dimanche 22 octobre 2017

Enivrez-vous

Vous en avez sûrement déjà fait l'expérience. Vous êtes à une soirée et après quelques verres d'alcool, vous vous mettez à parler une langue étrangère parfaitement, sans aucun problème.


Avant toute chose, une mise au point s'impose. Dans de nombreux cas, il s'agit plus d'une impression subjective (celle de l'individu alcoolisé) que d'une réalité objective. La même subjectivité qui pourrait l'amener à croire qu'il est tout à fait apte à conduire. Par ailleurs, je parle ici de personnes sous emprise modérée de l'alcool, avec ce qu'il faut d'ivresse pour délier les langues sans pour autant gésir dans le caniveau. Cette impression partagée par les polyglottes en herbe formés par les bouteilles de vin réside dans une des propriétés principales de l'alcool : la désinhibition ! Pourquoi tant de gens sobres échouent à pratiquer les langues ? Par peur. Par peur de faire des fautes et d'être ridicule. Or, qui a peur du ridicule une fois ivre ? Certainement, pas ce danseur insoupçonné, ce chanteur improvisé... et encore moins ce bilingue assumé ! Tout est là.

Boire de l'alcool aide-t-il vraiment à mieux parler une langue étrangère ou n'est-ce qu'une fausse impression ? La question semble suffisamment sérieuse pour que des chercheurs s'y intéressent. Et les résultats ont été publiés cette semaine ! Alors, verdict ? L'étude se porte sur 50 germanophones qui étudient aux Pays-Bas et dont le niveau de néerlandais a été testé après prise d'alcool. Et ce qui semblait n'être qu'un mythe s'est avéré vérifié par cette étude : l'alcool aiderait effectivement à mieux parler une langue. Pour plus de détails, vous pouvez consulter cet article de Time.

Tenons-nous enfin la solution au monolinguisme ? Je suis assurément pour le plurilinguisme mais pas pour l'alcoolisme. Une chose est sûre : enivrez-vous !


Il faut être toujours ivre. Tout est là : c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.
Mais de quoi ? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous.
Et si quelquefois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, dans la solitude morne de votre chambre, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge, à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est ; et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge, vous répondront : « Il est l'heure de s'enivrer ! Pour n'être pas les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous ; enivrez-vous sans cesse ! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. »

Baudelaire, Le Spleen de Paris, XXXIII

vendredi 20 octobre 2017

Mes 5 raisons d'apprendre le portugais

Dans un peu plus de deux mois, nous serons en 2018 et qui dit nouvelle année, dit bonnes résolutions. Plutôt que d'attendre les douze coups de minuit du 31 décembre, j'ai décidé de prendre une bonne résolution dès maintenant : apprendre le portugais (et cette fois sérieusement, ayant prématurément arrêté mon apprentissage du persan, du suédois et du bulgare). Pourquoi apprendre le portugais ? Voici mes 5 raisons : les 3 premières sont générales alors que les 2 dernières sont plus personnelles.


1. Une des langues les plus parlées dans le monde.
Il y a environ 260 millions de lusophones (le nom savant donné aux gens qui parlent portugais), ce qui inscrit la langue dans le top 10 des langues par nombre de locuteurs.

2. Une langue d'avenir.
Sans surprise, le portugais est la langue officielle du... Portugal ! Mais si la France est le principal foyer des francophones en termes de population, l'Allemagne, celui des germanophones ou encore la Russie, celui des russophones, avec le portugais c'est différent car le Portugal ne compte que 10 millions d'habitants. D'où nous viennent donc les 250 autres millions de locuteurs ? Principalement de 3 pays en développement :
- le troisième pays lusophone dans le monde, c'est l'Angola, ancienne colonie portugaise en Afrique. Plus de 40 ans après l'obtention de l'indépendance, le portugais reste la langue d'un peu plus de 70% des Angolais, ce qui représente une population d'environ 20 millions d'habitants.
- le deuxième pays lusophone est aussi africain : le Mozambique, où l'on dénombre un peu plus de 20 millions de personnes maîtrisant le portugais.
- Il reste la principale contrée lusophone : un géant qui ne cesse de grandir. 210 millions d'habitants et un territoire 15 fois plus grand que la France : le Brésil ! A lui tout seul, ce pays justifie largement les efforts investis dans la langue portugaise.

Rio de Janeiro

3. Une langue "facile" pour un francophone.
Je suis généralement hostile à ce concept de "langue facile" mais en tant que langue romane, le portugais est une langue très proche du français, ce qui la rend plus facile d'accès que celles d'autres familles.

Venons-en maintenant à deux raisons tout à fait personnelles. Elles n'ont pas pour but d'essayer de vous convaincre de vous mettre au portugais (car par définition, elles ne concernent que moi) mais elles sont celles qui ont le plus influencé ma décision. Les évoquer me permet à la fois d'en dire un peu plus sur moi et ma relation aux langues d'un côté, et de vous montrer que les sélections linguistiques sont souvent motivées par des raisons plus émotionnelles que rationnelles.

4. Aboutir mon projet.
Mon projet linguistique prioritaire est de parler les principales langues latines : le français (ma langue maternelle), l'italien (la première langue romane étrangère que j'ai apprise et ma préférée), l'espagnol (une langue pour laquelle, bizarrement, j'ai encore beaucoup de mal à me passionner mais que j'ai quand même étudiée), le roumain (méconnue et "inutile", mais qu'est-ce qu'elle est belle !)... et le portugais (dernière du Club des Cinq) ! Pourquoi un tel projet ? C'est surtout la curiosité qui m'animait au début avant que la volonté de pouvoir communiquer avec les peuples qui partagent mes origines et ma culture latine prenne rapidement le dessus.
Notons d'ailleurs que le portugais est la deuxième langue romane qui me plaît le plus à l'oreille (après l'italien) et qu'elle partage, je trouve, de nombreux sons avec les langues slaves (inutile, je pense, d'évoquer une fois de plus mon amour pour le russe).

5. Prendre une revanche.
Cela peut paraître étrange mais c'est vrai : il m'arrive d'apprendre une langue nouvelle ou d'intensifier l'apprentissage d'une autre pour prendre une revanche ! Il y a deux ans, j'ai passé un entretien pour un poste à Moscou dans une entreprise pharmaceutique. Deux ans plus tôt, je n'avais pas pu partir étudier à Saint-Pétersbourg et alors que la perspective de travailler dans la capitale russe semblait se confirmer, ça a été niet une fois de plus après fermeture de la position pour raisons budgétaires. Grande déception et je dois d'ailleurs toujours prendre ma revanche sur la Russie (sois prévenue, je compte débarquer bientôt). "Ce n'est pas grave !" me dit alors une employée du service recrutement au siège français, en s'empressant d'ajouter "Votre profil ayant intéressé Moscou, j'envisage de vous envoyer dans la filiale brésilienne à São Paulo. Vous parlez portugais ?" Les Russes avaient fissuré le sol sous mes pieds et là, il s'écroulait carrément sous l'effet de cette question... Non. Non, je ne parle pas portugais. Aujourd'hui, j'aurais réagi différemment en répondant : "je ne parle pas portugais pour le moment mais j'envisage d'apprendre. Quel niveau demandez-vous ? Pouvez-vous me donner trois semaines de délai pour que je m'y mette de manière intensive et qu'on puisse en reparler ?", prouvant ainsi mon goût des défis et ma motivation. Mais à l'époque, une telle réponse m'était tout simplement impensable. La revanche, il est désormais tant de la prendre si je veux pouvoir rétorquer un jour :

Falo. E estou pronto!
São Paulo

vendredi 13 octobre 2017

Peut-on encore se permettre de ne pas parler anglais ?

Ne tournons pas autour du teapot, la réponse est évidente : oui, bien sûr qu'on peut encore se permettre de ne pas parler anglais. Mais à quel prix ? Que perd-t-on à ne pas parler anglais de nos jours ? Je m'intéresse ici avant tout aux Français, même si le sujet peut s'étendre aux Occidentaux qui ne sont pas anglophones natifs.


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Le quotidien de la majorité des Français s'articule autour de 3 périodes principales :

1. La semaine de travail
En tant que langue de communication internationale, la langue de Shakespeare s'est également imposée dans le monde du travail. Ne pas parler anglais peut non seulement fortement limiter la mobilité géographique professionnelle mais peut aussi être frustrant dans les missions quotidiennes.

2. Le week-end
Que fait-on généralement le week-end, après une semaine de travail  ? On voit des amis, la famille et on se repose. On écoute de la musique (en voiture, chez soi, dans un bar ou en boîte), on regarde des films ou des séries, on lit (des romans ou la presse)... autant d'activités que la maîtrise de l'anglais peut considérablement améliorer. La culture de masse telle qu'on la connaît en France aujourd'hui nous vient en effet principalement d'un pays : les Etats-Unis. Les chanteurs que vous écoutez, les séries que vous regardez, les romans que vous lisez ne sont-ils pas souvent américains ? Parler anglais, c'est pouvoir apprécier pleinement toutes ces choses en version originale !

3. Les congés
Pour la plupart d'entre nous, cela n'arrive que 5 semaine par an. Autant ne pas gâcher ce temps ! On peut choisir de rester chez soi ou de s'évader en voyageant. Et là encore, avec l'anglais, on peut aller plus loin... littéralement cette fois. Je n'ai rien contre les destinations francophones - la Wallonie, c'est très joli - mais si vous parlez anglais, le monde vous appartient : vous pouvez voyager où bon vous semble, généralement sans trop de difficulté (évidemment, plus vous parlez de langues, plus c'est facile de voyager où l'on veut). Il existe des Français qui ne parlent pas anglais et qui malgré tout voyagent à l'étranger. C'est tout à fait possible ! Mais s'aventurer dans de nouveaux pays sans être capable de communiquer un minimum avec le peuple sur place, c'est passer à côté de l'essentiel de l'expérience.

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Le problème n'est pas juste celui de ne pas parler anglais ; la question est plus vaste. Dire "je ne parle pas anglais" en France revient souvent à dire "je ne parle aucune langue étrangère". Ce constat n'est pas valable dans d'autres régions du monde. Pour prendre un exemple extrême, en Iran, pays d'une très grande diversité linguistique et démographique, les polyglottes non-anglophones ne sont pas si rares : certains Iraniens peuvent même parler 5 langues (persan, azéri, kurde, turc et arabe) mais pas l'anglais. Mais ça, c'est en Iran. En France, tout le monde a accès à un système d'éducation gratuit, tout le monde apprend deux langues étrangères... avec les résultats qu'on connaît bien. La question sous-jacente, donc, est la suivante : "peut-on encore se permettre de ne parler aucune langue étrangère ?"

mardi 10 octobre 2017

Apprendre le catalan va-t-il devenir à la mode ?

Quand on parle de langues romanes (appelées aussi vulgairement "langues latines"), on pense immédiatement au français, à l'espagnol, à l'italien et au portugais, qui avec plus d'un milliard de locuteurs dans le monde à elles quatre constituent le cœur de cette famille. Plus rarement, on pense au roumain qui mérite pourtant plus de publicité : ses sonorités sont magnifiques, ses constructions plutôt originales, les Roumains sont un peuple chaleureux et le pays lui-même est fabuleux (je ne suis pas tombé sous le charme de Bucarest mais la Transylvanie, notamment Brașov que je recommande fortement, regorge de trésors). Et basta.

Des langues romanes, il y en a pourtant d'autres et une en particulier pourrait se retrouver bientôt sous les feux des projecteurs en devenant langue officielle d'un nouvel État européen : le catalan ! Loin de moi l'idée de mettre le feu aux poudres des canons du roi Felipe VI, mais le contexte actuel en Espagne soulève une question linguistique qui mérite d'être posée : le catalan va-t-il devenir à la mode ?


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Scénario 1 : la Catalogne obtient son indépendance

On observerait alors un bien curieux chassé-croisé sur les bancs de l'Union européenne. Alors que le Royaume-Uni s'apprête à laisser sa place vacante dans une joie en demi-teinte, la Catalogne se fera un plaisir de s'en saisir, maintenant à 28 le nombre d’États membres. Siégeant fièrement aux côtés d'une Espagne amputée, dont les bandages laissent encore apparaître des blessures douloureuses, ce pays tout neuf assumera pleinement sa culture, et en premier lieu sa langue

Il y a fort à parier que l'intérêt pour ce nouvel État-nation ne manquera pas de croître à l'étranger. Sur le vieux continent, initiateur de révolutions à une époque pas si lointaine et qui tente aujourd'hui de résoudre celles qui se trament sur les territoires en-dehors de ses frontières, la Catalogne indépendante fera figure de rebelle moderne, un pays insolent auquel la nouvelle génération pourrait très bien s'identifier. Si le programme Erasmus devenait lui-aussi un pays indépendant, Barcelone serait une capitale très crédible. Il y a 15 ans, Xavier et ses amis symbolisaient déjà l'attrait des étudiants étrangers pour cette ville résolument européenne (et catalane !) dans le film devenu culte L'Auberge espagnole. Une scène en particulier me revient en mémoire :


C'est bien sûr caricatural mais en même temps représentatif d'une partie de la réalité de la région. Imaginez donc le poids que pourrait prendre la langue dans un espace affranchi de l'Espagne. Ajoutez à la foule d'étudiants qui foulent le territoire catalan, celle des touristes qui leur emboîtent massivement le pas et vous comprendrez que oui, le catalan risque de devenir à la mode. D'autant plus que Valence et les Îles Baléares (qui sont loin d'êtres les coins les moins attractifs de l'Espagne) font partie de la sphère catalanophone.

Scénario 2 : la Catalogne n'obtient pas son indépendance

Est-ce à dire que Barcelone continuera à mener sa vie actuelle sans rien revendiquer à Madrid ? Rien n'est moins sûr. Même dans le scénario où la Catalogne fait toujours partie du Royaume d'Espagne, le dialogue qu'elle a ouvert (une nouvelle fois) avec le gouvernement et l'attention internationale qu'elle a attirée sur le pays mèneront sûrement à quelques réformes visant à assouplir l'autorité espagnole dans la région. Vous savez, c'est un peu comme ce père de famille confronté aux hurlements de son enfant dans le rayon confiseries du supermarché. Il l'avait pourtant prévenu dans la voiture sur le parking : "pas de bonbons !" Le garçon avait exprimé son accord mais une fois dans le magasin, la crise éclate devant les regards curieux des autres clients. Vous le savez aussi, le chef de famille privilégie généralement une des deux options suivantes : 1- il corrige physiquement l'enfant (discrètement tout de même, pour ne pas choquer l'assemblée) avant de quitter le rayon sans bonbons ; 2 - il cède en partie en autorisant l'enfant à choisir un seul paquet de bonbons. Le patriarche madrilène pourrait donc ainsi pencher pour la deuxième solution.

Indépendante ou de nouveau réformée, la Catalogne, aura dans un cas comme dans l'autre, obtenu une vitrine sur la scène internationale. Dans une proportion certes plus modeste que le premier scénario, il se pourrait tout de même que le catalan connaisse un certain regain d'intérêt.

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Alors oui : demain peut-être, apprendre le catalan sera à la mode. Ce qui m'amène à deux autres interrogations.

1- L'espagnol peut-il souffrir de la popularité du catalan ?

Clairement, non. Le catalan ne va pas détrôner l'espagnol. L'espagnol, c'est au bas mot environ 400 millions de locuteurs. Le catalan, 10 millions. D'ailleurs, si l'espagnol est si massivement plébiscité par les locuteurs non-natifs aujourd'hui, c'est avant tout pour les opportunités offertes par l'Amérique latine. L'Espagne pourrait donc perdre une communauté importante (et devenir l'égale de la Pologne sur le plan démographique dans l'Union européenne) mais rien de dramatique. La seule nouveauté, c'est qu'on se référera peut-être plus fréquemment au terme "castillan" pour désigner cet idiome, par opposition au catalan affirmé - un abus de langage rectifié, comme on parle de "mandarin" plutôt que de "chinois" ou de "finnois" plutôt que de "finlandais".

2- Le catalan et l'espagnol, c'est presque pareil ?

Oui et non. Oui, car - on l'a vu - espagnol et catalan sont deux langues romanes, donc de la même famille. Non, car à l'intérieur de cette famille de langues, on peut distinguer des "sous-familles". L'espagnol est ainsi une langue ibéro-romane, au même titre que le portugais. Le catalan, lui, est une langue occitano-romane, grosso modo à mi-chemin entre l'espagnol et les langues gallo-romanes qui contiennent par exemple... le français ! Le catalan serait même plus proche du français que de l'espagnol. Une bonne nouvelle pour tous les francophones qui aiment être à la mode, non ?

vendredi 6 octobre 2017

Farci au farsi

Les langues sont parfois des farces. Pour des raisons variées (influences culturelles, économiques, politiques, etc), il arrive qu'un mot ou une expression d'une langue se propage vers une autre langue et en devienne un élément de vocabulaire courant. On désigne ces corps étrangers sous le nom d'emprunt lexical. En français, la langue la plus influente à cet égard est sans aucun doute l'anglais : week-end, marketing, smartphone, e-mail... en informatique, ce ne sont pas les exemples qui manquent. Seul ordinateur a su résister dignement à l'invasion (c'est d'ailleurs un très joli mot et je suis content qu'on ne l'ait pas perdu) alors que computer a enterré Rechner en Allemagne et que sa transcription réussie en cyrillique (компьютер) lui donne l'allure d'un espion américain sous couverture en URSS. L'anglais n'est évidemment pas le seul manipulateur : il y a aussi l'italien (bizarre), le russe (kalachnikov), l'allemand (bivouac), le danois (édredon), le hongrois (sabre)... ou encore le persan. Car oui, le français est farci au farsi !


L'idée de cet article m'est venu en me rendant compte que l'expression "échec et mat" qui paraît bien française nous vient... d'Iran ! En persan, l'expression est "Shah mat" qui signifie "le roi est vaincu" (oui, la traduction du mot "shah" n'était pas très difficile à deviner). J'ai donc voulu savoir quels autres mots le persan nous avait donné et voici ce que j'ai trouvé :

- "kusk" signifie "petit palais". Il s'est exporté en Turquie, en Italie puis en France, où il est devenu "kiosque". 

- "pyjama" veut dire "vêtement de jambe" en persan.

- le mot "dulbend" est lui aussi arrivé en France via la Turquie et l'Italie. Il a donné le mot français "turban" mais aussi le mot "tulipe".

- parmi d'autres mots, on trouve aussi "kaki", "caravane" et "paradis".

Même les langues voyagent !