté... Moi, mon rêve serait de pouvoir parler toutes les langues du monde, rêve bien sûr irréalisable mais c'est vers cette réalité impossible que je m'efforce tout de même de tendre, à l'aide des moyens humains dont je dispose. Et pour ce faire, j'ai moi aussi cherché l'inspiration dans le monde animal : les perroquets !


Récemment, je me suis mis à regarder des films d'Amérique latine (Colombie, Chili, Argentine...). Le visionnage en version originale étant encore parfois difficile, je les regarde avec sous-titres en espagnol. Mais j'ai trouvé une seconde utilité à cette béquille visuelle. Comme un perroquet, j'ai commencé à répéter les paroles, en lisant les sous-titres à haute voix. En les chuchotant simplement, en les lisant normalement, en y mettant l'intonation quand les dialogues sont un peu plus animés... Cela permet non seulement de s'entraîner à l'oral mais aussi de mémoriser les mots en étant un peu plus actif. Prononçant le texte généralement en même temps que les acteurs, j'ai pu ainsi confronter ma prononciation à la leur (la bonne, je suppose).

J'espère ne jamais utiliser cette phrase

La scène ci-dessus est tiré du film colombien Todos Se Van, qui raconte la tristesse d'une petite fille suite au divorce de ses parents. Mais après La piel que habito, que j'adore et dont j'ai déjà parlé,  j'ai trouvé un autre film en espagnol qui me plait, cette fois un film chilien. Il s'agit de Era el cielo, l'histoire d'une femme qui, après avoir été violée dans sa propre maison (cela pourrait mieux commencer, je vous l'accorde), décide de ne rien dire à son mari, ignorant qu'il a été témoin de la scène sans avoir osé agir et qu'il prépare sa vengeance.

Era el Cielo

mercredi 12 avril 2017

Le nadsat

Alors que je cherchais des moyens alternatifs et un peu originaux d'apprendre du vocabulaire en russe, je me suis souvenu d'Orange Mécanique, classique de Stanley Kubrick adapté d'un roman d'Anthony Burgess, et plus précisément du nadsat.

Надцать? Что это такое?

Le nadsat est une langue inventée pour le livre, puis reprise dans le film. C'est un argot parlé par Alex, le personnage principal, dont beaucoup de mots dérivent du russe. Le nom du langage est lui- même un clin d’œil au russe car nadsat (надцать) est un suffixe que l'on retrouve dans tous les nombres de 11 à 19 (11 одиннадцать, 12 двенадцать, 13 тринадцать, etc.), une référence certainement aux années de l'adolescence.

Lorsque j'étais moi-même adolescent et que j'ai regardé ce chef d’œuvre, je n'ai bien entendu fait aucun lien avec la langue de Pouchkine. En réalité, c'est lors d'un de mes premiers cours de russe, en apprenant le mot молоко, qui signifie lait, que j'ai eu un flash et me suis rappelé ce film que je n'avais pourtant pas vu depuis des années. Car moloko était aussi le nom donné au lait dans Orange Mécanique.

Le moloko, la boisson fétiche d'Orange Mécanique

Parmi les nombreux mots que comptent le nadsat - il y en a environ 200 en tout - on trouve : 
chai (russe : чай) pour thé
chelloveck (russe : человек) pour personne
droog (russe : друг) pour ami
glazz (russe : глаз) pour œil
govoreet (russe : говорить) pour parler

Et plus original encore :
gulliver (russe : голова) pour tête
horrorshow (russe : хорошо) pour bien
yarbles pour testicules du russe яблоко pour... pomme !

(seul bémol, la signification en russe n'est pas transcrite en alphabet cyrillique)

lundi 10 avril 2017

Arabesque

Ne parlant pas la langue du Coran, je ne comprends pas l'alphabet arabe. En revanche, je dois dire que j'ai toujours trouvé cette écriture très belle. Il y a quelques jours, j'ai découvert l'Egyptien Mahmoud Tammam, un artiste qui dessine des mots arabes, donnant ainsi vie à leur signification. Ci-dessous quelques-unes de ses réalisations.

قط veut dire chat en arabe :


كلب veut dire chien :



حوت veut dire baleine :



نسر veut dire aigle :


Un excellent moyen de retenir les mots arabes pour ceux qui apprennent cette langue magnifique et d'admirer sa beauté pour les autres.

Tous les dessins sont accessibles ici et !

samedi 8 avril 2017

Les faux-amis

Parfois, lorsqu'on apprend une langue étrangère, on peut tomber sur un mot qui ressemble beaucoup à un mot français. Heureux, on le considère alors comme un nouvel ami dans cet univers inconnu et hostile. Pourtant, il faut se méfier, les faux-amis, ça existe !


En effet, certains mots peuvent sembler proches et pourtant avoir un sens totalement différent. Entre l'anglais et le français, on trouve ainsi beaucoup de ces faux-amis ou false friends. Mais avant d'aborder cette langue internationale par excellence, intéressons-nous à deux autres idiomes.

L'allemand
Groß veut dire "grand" - "gros" se disant dick
Hier veut dire "ici" - "hier" se disant gestern
Jalousie veut dire "store" - "jalousie" se disant Eifersucht
Nett veut dire "gentil" - "net" se disant netto
Rat veut dire "conseil" - "rat" se disant Ratte
Regal veut dire "étagère" - "régal" se disant Genuss
...
Ne soyez pas choqués par les mots allemands Pute ("dinde") et salopp ("décontracté", "désinvolte").

L'italien 
Autista veut dire "chauffeur" - "autiste" se disant autistica
Baffo veut dire "moustache" - "baffe" se disant ceffone
Brutto veut dire "laid" - "brut" se disant lordo
Fermare veut dire "arrêter" - "fermer" se disant chiudere
Notizia veut dire "nouvelle" - "notice" se disant foglietto illustrativo
Picchiare veut dire "frapper" - "piquer" se disant pungere
Salire veut dire "monter" - "salir" se disant sporcare
Scimmia veut dire "singe" - "chimie" se disant chimica
Volere veut dire "vouloir" - "voler" se disant volare
... 

L'anglais
Actually veut dire "en fait" - "actuellement" se disant currently
Bond veut dire "lien" - "bond" se disant jump
Cave veut dire "grotte" - "cave" se disant cellar
Deceive veut dire "tromper" - "décevoir" se disant disappoint
Eventually veut dire "finalement" - "éventuellement" se disant possibly
Figure veut dire "nombre" - "figure" se disant face
Grave veut dire "tombe" - "grave" se disant serious
Habit veut dire "habitude" - "habit" se disant clothes
Introduce veut dire "présenter" - "introduire" se disant insert
Journey veut dire "voyage" - "journée" se disant day
Library veut dire "bibliothèque" - "librairie" se disant bookstore
Miserable veut dire "malheureux" - "misérable" se disant pitiful
Pain veut dire "douleur" - "pain" se disant bread
Rude veut dire "grossier" - "rude" se disant tough
Sensible veut dire "sensé" - "sensible" se disant sensitive
...

Eh oui, je n'ai jamais dit que l'anglais était une langue facile !


vendredi 7 avril 2017

Suivez le modèle !

Si vous avez besoin d'un modèle pour vous mettre à la pratique d'une langue étrangère, les leçons suivantes réussiront sûrement à vous motiver.

Le russe, encore le russe, toujours le russe !
(mais sans alphabet cyrillique 😢)


Essayons le chinois !


Mettons-nous au japonais !


Vogliamo parlare italiano?
 (trop d'anglais, pas assez d'italien 😢)


Et d'autres langues sont disponibles : hongrois, portugais, danois, polonais... et même français !

jeudi 6 avril 2017

Vous reprendrez bien un peu de russophilie avec votre vodka ?

L'Amour est certes le nom d'un des plus grands fleuves de Russie, mais pas seulement.

L'Amour est dans le pré... et en Sibérie !

L'amour, c'est aussi le nom que je donne à ce que j'éprouve pour ce pays, sa culture, son peuple... et bien évidemment, sa langue merveilleuse ! Je continue, jour après jour - car fréquence est mère de maîtrise - à apprendre cette langue, à mon oreille la plus belle du monde, et que se passe-t-il ? Plus je découvre ses subtilités, plus je réalise combien elle me plaît et à quel point ces terres mystérieuses où on la pratique me fascinent et m'attirent irrésistiblement tel un aimant. Aimant le pays des tsars donc, je ne peux évidemment m'empêcher d'évoquer le triste attentat survenu à Saint-Pétersbourg il y a quelques jours.

Saint-Pétersbourg est une ville spéciale pour moi. Pourquoi ? Je me pose souvent des questions bizarres. Si tu ne devais choisir qu'une langue dans le monde, laquelle choisirais-tu ? Le côté pratique et utilitaire me force à répondre le français, car c'est ma langue maternelle. Mais si je pouvais me dégager de ce conditionnement, je répondrais sans hésitation : le russe. Si je ne devais retenir qu'une langue, n'en parler qu'une, n'en étudier qu'une, n'en maîtriser qu'une à la perfection, n'en aimer qu'une, n'en faire mienne qu'une - choses qui fort heureusement n'arriveront jamais - si tout cela donc, je choisirais le russe. Et l'autre question que je me pose souvent, tout aussi bizarre, est la suivante : que ferais-tu s'il ne te restait que quelques mois, quelques semaines à vivre ? Mon instinct acquis de voyageur me pousse à exprimer ma passion en allant à l'essentiel : j'aimerais voir deux villes. Après quoi, je serai serein. J'ai vu l'une d'entre elles l'année dernière et me suis laissé submerger par une vague prévisible d'émotions. Car c'était plus que ce que j'imaginais : plus grandiose, plus magnifique, plus impérial, plus resplendissant, plus gigantesque, plus imposant, plus incroyable, plus magique... Plus. Cette ville, c'est Istanbul !

La deuxième, je ne l'ai hélas pas encore vue et il s'agit de Saint-Pétersbourg. Il y a quelques années, je pensais pourtant que tout était tracé d'avance et que j'allais pouvoir passer un semestre dans l'ancienne capitale russe. Mais à la place, j'ai été affecté au Canada. Et affecté, je l'ai également été en comprenant que je ne pourrais pas devenir étudiant pétersbourgeois. A l'époque, la sublime chanson éponyme de Saez exaltait ma tristesse inconsolable.


A Saint-Pétersbourg 
La neige tombe, c'est Dieu qui pleure l'Histoire du monde 
Des perles qui tombent, comme si le sang du ciel couvrait le siècle rouge d'un drapeau blanc 
A Saint-Pétersbourg 
La neige tombe, pour panser de coton, le pauvre monde 
Mais le monde c'est les hommes, les pays les bons dieux 
Et les perles qui tombent et qui vous montent aux yeux 
A Saint-Pétersbourg, on a perdu la guerre 
Pas celle des canons mais celle des idées 
Et y'a Olga la blonde, celle qu'on appelle espoir 
Et celle qui espère de refaire le monde 
Un monde fait de lumière* et de neige en été 
Et de soleil d'hiver et de nuit d'amour 
A Saint-Pétersbourg 
Moi je n'irai jamais et plus je te regarde 
Et plus je sais que je t'aime ma princesse, mon ailleurs, mon Amour 
Puisque l'âme est la richesse 
A Saint-Pétersbourg, A Saint-Pétersbourg ... 
La neige tombe, c'est Dieu qui pleure le sang du monde 
Et y'a Olga la bonde, celle qu'on appelle espoir 
Et celle qui espère de refaire le monde 
Un monde fait de lumière* et de neige en été et de soleil d'hiver et de nuit d'amour ...

*"Un monde fait de lumière" : monde, lumière, deux mots en français. Monde, lumière, un seul mot en russe : Свет - Et notons que l'autre mot russe pour dire monde, Мир, signifie aussi paix ! 

Saint-Pétersbourg, plus belle ville du monde ?

Musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg, l'un des plus riches du monde

Cela ne m'a pas empêché de continuer à apprendre le russe sans relâche depuis afin de commencer désormais à préparer mon départ, je l'espère prochain, pour celle qu'on qualifie de plus belle ville d'Europe, voire du monde.

L'attentat donc à Saint-Pétersbourg m'a doublement touché. On a certes frappé en plein cœur le symbole d'une Russie lettrée, cultivée, historique, vivante, intemporelle, presque irréelle et hors de portée et pourtant si proche des menaces contemporaines incarnées par l'obscurantisme religieux et contemplatif de la mort. Mais il ne s'agit pas que de la cible. L'arme utilisée pour l'atteindre est tout aussi regrettable, l'auteur de l'attaque étant un jeune homme originaire du Kirghizistan. L'Asie Centrale (Kirghizistan, Kazakhstan, Ouzbékistan, Tadjikistan et Turkménistan) me fascine depuis de très nombreuses années. Amoureux des langues et de la diversité culturelle, je ne pense pas trouver meilleur terrain pour exprimer cet amour que cette région que personne ne connaît et, pire encore, ne veut connaître -  peuplée de tribus asiatiques musulmanes parlant des langue turques et une langue iranienne transcrites en alphabet cyrillique ! Les esprits turc, iranien, russe et mongol semblaient avoir donné naissance à une dimension où tolérance ne pouvait que faire loi... et pourtant, l'islamisme radical s'y implante progressivement.

Très bel hommage rendu dans Вечерний Ургант


Puisqu'on en est à mentionner le brassage des cultures, et parce que j'aimerais finir de manière moins déprimante, réjouissons-nous de la présence du grand Charles Aznavour dans cette même émission cette semaine :


mercredi 5 avril 2017

Le doublage, c'est de la merde !

Avant de me juger pour mon langage, sachez que je ne fais que citer Paul Taylor, un Anglais qui a pris l'habitude de se moquer de la France, son pays d'adoption. Dans cette vidéo en particulier, il s'attaque au doublage. It's worse for three reasons...

Ce Britannique, qui parle un français parfait (et sans accent !), s'est fait connaître avec sa critique de l’obsession des Frogs pour la bise.


Depuis, il continue à nous taquiner avec sa série What The Fuck France. La preuve qu'apprendre une langue, ce n'est pas juste apprendre un nouveau moyen de communication : c'est aussi, et certainement avant tout, se confronter à une culture différente - et à ce sujet, je vous assure que je pourrais adapter cette série en Putain, c'est quoi ce bordel, les Allemands !

Bref, la chaîne de Paul Taylor est amusante et très bien faite, et il a d'ailleurs parlé des langues à deux reprises :

- le français - l'accent, le masculin, le féminin, le vouvoiement, les faux-amis, le verlan...

- et l'anglais - notamment la prononciation (et en particulier la lettre "h" !) et le vocabulaire.

lundi 3 avril 2017

RuTube

Je suis de retour avec le russe ! Aujourd'hui, j'ai un autre outil à vous présenter pour apprendre cette langue : RuTube, l'équivalent russe de YouTube.


Comme YouTube, ce site héberge donc des vidéos. Et même des séries ! Et il y en a une en particulier qui me plaît. Avant de l'évoquer, je dois faire un détour par la Grande-Bretagne. Ou plutôt la Petite-Bretagne.


Little Britain est une très bonne série d'Outre-Manche qui met en scène le quotidien de plusieurs Britanniques à travers 3 saisons et une vingtaine d'épisodes. Je l'ai découverte au lycée et en suis un grand fan. Lors d"un voyage à Londres, j'ai d'ailleurs acheté les DVD ainsi que ceux des spin-off Little Britain Abroad et Little Britain USA. Les personnages sont tous complétement déjantés : de Daffyd, qui pense être le seul gay de son village du pays de Galles (alors que ce n'est pas du tout le cas !) à Andy, faux handicapé en fauteuil roulant qui abuse de la gentillesse de son ami Lou, en passant par Marjorie, responsable de Fat Fighters, une association de lutte contre l'obésité mais qui passe son temps à humilier ou insulter les participants. Excellent moyen d'apprendre l'anglais et de se confronter à l'humour britannique - au même titre que Black Books, dans un autre registre.


Pour ceux qui ont encore besoin d'être convaincus, voici une compilation de quelques scènes d'introduction de Fat Fighters.

Si je parle de cette série, c'est parce que les Russes en ont fait une adaptation : Наша Russia. Toutes les saisons et le film qui en est dérivé sont accessibles sur RuTube - malheureusement sans sous-titres russes, ce qui rend la compréhension assez difficile.



Enfin, le Kazakhstan a aussi sa version, Наша Казаша, dont certains épisodes sont disponibles sur cette chaîne YouTube.