mardi 18 avril 2017

Si je n'avais qu'un seul regard à poser sur le monde, ce serait sur Istanbul

Ce titre n'est pas de moi ; c'est une citation du poète français Lamartine. Et Napoléon Bonaparte, réputé pour son absence de francocentrisme, ajoute : "Si la Terre était une nation, Istanbul en serait la capitale".

Si vous n'êtes jamais allé à Istanbul, vous pensez sûrement que ces déclarations sont exagérées. Je dois avouer que cette métropole m'a toujours fortement attiré. L'année dernière, je me suis enfin décidé à y aller. Mes attentes étaient vraiment très élevées. Pourtant, dès que je suis arrivé, j'ai compris qu'elles allaient largement être dépassées. Je me suis retrouvé face à une ville plus grandiose, plus impériale, plus resplendissante, plus gigantesque, plus imposante que tout ce que j'avais pu imaginer et que tout ce que j'avais pu voir dans ma vie jusque-là.

Après Kiev, voici donc 10 raisons d'aller à Istanbul !

Raison n°1 : Pour sa place dans l’Histoire

Hagia Sophia : basilique chrétienne, mosquée puis musée

Qu'on l'appelle Byzance, Constantinople ou Istanbul, cette cité merveilleuse a joué et continue à jouer un rôle majeur dans l'Histoire. Au carrefour des civilisations, à cheval entre l'Europe, l'Asie et le monde arabe, elle a été la capitale orientale de l'Empire Romain puis celle de l'Empire Ottoman. Forte de ses 15 millions d'habitants, elle compte aujourd'hui parmi les plus grandes mégalopoles du monde.

Raison n°2 : Pour l'Islam

Récemment, Istanbul n'a pas été épargnée par les attentats. Résultat : les touristes abandonnent cette ville pour des destinations "plus sûres". Premièrement, contrairement à ce que veulent vous faire croire les accros à BFM TV, Istanbul N'EST PAS une ville dangereuse ! Je m'y suis senti totalement en sécurité. Deuxièmement, si vous cherchez une ville pour découvrir l'Islam, Istanbul est un excellent choix. Les appels à la prière m'ont littéralement transcendé par leur beauté.

La Mosquée bleue, majestueuse d'extérieur...

Raison n°3 : Pour les mosquées

... comme d'intérieur !

Les mosquées sont avant tout des lieux de culte. Mais celles d'Istanbul sont aussi des chefs-d’œuvre architecturaux sublimes et titanesques. J'en ai visité plusieurs mais deux en particulier m'ont touché, les plus connues : la Mosquée bleue et la Mosquée Süleymaniye. D'extérieur, ce sont des bâtiments déjà très impressionnants, mais une fois à l'intérieur, croyez-moi, vous tomberez encore plus sous leur charme.

Raison n°4 : Pour les bazars


C'est là que vous sentirez battre le cœur d'Istanbul. Les marchands qui s'agitent avec frénésie pour attirer les clients, les promeneurs qui arpentent les nombreuses allées à la recherche d'un produit précis ou profitant simplement du magnétisme du lieu (mon cas)... Bien sûr, il y a le Grand Bazar, mais la métropole turque regorge d'autres endroits de ce genre.

Raison n°5 : Pour le Bosphore

Et au milieu coule le Bosphore

Que serait Paris sans la Seine, Londres sans la Tamise... et Istanbul sans le Bosphore ? Vous serez spectateur d'une procession incessante de bateaux - navires de marchandises, barques de pêche, paquebots de tourisme, yachts privés, etc. Je me suis laissé porter par le courant le temps d'une croisière de deux heures, qui a dû me coûter 3 ou 4€. Je ne sais plus très bien.

Raison n°6 : Pour Galata


Ou Karaköy, comme on l'appelle aujourd'hui. Un de mes quartiers favoris d'Istanbul. Au milieu se dresse la tour éponyme ; autour foisonnent les ruelles pavées bourrées de charme, où restaurants et petites boutiques n'attendent que vous. De là, vous pourrez emprunter l'Avenue İstiklal, principale zone piétonne de la métropole, qui vous mènera à la mythique et grouillante Place Taksim, célèbre pour être le théâtre des manifestations politiques des Stambouliotes.

Raison n°7 : Pour la cuisine

Once ayran to you (ayran!)...

Kebab bien sûr, mais aussi pide, börek, baklava... et côté boissons, jus de grenade, thé ou ayran ! Bref, en Turquie, on mange très bien.

Raison n°8 : Pour les chats

Je suis sûr que vous aimez les chats. A Istanbul, il y en a absolument partout ! Et, je l'avoue, ils sont plutôt mignons. Voici une petite compilation :

Chaton dans la cour de la Mosquée Süleymaniye

Chat regardant les passants

Famille de chats devant un restaurant

Nourriture dans la rue pour chats errants

Chat à l'intérieur de Sainte-Sophie

Raison n°9 : Pour les gens

Les Turcs sont réputés pour leur hospitalité. Le problème, c'est que pour pouvoir survivre dans la jungle urbaine, les gens doivent souvent oublier ce genre de qualités (bonté, bienveillance, gentillesse, hospitalité, sourires...). Pas à Istanbul ! Les Stambouliotes sont sincèrement sympathiques. En fait, le seul problème, c'est la frustration que l'on peut ressentir en échouant à communiquer avec les locaux. Ne nous égarons pas (ceci dit, à Istanbul, si : égarez-vous !) : vous êtes sur un blog de langues et le but de cet article, c'est aussi de vous montrer comment une ville m'a donné envie d'apprendre une langue. Avant mon départ à Istanbul, je m'étais brièvement mis au turc mais à part bonjour, merci, au revoir, oui, nonje suis content, je suis fatigué, c'est magnifique et compter jusqu'à dix... je ne savais pas dire grand chose.

Et à ce sujet, j'aimerais vous partager une anecdote. Je me promenais un peu au hasard dans les ruelles d'Istanbul quand la vitrine d'un épicier a retenu mon attention (celle de mon estomac à vrai dire). Tenté par quelques baklavas, je m'y suis arrêté. Le jeune homme derrière le comptoir, à peine plus âgé que moi, se mit à m'adresser la parole dans sa langue. J'ai réuni mes quelques fragments de turc pour lui dire :
"Malheureusement, je ne parle pas turc. Je suis Français..."
Je lui ai demandé s'il parlait anglais mais il me répondit que non avant d'ajouter en turc :
"Paris, c'est magnifique"
Cool, ça je connaissais :
"Istanbul, c'est magnifique !" ai-je surenchéri
Amusé par ce petit jeu, j'ai alors assemblé les mots qui me venaient à l'esprit, donnant ce résultat totalement déconstruit :
"Mais moi ici que 5 jours. Istanbul grand"
Et il m'a répondu :
"Oui. Istanbul grand. Paris petit ? 
- Non Paris grand."
Mais mon niveau ne me permit pas plus.
Au moment de partir, je lui dis en souriant "magnifique, merci, au revoir".

Autre anecdote amusante : pour une raison qui m'échappe, à Istanbul, on m'a souvent pris pour un Russe. J'ai rencontré plusieurs Stambouliotes qui connaissaient quelques mots de russe et me demandaient spontanément dans cette langue : "tu es Russe ? Tu viens d'où ?" Au début, je répondais en anglais "Non, je suis français". Puis, après plusieurs situations de ce genre, j'ai formulé la même réponse en russe - et les gens continuaient donc à me parler en russe.
Une fois, faisant confiance à mon accent, j'ai joué le jeu :
"Tu es Russe ?"
"Oui"
"Tu viens d'où ?"
"Moscou"
"Oh ! Mon frère habite à Moscou maintenant !"
Merde, dans quoi je me suis lancé...
"Sérieusement ? C'est génial !"
Et avant qu'il commence à me poser des questions sur mon quartier dans la capitale russe :
"Désolé, je n'ai pas le temps, au revoir !"
"Au revoir !"
Apparemment, j'ai su rester crédible jusqu'au bout...

Raison n°10 : et ce n'est pas cher !

On y mange pour à peine quelques euros. J'ai payé environ 50€ pour un total de 4 nuits d'hôtel et 120€ pour l'aller-retour depuis Francfort avec Turkish Airlines, très bonne compagnie aérienne !

 Conclusion ?

Istanbul, belle de jour comme de nuit

Après cette incroyable expérience, deux évidences s'imposaient à moi :
1- me remettre au turc, ce que je fais actuellement ;
2- retourner en Turquie, ce que je ferai dans quelques semaines.

Par "retourner en Turquie", j'entendais retourner à Istanbul car aucune ville ne m'a jamais autant séduit. Pourtant, et ce fut une décision difficile à prendre et à assumer, j'ai décidé de ne pas retourner à Istanbul dans l'immédiat. Et ce pour deux raisons :

1- ce n'est pas mon genre de retourner deux fois au même endroit. Cela m'est déjà arrivé lorsque la destination m'a réellement conquis. Ce fut le cas de Venise, par exemple, où je suis retourné avec une immense joie l'année dernière, 7 ans après mon premier voyage dans cette ville magique. Mais voilà, c'était 7 ans après et entre temps j'ai succombé aux charmes de Gênes, Florence, Bologne, Naples, Matera... La foudre ne frappe jamais deux fois au même endroit et la Turquie cache des milliers d'autres trésors donc oui, je retournerai bientôt en Turquie mais cette fois je privilégierai la côte égéenne (Izmir et Éphèse).

Voir Venise et mourir

2- en voyageant, il m'arrive souvent de rencontrer des étrangers qui me font part de leur francophilie en s'exclamant "J'adore la France ! Paris est une ville magnifique !" Ce à quoi je réponds, "vous avez visité d'autres parties de la France ?" et souvent j'entends "Non, mais j'adore Paris, j'y suis allé 2 / 3 / 5 fois !" Je ne veux pas devenir ce genre de personnes qui affirment adorer un pays en n'ayant vu que sa plus grande ville, aussi belle et impressionnante soit-elle. Je ne veux pas, à 25 ans, faire d'Istanbul un rituel alors qu'il me reste plein de choses à découvrir en Turquie et dans d'autres pays du monde. Je ne peux pas me payer ce luxe. Je ne peux pas courir ce risque...

Ne nous arrêtons pas en si bon chemin !

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