dimanche 26 mars 2017

Le début d'une histoire sans fin

Les conseils que je partage sur ce blog, je les ai surtout appliqués pour les langues que j'ai apprises ou que je continue d'apprendre seul (l'italien, l'espagnol, le russe et le roumain). Deux langues font exception : l'anglais et l'allemand, celles que je maîtrise le mieux.

Il y a quelques semaines, j'ai dressé un portrait assez négatif de l'enseignement des langues en France et je me dois de rectifier le tir. Car mon parcours scolaire, certes atypique, m'a largement aidé à parler anglais et allemand couramment.

Mon attitude

Comme le prouvent mes dizaines d'articles, dans le domaine des langues, j'ai testé de nombreuses méthodes. En revanche, depuis le collège, il y a trois choses qui n'ont jamais fait partie de mon attitude et qui contribuent à expliquer l'échec de nombreux élèves :

1. "Le prof est nul !"
Une phrase qu'on entend souvent. Ce serait donc la faute du prof. Je n'y crois pas parce que 1- Il y a beaucoup moins de mauvais professeurs de langues que ce que disent les collégiens ou lycéens et 2- Même si le professeur n'est pas un excellent pédagogue, si vous avez vraiment envie d'apprendre une langue, vous y arriverez quand même. Dans tous les cas, il est toujours plus facile d'accuser les enseignants que d'endosser la responsabilité de sa fainéantise.

2. "On doit apprendre quoi pour l'interro ?"
 Question en apparence légitime. Combien de verbes irréguliers doit-on retenir ? La dernière liste de vocabulaire d'allemand est-elle aussi au programme ? Des questions qui, pourtant, n'ont jamais été pertinentes pour moi. Tout simplement parce que je n'ai jamais appris une langue pour passer un examen. Je l'ai fait pour pouvoir la parler. Je voyais les cours d'anglais et d'allemand comme un moyen d'atteindre cet objectif, sans viser les bonnes notes en soi. 

3. Enfin, pour les deux motifs déjà évoqués plus haut, je ne me suis jamais contenté du seul contenu transmis par mes professeurs. Mon état d'esprit n'a jamais été d'apprendre les langues qu'en classe. Chez moi, j'écoutais, comme beaucoup de mes camarades, des chansons en anglais et très vite, j'ai voulu comprendre ce qu'elles racontaient. Je n'avais pas un seul professeur d'anglais mais plusieurs. Par ordre chronologique, il y a eu : The Beatles, Moby, Gorillaz, Green Day, U2, Linkin Park, Madonna (collège), David Bowie, Depeche Mode, The Cranberries, Talk Talk, Tears For Fears, Muse, Oasis, Supertramp, Jamiroquai, Blur, Police, Phil Collins, Michael Jackson (lycée)... pour n'en citer que quelques uns. 

Et c'est ainsi que j'ai réalisé que la musique allait devenir mon principal allié pour apprendre les langues. Bon, j'étais pas mal orienté new wave. C'est un style qui me plaît et je l'assume totalement. Par exemple, la chanson emblématique qui suit, entraînante et pas bien compliquée à comprendre, m'a permis d'assimiler naturellement certaines structures en anglais :


Quand j'étais adolescent, un autre morceau en particulier m'a été d'une grande aide. Le meilleur titre d'un de mes groupes préférés. Je l'adorais comme j'adorais l'anglais (et c'est toujours le cas !) : donc les deux mis ensemble, évidemment, j'adorais encore plus ! Ce morceau, le voici :


Inutile donc de vous parler de l'excitation que j'ai ressentie le jour où j'ai filmé la scène qui suit :


Quelques mots sur mon parcours scolaire

J'ai appris deux langues vivantes dès la 6ème parce que mon collège le permettait. En 5ème, je me suis mis au latin. Puis, en 4ème, j'ai déménagé et donc, j'ai dû changer d'établissement. Il y a eu quelques conséquences :

- j'ai repris l'allemand "à zéro" en LV2. J'ai demandé des conseils à mon professeur pour apprendre d'autres choses. Elle m'a donné un livre de grammaire. Je ne l'ai jamais ouvert.

- à mon inscription, on m'a demandé si je voulais continuer le latin. J'aimais les langues car je voulais les pratiquer. Ayant conscience que les locuteurs natifs du latin étaient tous morts depuis longtemps, j'ai répondu "Non, je peux apprendre l'espagnol à la place ?". La réponse, monosyllabique et implacable ("non") fut toutefois nuancée. Une section européenne venait d'ouvrir en anglais. Bien entendu, cela m'intéressait.

En 3ème, malgré mon rejet du latin, j'ai choisi de faire une heure hebdomadaire d'initiation au grec ancien. Professeur passionnée et passionnante. J'adorais ce cours. Puis, sans y croire, j'ai passé un concours pour intégrer l'Option Internationale du Baccalauréat Section Anglais Britannique dans un lycée à Valenciennes. A l'époque, sur les 1500 lycées français, seuls 17 proposaient cette filière au nom pompeux qui permet d'obtenir le baccalauréat de France et son équivalent britannique. Épreuve écrite, épreuve orale pour avoir une chance d'être admis... c'était impressionnant pour un jeune élève de 14 ans. Je voyais autour de moi dans la salle d'examen, tant de gens sûrs d'eux. Un peu perdu parfois, je m'exprimais en recyclant des structures tirées des chansons que j'écoutais. J'étais persuadé que je ne serais pas pris. Comme lot de consolation, je m'étais promis de rejoindre un autre lycée valenciennois pour faire LV3 japonais. Mais j'ai réussi le concours.

Je suis arrivé en seconde avec un bon niveau d'anglais. Mon niveau d'allemand était scolairement excellent mais en réalité, j'étais incapable de parler cette langue - car entre les exigences de l'école et celles de la vraie vie, il y a parfois tout un monde, c'est le cas de le dire. Les cours se compliquaient et je ne comprenais rien à la grammaire atroce de la langue de Goethe... Jusqu'à ce qu'un étudiant allemand débarque dans notre lycée. Il travaillait en tant qu'assistant : une fois par semaine, il nous donnait l'occasion de pratiquer sa langue avec lui. Pas de livre, par contre ! A la place, films et musique en allemand : Rammstein, Juli, Die Ärzte, Wir sind Helden... Super motivé, je ne ratais aucun rendez-vous et mon niveau s'est amélioré.

Puis j'ai fait une classe préparatoire, où j'ai reçu des cours remarquables d'allemand et d'anglais de la part de professeurs irréprochables. J'ai logiquement enchaîné sur une école de commerce, où je me suis mis au russe. Je n'en étais pas encore conscient, mais l'italien, l'espagnol, le roumain et les autres n'étaient plus bien loin. Au final, la technologie, les mathématiques, l'économie, le marketing... étaient des matières parmi d'autres. L'anglais, l'allemand et le russe, une passion ! Et c'est là toute la différence.

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