mardi 29 août 2017

Le mot du jour

Aujourd'hui, je suis tombé sur cette photo sur Facebook :


Si c'est effectivement l'image elle-même qui a d'abord retenu mon attention, cette dernière a rapidement dévié vers la légende qui l'accompagne.

 вдохновение

Un mot russe isolé dont j'ignorais la signification mais qui visuellement déjà me plaisait. Je l'ai alors lu à voix haute et n'ai pas pu m'empêcher de le répéter inlassablement, laissant ses sons résonner en moi, toujours sans savoir ce qu'il signifiait vraiment. J'apprends de nouveaux mots tous les jours dans différentes langues. Je retiens certains d'entre eux immédiatement et ne les oublie jamais, d'autres quittent mon cerveau aussi vite qu'ils l'ont effleuré et je les oublie instantanément. C'est normal, c'est le sort cruel des langues. вдохновение appartient à la première catégorie. Il m'arrive très régulièrement d'être frappé par la beauté singulière de certains mots, particulièrement en russe, mais la puissance de вдохновение est tout simplement exemplaire. Je ne me souviens pas avoir éprouvé cette émotion pour un mot auparavant. Le caractère religieux du cliché a peut-être inconsciemment accentué ce ressenti (équilibre du blanc et du noir, yeux fermés, mains jointes, et bizarrement le mot anglais tatoué "Fame" que la perspective francise en "âme").

Mon premier réflexe a donc été de chercher la traduction de ce vocable mystérieux sur Reverso Context. Et là, encore une fois, je me suis dit que si Dieu existe, il doit forcément parler russe car aucune langue ne parvient à nommer si justement la réalité. вдохновение, ça signifie "inspiration" ! Même si l'exercice n'était pas nécessaire pour retenir le mot, j'ai parcouru les différentes phrases d'exemples comme j'ai l'habitude de le faire pour m'imprégner de contexte.

Comme pour beaucoup de personnes de ma génération, le PC est un des objets indispensables de ma vie quotidienne. Que ce soit pour ma vie professionnelle ou privée, j'y consacre de longues heures tous les jours en passant immanquablement à plusieurs reprises devant mon fond d'écran - sans passer par la case prison et pourtant, hélas, sans gagner 200€ à chaque passage - que je change d'ailleurs fréquemment. Alors que le mot вдохновение continuait inexorablement à résonner en moi, j'ai alors eu l'idée d'intégrer mon fond d'écran à mon apprentissage des langues en appliquant cette nouvelle règle simple : tous les jours, je devrai changer mon fond d'écran en le remplaçant par un autre mot ; il devra s'agir obligatoirement d'un nouveau mot appris ce jour (un concept, un animal, un verbe, un adjectif, une couleur, peu importe). Évidemment, en apprenant un seul nouveau mot par jour, on ne va pas bien loin, ou en tout cas, on n'y va pas bien vite. Mais l'idée n'est pas là. Il s'agit plutôt d'afficher "le mot du jour" comme on encadre "l'employé du mois" dans certaines entreprises ; de rendre l'apprentissage un peu plus dynamique et original, en appliquant une sélection esthétique. Et en plus, ça oblige à apprendre au moins un petit peu tous les jours ! :)

D'où mon fond d'écran aujourd'hui :

Demain, je devrai m'en séparer et ça m'attriste déjà

 ***** Parenthèse russe *****

Puisque j'en suis une fois encore à mentionner le russe, revenons sur la personne qui m'a fait découvrir le mot du jour. J'avais déjà parlé de ce chanteur russe il y a quelques mois lorsque je m'étais activement remis à l'apprentissage de cette langue, et si vous apprenez le russe ou vous souhaitez vous y mettre, je ne peux que vous conseiller de suivre sa page Facebook. Et ce même si vous n'aimez pas réellement son style musical. Si je donne ce conseil, c'est parce que le jeune Russe publie beaucoup sur les réseaux sociaux et ses posts sont toujours particulièrement plaisants à lire, car justement très inspirants. Il s'exprime d'ailleurs dans une langue très simple sans tomber dans le simplisme, ce qui rend la lecture agréable. Voici deux exemples ci-dessous :



vendredi 25 août 2017

Ещё не умерла новая волна

Comme je l'ai souvent mentionné, il y a une langue en particulier qui me fascine plus que d'autres : le russe, qui selon moi est (et de loin !) la plus belle langue du monde. Je n'avais encore jamais écrit d'article en russe et je me devais donc de rectifier cette erreur.

В первый раз я решил написать статью на русском! Ну конечно, я (ещё) не отлично говорю по-русский но я всё равно этого сделать хотел по ряду причин:

1. Я хочу показать, что не надо бегло говорить на языке, чтобы общаться на этом языке. Да, это очевидно, я знаю. Но это тоже очень важно!

2. Как вы уже знаете, мне очень нравится русский язык. Я даже думаю, что это самый красивий язык в мире! Поэтому я должен был написать статью на русском.

3. И наконец, мне хотелось (ещё раз) поговорить о русском. A рассказать об этом на русском - это ведь нормально, правда? 

Вот именно. Ну, что я хотел сказать? А, да: музыка! Музыка - это один из лучших способов выучить иностранный язык. А сегодня моя муза - украинская. Это - Макс Барских. Мне всегда нравилось "новая волна": Blondie, Depeche Mode, Talk Talk... или Etienne Daho. Следующая песня Макса (да, я так его зову) мне напоминает "Etienne Daho" с эстетическим и красочным клипом. Кроме того, название - "хочу танцевать", то есть всё, что я люблю )))

Если вы тоже узнаете русский, лучше послушать песню сначала без текста. А потом, если хотите, можете найти текст внизу страницы.


Много, тебя стало
Слишком трудно, молчать.
Ты помнишь, мы обещали друг другу
Никому не мешать.
Я беру выходной и мне не важен никто.
Я сегодня пришел сюда, напится.
Я опять холостой, и нет кнопки "STOP".
Мне нужно забыть, всё забыть, всех забыть.

Припев:
Ты знаешь мне наплевать
Где ты и с кем.
Тв сегодня меня потеряла,
я растворяюсь в толпе.
Заливаю печаль, закрываю глаза.
Лучше мне не мешать, я хочу танцевать.

Я хочу танцевать...

Завтра, быть может мне будет стыдно
Молчать, если захочешь.
Я приду к тебе ночью, повторится опять.
Но а пока выходной и мне не важен никто.
Я сегодня пришел сюда, напится.
Я опять холостой, и нет кнопки "STOP".
Мне нужно забыть, всё забыть, всех забыть.

Припев:2х

mercredi 23 août 2017

Syndrome de Stockholm

Lorsqu'on apprend l'anglais, les destinations européennes qui viennent tout de suite à l'esprit pour pratiquer sont essentiellement l'Angleterre, l’Écosse et l'Irlande. Et c'est normal, l'anglais y est la langue officielle. Pourtant, il existe d'autres pays où le taux de maîtrise de l'anglais avoisine les 100%, notamment en Europe du Nord. Je reviens d'un voyage en Suède et je peux vous assurer que Stockholm ne manquera pas de vous séduire.


Si je dis "Suède", à quoi pensez-vous ? Moi, ce pays m'évoque des choses aussi variées et complémentaires que H&M et Ikea, ABBA et Avicii, Greta Garbo et Victoria Silvstedt, Ingrid Bergman et Ingmar Bergman, Volvo et Spotify, Fifi Brindacier et Thor ou encore Alfred Nobel et Zlatan Ibrahimovic.

La première chose qui frappe lorsqu'on atterrit à Stockholm, c'est le titre revendiqué par la ville sur les panneaux publicitaires. Non pas, Capital of Sweden, ce qui serait parfaitement légitime mais Capital of Scandinavia. Stockholm est en effet la principale ville de Scandinavie, que l'on prenne la définition stricte (Suède, Danemark et Norvège) ou large (Islande et Finlande comprise).

Et Stockholm, qui s'étend sur plusieurs îles, est effectivement une grande ville ! Pour apprécier pleinement tout ce qu'elle a à offrir, je pense qu'il faut au moins lui consacrer deux jours entiers. La vieille-ville (Gamla Stan) regorge de ruelles pavées, où les vélos adossés aux murs colorés sont quasiment aussi nombreux que les habitants eux-mêmes. Les îles voisines de Helgeandsholmen et Riddarholmen forment l'hyper-centre de la capitale. Un peu plus loin sur Kungsholmen trône fièrement l'imposant et quelque peu menaçant hôtel de ville.

Ruelle de la vieille-ville de Stockholm

Les quartiers de Norrmalm et Östermalm au nord sont un peu plus modernes et huppés mais méritent tout de même de s'y attarder. Södermalm au sud est la plus grande île de Stockholm et aussi la plus atypique. C'est là que s'exprime la contre-culture suédoise face aux résidus du passé représentés par les dernières maisons en bois de la ville. Une ambiance très différente du reste de la cité (la terre est d'ailleurs plus présente, l'eau quasi absente) et pourtant très agréable !

Autant le savoir tout de suite : la Suède de manière générale, et Stockholm en particulier, est une destination plutôt chère (cependant moins chère que le Danemark et beaucoup moins chère que la Norvège). Il y a une multitude de musées qui valent le coup d’œil à Stockholm. La ville en compte près d'une centaine mais le problème, c'est que l'entrée coûte souvent 15 à 20€... ou est gratuite ! Là est tout le paradoxe suédois (comme l'incarne si bien Södermalm d'ailleurs) : Stockholm, c'est aussi la ville des extrêmes et mes deux quartiers préférés le prouvent très bien.

Le premier c'est Djurgarden. On y trouve Skansen, musée à ciel ouvert qui reconstitue la Suède et ses traditions (20€ l'entrée, je n'y suis pas allé mais les avis sont très positifs) et le musée ABBA (également près de 20€ l'entrée, je ne suis pas suffisamment fan du groupe pour débourser cette somme mais le magasin du musée est en soi déjà une attraction). Il y a aussi le Musée Nordique, qui a élu domicile dans un des plus beaux bâtiments de la ville, et le Musée de l'alcool (oui, vous avez bien lu). On y trouve également Gröna Lund, le parc d'attractions de Stockholm mais surtout, on y trouve le Musée Vasa. Et ça, c'est sans hésitation le coup de cœur de mon séjour !

Le Vasa !

Si vous n'avez qu'un seul musée à faire à Stockholm, allez au Musée Vasa. Cet endroit est tout simplement unique au monde et ne manquera pas de plaire particulièrement aux fans de Pirates des Caraïbes. En 1628, le Vasa, immense navire de guerre suédois quitte le port de Stockholm pour son voyage inaugural et... sombre après 1 kilomètre. Il faudra attendre 1961, soit 333 ans, pour que l'épave du Titanic suédois soit localisée et repêchée et après plusieurs années de restauration, le bateau peut aujourd'hui être admiré dans ce musée incroyable. L'entrée coûte 14€. Au début, j'ai un peu hésité à débourser cette somme pour "juste voir un bateau" (il y en a tellement dans le port de Stockholm et ceux-là sont gratuits à regarder et en état de marche). Mais j'y suis quand même allé et j'ai vraiment bien fait : c'est réellement impressionnant. Il s'agit du seul navire du XVIIème siècle de cette taille encore si bien préservé dans le monde. Le musée de 6 étages est construit tout autour du bateau (c'est dire la taille de l'engin !!!) et donne de nombreuses informations sur la catastrophe et la Suède de l'époque.

Djurgarden, île très verte, est donc une de mes deux îles préférées de Stockholm. La deuxième, c'est Skeppsholmen. On peut y visiter gratuitement le musée d'art moderne, qui possède vraiment une excellente collection (Picasso, Duchamp, Dali, Warhol...). L'île en soi est très reposante et constituait ma promenade préférée (il faut aller jusqu'à Kastellholmen, son joli château et ses côtes rocheuses) avec de très belles vues sur la ville.

Voilà pour l'aperçu de Stockholm. Vous conviendrez donc que deux jours ne seront pas de trop pour profiter calmement de tout ça. Mais le voyage ne s'arrête pas là et selon moi, deux autres jours au moins sont nécessaires pour prolonger l'expérience scandinave car la nature est véritablement aux portes de la ville !

Une journée peut être consacrée à l'exploration en bateau de l'archipel de Stockholm. Le trajet est en soi déjà une découverte et j'aurais deux îles à recommander, Vaxholm (à 1h de bateau de Stockholm) et Grinda (à environ 1h30 de Stockholm).

Grinda et ses plages

Quant au deuxième jour, consacrez-le à une activité que seuls les Suédois connaissent. Et ils sont déterminés à la garder secrète : si Stockholm (en particulier la vieille-ville) est parfois envahie de touristes, cet endroit, lui, est presque exclusivement fréquenté par des Suédois. Je veux parler du parc national de Tyresta, son immense forêt et ses magnifiques lacs, situé à seulement 1h de train de la capitale. L'aller-retour dans la journée se fait donc très bien (pour seulement 9€ aller-retour ! Qui a dit que la Suède était chère ? Pas moi !).

Tyresta

Trois derniers points pour clore cet escale suédoise :

1. Parlons langues ! Le suédois est une langue germanique, globalement à mi-chemin entre l'anglais et l'allemand. A l'oral, la langue est cependant assez déconcertante (souvenez-vous du chef suédois dans Les Muppets) même si la façon qu'ont les Suédois de détacher leurs syllabes, accentuer leurs mots et manger leurs consonnes n'est pas sans rappeler parfois l'anglais dans sa prononciation britannique (comme dans "posi'ive" pour "positive" par exemple). C'est aussi ce qui rend cette langue si jolie !


2. La confiance est un concept important en Suède. Au musée d'art moderne par exemple, il n'y a personne qui surveille la consigne : on pose simplement ses affaires soi-même derrière un comptoir et on vient les récupérer à la sortie. Il n'est pas rare non plus de voir des vélos garés sans antivol. Enfin, beaucoup de supermarchés proposent des machines à café en libre service. On choisit sa boisson, on remplit son gobelet, on le referme et on paie à la caisse en sortant en même temps que les éventuels autres achats. On vous demandera alors ce qu'il y a dans votre gobelet opaque et fermé (car un cappuccino coûte plus cher qu'un espresso par exemple). La première fois qu'on m'a posé la question, j'ai répondu "un simple café" et ai ouvert le couvercle pour prouver ma bonne foi. Amusée, l'employée m'a dit "Vous n'aviez pas besoin d'ouvrir le couvercle, juste de me dire ce que c'était". Oui, en Suède, on vous croit sur parole.

3. Je suis sûr que cela vous est déjà arrivé. Vous êtes dans un magasin ou dans un restaurant et au moment de payer, on vous regarde avec un air désolé pour vous annoncer "on ne prend pas la carte, seulement les espèces". Et vous n'avez pas de liquide... ça, c'est en France. En Suède, maintenant. Vous êtes dans un magasin ou dans un restaurant et au moment de payer, on vous regarde avec un air désolé pour vous annoncer "on ne prend pas les espèces, seulement la carte". C'est véridique ! Quelque fois, la modernité vous tombe en pleine face sans prévenir et ça surprend. A ce sujet, le réseau de bus à Stockholm est peut-être un peu trop moderne. Il n'y a pas de distributeurs de titres de transports, sauf dans les grands arrêts et il est impossible d'acheter son billet auprès du chauffeur. Comment faire alors ? "C'est simple, me dit le chauffeur, téléchargez l'appli et achetez votre billet dessus". Et quand vous n'avez pas internet et que vous êtes au beau milieu de la forêt à une heure de route de Stockholm en fin d'après-midi à l'heure où passent les derniers bus de la journée, sans aucun moyen d'acheter un billet, vous n'avez plus qu'à espérer que le chauffeur suédois, sous ses airs froids et son amour pour le respect des règles, vous laissera faire le trajet gratuitement... et ça peut marcher, ça aussi c'est véridique !

Bienvenue à Stockholm !

mercredi 16 août 2017

Apprendre l'alphabet coréen en 5 minutes

Il y a des langues qui effraient plus que d'autres. La faute à leur apparence "barbare" : il est naturel d'associer un système d'écriture totalement incompréhensible à la difficulté d'un langage. C'est pour cette raison que le russe, le chinois ou encore l'arabe sont communément classés parmi les langues les plus dures du monde. C'est une réaction normale. Pour autant, le jugement porté sur ces idiomes est souvent loin d'être légitime.

A cet égard, le meilleur exemple est sans aucun doute le coréen. Voici un texte tiré de Wikipédia :


A votre avis, combien de temps vous faudra-t-il pour réussir à décoder ce charabia ? Je ne parle pas de comprendre le sens des mots et des phrases mais seulement de pouvoir associer des sons à cette écriture mystérieuse : autrement dit, en combien de temps peut-on apprendre à lire le coréen ? Vous avez cinq minutes devant vous ? Parfait ! Il se trouve que c'est précisément le temps nécessaire. S'il m'a fallu quelques heures pour apprendre l'alphabet cyrillique et quelques jours pour apprendre l'alphabet perso-arabe, pour le coréen, cela a été bouclé en 5 minutes.

En réalité, je n'avais aucune intention d'apprendre à lire le coréen. J'ai certes toujours voulu apprendre une langue asiatique mais mes priorités linguistiques pour le moment étaient différentes. Je l'ai donc fait totalement par hasard en tombant sur la vidéo "Learn to read Korean in 5 Minutes (seriously)" recommandée par YouTube. Deux choses m'ont incité à regarder la vidéo pour en savoir plus (et ce n'est pas le "seriously" entre parenthèses) : la première, c'est la curiosité (peut-on vraiment apprendre à lire le coréen en 5 minutes quand on voit à quoi ressemble la langue ?) ; la seconde, c'est la popularité de la vidéo (plus de 4 millions de vues, et surtout près de 175 000 personnes qui l'approuvent !). Cette vidéo, la voici :


Et voilà, pari réussi ! Vous avez appris à lire le coréen en 5 minutes. C'est cool, non ? Pour vous exercer, voici 5 mots et 5 images. Vous devriez pouvoir les associer assez rapidement ! :)


Pour quoi faire ?

Oui, c'est cool, après 5 minutes, vous pouvez maintenant lire une des principales langues asiatiques, parlée par plus de 80 millions de personnes ! Et à quoi ça sert ?

Même si vous n'allez pas plus loin dans l'étude de la langue coréenne, vous avez au moins appris à remettre en question des idées reçues. Il y a encore quelques minutes vous pensiez sûrement que lire le coréen demandait des efforts titanesques alors qu'en fait pas du tout. Et abandonner ses préjugés, croyez-moi, c'est le meilleur moyen d'apprendre une langue efficacement. Une langue n'est difficile que si vous décidez qu'elle l'est.

Par ailleurs, peut-être que, comme moi, un voyage en Corée du Sud vous tente bien. Le coréen est également la langue de la Corée du Nord mais son soft power est à revoir. En revanche, la Corée du Sud, c'est Séoul et ses 25 millions d'habitants (une des plus grandes villes du monde !) et un des territoires d'Asie les plus puissants économiquement (pensez à LG, Hyundai ou Samsung par exemple... trois des plus grandes entreprises coréennes) ou encore ça :


Oui, un voyage en Corée du Sud vaut sûrement le coup et même si vous en restez là avec le coréen, vous pouvez déjà vous rendre calmement au pays du Matin calme, en ayant l'assurance de pouvoir déchiffrer la langue qui vous entoure. C'est déjà ça et on peut difficilement faire mieux en n'investissant que 5 minutes !

La gigantesque ville de Séoul la nuit

Car vous venez effectivement de faire tomber la première barrière du coréen. Alors bien sûr, je ne dis pas que c'est une langue facile. Les linguistes la décrivent souvent comme un isolat (langue orpheline, sans famille) ce qui la rend assez déconcertante et il s'agit, comme le turc, d'une langue agglutinante, ce qui peut aussi refroidir les motivés. Mais pourquoi pas essayer quand même d'aller un peu plus loin ? D'ailleurs, pour vous rassurer, il n'y pas de tons en coréen - contrairement au chinois par exemple. Si vous souhaitez donc étudier d'un peu plus près cet idiome exotique, voici un lien vers une ressource qui me paraît très bien faite et que je ne vais pas tarder à tester :


jeudi 3 août 2017

Mon avis sur Duolingo

Des méthodes pour apprendre des langues, il en existe des dizaines. Mais celle qui est particulièrement connue, c'est Duolingo. Moi-même, je l'utilise depuis pratiquement 2 ans et voici ce que j'en pense*.

*J'utilise Duolingo sur PC. Des différences peuvent exister avec l'appli dont je ne connais pas le fonctionnement.

Peut-on apprendre une langue avec Duolingo ? 


Si vous êtes en train de lire cet article, il y a de fortes chances que vous vous intéressiez aux langues étrangères. Et si vous vous intéressez aux langues étrangères, il y a également de fortes chances que vous ayez déjà entendu parler de Duolingo. Si ce n'est pas le cas, il s'agit d'une application qui permet de rendre l'apprentissage des langues moins fastidieux. Si vous avez toujours considéré les langues étrangères comme une corvée, la chouette verte a peut-être de quoi vous faire changer d'avis.

Duolingo, c'est bien car...

1. C'est gratuit. Bien que ce critère ne soit pas toujours pertinent, dans le domaine des langues il l'est définitivement. Un des facteurs qui démotive les polyglottes en herbe à cultiver leur jardin linguistique, ce sont les coûts associés (méthodes coûteuses, professeurs particuliers inabordables...). Avec Duolingo, c'est vite vu : vous n'avez strictement rien à payer.

2. C'est ludique. Vous détestez peut-être l'anglais à cause de Madame Martin, votre professeur de collège, qui vous hurlait dessus à chaque fois que vous prononciez "the" ("la langue entre les dents... entre les dents ! SSSSSS"). Duolingo a le mérite de rompre avec cette tendance à associer les langues à une tâche désagréable, en en faisant un jeu. En avançant dans votre apprentissage, vous débloquez des niveaux, atteignez des paliers et gagnez des points (XP, un peu comme dans Pokemon en fait).

3. C'est fait pour être pratiqué un peu tous les jours. Et ça, c'est vraiment un gros point positif ! Comme je l'ai souvent dit, le secret de l'apprentissage réussi d'une langue, c'est effectivement de pratiquer un peu (30 minutes environ) tous les jours. C'est exactement ce que permet Duolingo. Les leçons sont réparties en catégories qui peuvent correspondre à des aspects purement linguistiques (les pluriels, les verbes, les prépositions, les pronoms, etc) ou à du vocabulaire thématisé (la famille, les animaux, la nourriture, la nature, les affaires, l'éducation, etc). Je recommanderai de faire au moins une catégorie par jour, ce qui devrait vous prendre entre 10 et 45 minutes maximum selon votre niveau et la catégorie concernée.

Ainsi, pour prendre un exemple concret, le cours d'italien comprend 66 catégories en tout. En étant régulier, il est donc tout à fait possible d'achever le cours d'italien de Duolingo en deux mois. Est-ce que vous serez capable de parler parfaitement italien après ces 66 jours, à raison d'une catégorie par jour ? J'y répondrai un peu plus loin, chaque chose en son temps... Voici, par exemple, à quoi ressemble la première catégorie de l'italien ("les bases 1") :


Il y a 3 leçons qui vous permettront d'acquérir vos premiers mots. Vous pouvez lire quelques conseils avant de vous lancer, comme c'est le cas ici pour les pronoms, dont vous pouvez lire le début du texte sur la capture d'écran. Dans ce cas précis, on est typiquement sur une catégorie qui traite d'un aspect linguistique. Si vous êtes motivé et travaillez jouez tous les jours, après quelques semaines de pratique, vous atteindrez la catégorie lexicale "politique", dernier étape qui comporte 8 leçons.

4. C'est personnalisable. Duolingo, c'est gratuit et utilisé par des millions de personnes dans le monde et pourtant chacun peut l'adapter à ses besoins. Je ne parle pas seulement de la langue que vous choisissez mais aussi des nombreux réglages que vous pouvez apporter à votre compte. Deux valent particulièrement la peine d'être mentionnés. Le premier, c'est le rappel quotidien. Duolingo peut vous harceler, ce que je trouve plutôt bien, pour que vous l'utilisiez tous les jours. Vous pouvez accepter de recevoir un mail pour vous souvenir de l'existence de l'application et vous pouvez même choisir l'heure d'envoi.


Le deuxième paramètre que j'apprécie, c'est le coach. Vous pouvez établir un objectif journalier à atteindre, selon les efforts que vous êtes prêts à fournir, le temps que vous avez à consacrer ou encore... l'amour que vous avez pour la langue !


5. Il y a plein de langues ! Si vous ne parlez que français, les choix sont limités : vous pouvez vous mettre à l'anglais (langue la plus populaire avec plus de 16 millions d'apprenants), l'espagnol, l'italien, l'allemand ou le portugais. Si vous parlez anglais, vous avez accès à beaucoup plus de langues : le russe, le néerlandais, le suédois, le turc, le norvégien, le danois, le polonais, l'hébreu, le vietnamien, le grec, l'ukrainien, le roumain... et aussi le klingon et le haut valyrien !

Duolingo, c'est vraiment chouette ! En remixant les deux éléments centraux de l'apprentissage (régularité et motivation) sous forme de jeu quotidien, l'application se démarque des méthodes traditionnelles. Donc 30 minutes par jour et en deux mois, je suis bilingue ? C'est alléchant, je sais. Mais c'est surtout faux. Et d'ailleurs, si vous l'avez cru, vous êtes un peu naïf... d'abord, il n'y a pas de solution miracle pour apprendre une langue et ensuite, on n'apprend pas une langue en deux mois.

Mais la chouette a du plomb dans l'aile...

1. Première chose, pour jouer correctement à Duolingo, il suffit souvent d'être logique. Pour comprendre ce que je veux dire, éloignons-nous un peu de l'italien et nos racines latines communes pour aborder une langue plus effrayante : le russe ! Même si vous ne lisez pas du tout le cyrillique, vous êtes sûrement capable de répondre à la question suivante :


On vous demande de choisir la traduction du mot "restaurant" en vous montrant trois mots accompagnés d'une image de restaurant, une image de pont et une image de fleuve. Le choix est vite fait... Le texte pourrait également être affiché en chinois ou en klingon, je serais capable de reconnaître une photo de restaurant.

2. Une autre limite de Duolingo, ce sont ses phrases parfois vides de sens ou qui en tout cas ont peu de chances de nous servir dans la vie réelle - comme par exemple "la licorne s'enfuit" que l'on peut trouver dans un cours de danois.


3. Mais le vrai problème de Duolingo, ce n'est pas l'application en soi, qui est tout à fait respectable, ce sont les attentes que la plupart des gens en ont. Moi le premier. Car non, Duolingo ne permet pas d'apprendre à parler couramment une langue. Après avoir retrouvé la licorne qui s'était enfuie, j'ai poursuivi mes efforts en danois, jusqu'à finir entièrement les cours et recevoir ce diplôme :

 

Quelques jours plus tard, je m'envolais plein d'espoir vers Copenhague et je peux vous assurer que j'étais loin de pouvoir converser en danois avec les locaux ! Car Duolingo ne suffit pas. En revanche, et cette fois j'évoque mon expérience avec l'italien, lorsqu'elle est combinée à d'autres pratiques, l'application est efficace.

D'après moi, 3 dimensions manquent à Duolingo. Elles sont indispensables :

- lire. On y remédie facilement, comme je l'ai déjà évoqué dans de précédents posts. Lire dans la langue cible est primordial et ce, quel que soit le niveau. On croit souvent qu'il faut attendre d'avoir un super bon niveau pour s'y mettre et c'est faux. A chaque fois que je commence une nouvelle langue, je prends le réflexe de "liker" la page Facebook des principaux médias de cette langue. Cela me permet de suivre quotidiennement l'actualité en langue étrangère sans m'en rendre compte. En plus de renforcer vos capacités linguistiques, varier les sources médiatiques vous apporte un autre regard sur le monde. Et comme pour Duolingo, il est tout à fait possible de s'exercer gratuitement à la lecture.

- écouter. Là encore, les ressources gratuites ne manquent pas et je pense surtout à YouTube, qu'il s'agisse d'écouter une chanson ou regarder une émission, même si mon partenaire principal pour l'écoute, c'est Netflix - qui permet de regarder des films et des séries dans de très nombreuses langues, russe compris (comme je le fais actuellement avec How to Get Away with Murder) !


- parler. L'exercice le moins facile et qui fait le plus peur. Pourtant, c'est bien l'objectif qu'on se fixe en apprenant une langue, non ? Là, ce qui marche le mieux, c'est tout simplement de parler avec des locuteurs natifs, qu'il s'agisse d'amis, de partenaires de tandems linguistiques ou de personnes rencontrées au cours de voyages.

Conclusion, Duolingo : oui ou non ? 

Oui, en tout cas vous n'avez pas grand chose à perdre à essayer. Mais l'application seule ne vous apportera pas grand chose, elle doit plus être considérée comme un instrument supplémentaire dans votre quête de la maîtrise linguistique. En complément des autres outils que, en bon autodidacte, vous êtes déjà capables de mobiliser ! ;)