samedi 18 février 2017

Petits exercices, GRANDS progrès

Cela fait des mois voire des années que vous apprenez l'anglais, et pourtant, face à un Américain, vous n'êtes pas capable d'aligner trois mots ? Vous pensez que c'est parce que vous êtes nul en langues. Well, I don't think so!

Lundi, 6h du matin. Vous vous extirpez péniblement de votre lit et ne pouvez vous empêcher de contenir un bâillement. Vous prenez le journal d'une main, à l'affût de nouvelles fraiches, et tendez l'autre pour saisir votre café. Lui seul saura vous donner l'énergie nécessaire pour affronter cette nouvelle journée. Car aujourd'hui est un grand jour : vous avez décroché un entretien pour le job de vos rêves ! Prochaine étape, la salle de bains. Vous enfilez votre plus beau costume et alors que vous nouez votre nouvelle cravate, vous croisez votre propre regard dans le miroir. Vous esquissez un sourire. "Bonjour, enchanté de faire votre connaissance !". Non, le ton n'était pas suffisamment convaincant. Alors, vous essayez une deuxième fois, puis une troisième. A la quatrième tentative, vous vous permettez même de serrer une main invisible avec force et détermination pour appuyer votre phrase.


Ce rituel étrange vous donne peut-être une impression de déjà vu. Mais pourquoi donc se parler à soi-même dans cette situation ? Pour avoir confiance en soi, pour s'exercer, se préparer. Scoop : cela marche aussi avec les langues et c'est d'ailleurs vivement recommandé !

Votre cerveau n'est pas toujours votre meilleur partenaireVous avez accumulé des centaines de mots de vocabulaire, vous vous êtes efforcé de retenir des tonnes de règles de grammaire... Tout est là, dans votre boîte crânienne. Et pourtant, le moment venu, face à cet Américain, rien ne vous vient à l'esprit. Vous ne parvenez pas à exprimer votre pensée. Vous ne pouvez pas communiquer. C'est normal. Vous ne vous êtes pas préparé. Ce serait comme se contenter d'acheter une bonne paire de baskets en espérant que le jour du Marathon de Paris, vous pourriez ainsi exploser tous les scores. Si vous ne vous entraînez pas régulièrement, cela n'arrivera jamais. Autant le savoir d'avance et éviter les déceptions.

Pour ce qui est des langues, voici le secret du succès : PARLEZ ! Parlez seul d'abord, dîtes n'importe quoi, laissez le flot de paroles prendre le contrôle, vous envahir, puis laissez-les sortir. Ces mots deviendront des phrases, et les phrases, en s'enchaînant, laisseront place à une base satisfaisante pour initier un dialogue avec un natif. Plus vous vous prêterez à ce jeu, et plus les mots viendront naturellement. Vous n'aurez plus à parcourir laborieusement votre forêt cérébrale, armé d'une lampe torche à moitié aveugle pour trouver un timide "I don't know", terrorisé et recroquevillé derrière un buisson neuronal, la tête tremblante plaquée entre les genoux. En fait, vous n'aurez plus rien à faire. Les mots frapperont frénétiquement derrière vos lèvres pour gagner leur liberté, et lorsque vous ouvrirez la bouche, c'est dans un défilé organisé et sensé qu'ils s'évaderont, peuplant ainsi avec succès le no man's land entre vous et votre interlocuteur étranger. Votre message sera entendu et compris !

Alors, pour en arriver là, plusieurs étapes :

1. Prenez un peu de temps seul et libérez tous les mots étrangers que vous avez appris et qui effleurent votre pensée. Maintenant, réorganisez ce rassemblement anarchique pour former des phrases. Les premières fois, vous n'exprimerez sûrement rien de bien logique ("Has the cat eaten all the food? Really? It was supposed to be for the dog! What can I do now?") ou mélangerez inconsciemment des phrases de chansons ("¿porque no me dices la verdad? ¡Te estaba buscando! No quiero vivir asi"mais cela aura l'énorme avantage d'accoutumer votre cerveau à mobiliser la langue que vous apprenez.

2. Vous pouvez aussi faire cette gymnastique silencieusement, c'est-à-dire mentalement. Alors que j'écris cet article, par exemple, je fais un essai en italien et cette phrase me vient instantanément : "è ancora troppo presto per dirlo". Je ne sais pas si je fais bien d'exposer mes productions inconscientes ainsi aux yeux de tous, y compris à d'éventuels psychanalystes, mais tant pis, passons ! Continuons l'exercice en switchant sans prévenir au roumain. Mon cerveau me dit subitement de vous dire "din păcate, cred că nu pot să ajung la timp. Îmi pare rău!". Bizarrement, comme pour se trouver une justification, il s'empresse d'ajouter "Ba da, nu știu de ce". Moi non plus. Cela fait un peu schizophrène, mais le trouble dissociatif de l'identité est le lot commun de tout polyglotte.

L'excellent James McAvoy, en proie au trouble de la personnalité multiple dans Split

3. Pour parfaire l'entraînement, passons à l'écrit. Certaines personnes rédigent leurs rêves avec soin, de peur de les oublier. Moi, j'écris les phrases qui naissent d'elles-mêmes en langues étrangères dans mon esprit. De peur d'oublier également. Je viens justement de retrouver des textes que j'ai inventé en espagnol au début de mon parcours d'apprentissage. Je les partage, mais ne jugez pas ! Car après, c'est votre tour.

Creación número 1
¿Te duele? Lo siento mucho pero no tengo otra solución. Si aceptas mi ayuda, puedo prometerte que será cada vez mejor.


Creación número 2
Cuando te escucho hablar, me pregunto algo. Quisiera saber come hiciste para llegar a este nivel de conocimiento del idioma francés. No es que sea una lengua difícil pero estoy seguro de que necesita tiempo y muchos esfuerzos para poder hablar cualquier lengua extranjera, ¿verdad?

  
Creación número 3
Esto es el país más hermoso que he visto hasta hoy. Todavía espero que pueda encontrar otras cosas maravillosas asi en mi vida. Aunque no pueda nunca hacerlo, sigo pensando que es posible. En efecto, creerlo es lo que me da ganas de levantarme cada mañana .

Voilà, je peux désormais rencontrer un Chilien, mon discours sur son pays est bien rodé. Il reste juste un léger détail : organiser le voyage.

Le désert d'Atacama au Chili, magnifique paysage d'Amérique du Sud !

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