jeudi 29 juin 2017

Pourquoi apprendre le suédois ?

Apprendre l'anglais ou encore l'espagnol, cela s'impose comme un choix évident et sensé.
Qu'en est-il de langues plus rares ? Comme le suédois par exemple ? J'apprends quelques notions de cette langue actuellement et voici quelques raisons pour s'y mettre.


- La Scandinavie, est réputée pour être la région du monde la plus agréable à vivre et la plus développée. La Suède est le pays scandinave le plus peuplé, et le suédois est donc la première langue de Scandinavie en termes de locuteurs ;

- Stockholm est une des plus belles villes européennes ;

- le suédois est une langue très musicale ;

- le suédois est une "langue facile". Je n'aime pas trop cette expression mais il est vrai qu'elle est plus facile d'accès que l'allemand ou le russe par exemple. Vous trouverez ici d'autres langues faciles à apprendre pour un francophone.

La réelle difficulté, ce n'est pas le suédois, ce sont les Suédois. En effet, ils parlent tous anglais et ne sont pas habitués à parler leur langue maternelle avec des étrangers. Ils la gardent plutôt comme un langage secret entre eux. Apprendre le suédois, c'est donc la parfaite façon de prouver son amour pour les langues.

mercredi 28 juin 2017

One small steppe for man...

Lorsque je disais que je partais en voyage au Kazakhstan, je me suis retrouvé face à deux genres de réactions :
- la première, "Pourquoi ?" (alors qu'on ne m'a jamais demandé pourquoi je partais en week-end à Rome) ;
- la seconde, "ah, c'est cool." (rien à voir avec le "Ah ! C'est cool !", quand j'annonçais que je partais à Rome).

Pourquoi le Kazakhstan, donc ? Je pourrais me contenter de répondre "parce que vous posez la question, justement" car en réalité, il est assez pesant de devoir justifier constamment un tel voyage. Lorsque je harcelais de questions ma mère étant petit, elle me répondait souvent "pour faire parler les curieux." Ici, c'est un peu la même chose. Et pourquoi cet article ? Parce que l'apprentissage des langues passe aussi par l'ouverture d'esprit et que la situation linguistique du Kazakhstan est particulièrement originale.

... one giant jeep for mankind

Le Kazakhstan

Le Kazakhstan, c'est dangereux ? Le nom rime avec Afghanistan, donc ça fait un peu peur. C'est un pays en guerre ? Non et non. D'ailleurs le Kazakhstan, c'est où ? Ce n'est ni en Europe centrale, ni en Europe de l'est. D'ailleurs, ce n'est pas en Europe. Pas dans le Caucase non plus, mais en Asie. En Asie Centrale, précisément.


S'il y a deux parties du globe qui m'attirent plus que d'autres, ce sont l'Europe de l'Est et le Moyen-Orient. L'Asie Centrale constitue pour diverses raisons une zone mystérieuse à la croisée de ces régions : un espace peuplé de nomades asiatiques musulmans et russifiés (ex-pays d'URSS) parlant également des langues turques voire iraniennes. Au sein de ce sous-continent, le Kazakhstan est le plus grand pays et je l'ai donc choisi comme prélude centrasiatique, ayant terriblement envie de me rendre prochainement au Kirghizistan, au Tadjikistan et en Ouzbékistan.

Almaty, la reine des pommes

Mon périple a commencé au sud du pays, à Almaty, l'ancienne capitale. Vous n'avez peut-être jamais entendu parler de cette ville d'environ 2 millions d'habitants et pourtant vous connaissez très bien sa résidente la plus connue : la pomme ! Almaty, "père des pommes" en kazakh, est en effet la ville d'où sont originaires les premières pommes du monde. Le fruit est le symbole de la cité et on peut la trouver partout dans les rues. Cela faisait très longtemps que je voulais me rendre à Almaty, une de ces nombreuses villes embrassées par les montagnes qui m'ont toujours fasciné, au même titre que Seattle aux Etats-Unis, Vancouver au Canada, Erevan en Arménie, Santiago au Chili, Téhéran en Iran ou encore Anchorage en Alaska.

Premier aperçu de la ville depuis l'aéroport

J'y suis resté 3 jours pour découvrir la ville calmement et apporter mon soutien à une école d'anglais locale. Si l'objectif principal est de permettre à des Kazakhstanais de 8 à 46 ans de pratiquer la langue de Shakespeare, il s'agit aussi d'échanger sur la culture de nos pays respectifs. A propos de Kazakhstanais justement, il est important à ce stade de faire la distinction entre "Kazakh" et "Kazakhstanais". Les 18 millions d'habitants du Kazakhstan sont appelés "Kazakhstanais", le terme "Kazakh" est réservé à l'ethnie qui parle également cette langue. Environ 65% des Kazakhstanais sont kazakhs (d'apparence asiatique), 25-30% d'apparence caucasienne (d'origine russe) et le reste vient d'autres pays, notamment le Kirghizistan. Au sujet de la France, je demande aux élèves ce qu'ils connaissent, ils me répondent Vanessa Paradis, Kyo, Maître Gim's, Hélène et les garçons, Taxi... Au sujet des langues, un designer kazakh d'une trentaine d'années dit que l'anglais est moins flexible que le russe car on ne peut pas "jouer" avec la place des mots dans la phrase. C'est vrai. Une comptable kazakhe me dit que son idiome partage certains sons originaux avec le français, notamment les voyelles nasales, ce qui rendrait apparemment la langue de Molière plus accessible à ce peuple.

Cathédrale Zenkov d'Almaty... construite en bois !

S'il y a une chose qui me surprend à Almaty (et ce sera également le cas à Astana), c'est la présence de nombreux centres commerciaux gigantesques avec tous les magasins que l'on peut trouver en Occident, ouverts 7 jours sur 7 jusqu'à 22h, parfois minuit ... mais totalement vides de clients, les employés luttant contre l'ennui derrière leurs caisses. Il faut dire que les prix sont comparables aux nôtres et je comprends donc difficilement comment les locaux peuvent se permettre un tel shopping. A Almaty, principale ville du pays, le salaire moyen est de 400€. En revanche chaque centre commercial qui s'étend sur au moins 5 étages comprend toujours un petit parc de manèges pour enfants, et, lui, est définitivement bien fréquenté.

Qu'il est bon d'être un enfant au Kazakhstan !

Ces centres commerciaux comportent aussi souvent de grandes salles de cinéma. Je décide d'ailleurs d'aller voir Cars 3, Тачки 3 en russe, sorti le 15 juin au Kazakhstan, la veille de la sortie américaine et bien avant la France (02 août) et l'Allemagne (28 septembre). Vous persistez encore à dire que le Kazakhstan est un pays retardé ? Je comprends globalement l'histoire même s'il est difficile de rester concentré et de capter l'intégralité des dialogues. Des sous-titres en russe n'auraient pas été de refus mais l'expérience fut intéressante.


Visiter Almaty s'imposait donc comme une évidence pour moi mais ce qui m'intéresse avant tout dans ce pays, c'est son exceptionnelle nature. Et c'est là que l'organisation du voyage s'est avérée plus complexe que ce que je croyais. Mon premier réflexe avant de visiter un nouveau pays est souvent de me procurer le Routard. Mais là, impossible : "Le Routard, Kazakhstan", ça n'existe pas. Quelques semaines avant mon départ, je consulte au moins le guide réservé à ce pays sur le site internet mais ne trouve pas réellement ce que je veux. Il y est essentiellement question de villes alors que je reste persuadé que la vraie beauté du Kazakhstan se trouve ailleurs. Après de longues heures de recherches laborieuses sur internet, je finis non sans difficulté par réussir à réserver 5 jours d'excursions dans 3 parcs nationaux.

Les lacs Kolsay

Je vais commencer par la région des lacs et des forêts. Je pensais rejoindre un groupe de touristes mais en réalité je suis seul avec mon guide kirghiz anglophone, mon chauffeur privé et une guide stagiaire. Y a-t-il vraiment d'autres touristes dans ce pays ? Cela fait 4 jours que j'y suis et pour l'instant je n'en ai pas croisé un seul. Mon guide me donne énormément d'informations sur l'histoire passionnante du Kazakhstan qui a connu les invasions mongoles avant celle des Russes, mais aussi au sujet de pays voisins, notamment l'Ouzbékistan, dont le président est récemment décédé. Il me parle aussi de films avec Omar Sy qu'il a vus : Intouchables (en russe, 1+1) et Demain, tout commence (en russe, 2+1). Après 4 heures de route pour parcourir environ 250 km, nous faisons un arrêt au bord d'un canyon noir très impressionnant. Littéralement au bord.

Le canyon noir

Il y a d'ailleurs une plaque au bord du précipice avec le nom d'une personne, sa date de naissance et sa date de mort. Je demande de quoi il s'agit tout en essayant de ne pas tomber en progressant sur le sol rocailleux. Mon guide me répond timidement "un homme est tombé dans le canyon. Il est mort". Nous reprenons la route vers le parc national des lacs. Au loin, il me semble apercevoir une immense forêt. Je demande à la guide s'il s'agit du parc où nous nous rendons. Elle me répond que non. En fait, ce que je crois voir n'est même pas une forêt. Il n'y a rien du tout. C'est un mirage. Un peu plus loin, je me demande comment notre conducteur va réussir à poursuivre le trajet. La route est complétement inondée. Mais encore une fois, ce n'est rien d'autre qu'un mirage.

Derrière les montagnes, le Kirghizistan

Il fait terriblement chaud. Plus de 35°. 5 heures de route, 300 km parcourus et toujours pas arrivés. Il reste une trentaine de kilomètres. Soudain, la voiture s'arrête : un pneu est dégonflé. J'espère que l'excursion ne va pas être compromise. Mais après quelques minutes, nous repartons sans autre encombre. Enfin presque. Sans prévenir et sans raison apparente, un taureau se met à charger notre voiture. Il fonce droit vers moi. La guide crie et le conducteur tente de donner un coup d'accélérateur. Nous réussissons in extremis à esquiver la bête.

La route est lonnnnnnngue

Finalement, nous atteignons le lac Kaindy pour notre première randonnée. Situé dans une forêt de pins à 2.000 mètres d’altitude, le lac a été formé en 1911 suite à un puissant tremblement de terre qui a provoqué un glissement de terrain et un barrage artificiel dans la vallée. La forêt a été en grande partie inondée et plus de 100 ans plus tard, on peut toujours voir les troncs des arbres morts s’élevaient du lac. La guide cueille une quantité incalculable de fleurs et plantes diverses me disant "si tu te blesses, utilise cette feuille cicatrisante", "si tu as mal au ventre, on peut faire un thé avec ces fleurs"... Puis vient le moment de retourner au village le plus proche, à environ 1 heure de voiture pour y passer la nuit. Le chemin pour y accéder est totalement défoncé et le voyage est vraiment mouvementé. La guide me regarde en souriant et me dit "Американские горки", montagnes américaines. C'est marrant, nous, on dit "montagnes russes". Après le dîner dans la maison d'hôtes, on me propose de prendre un bain russe, sorte de cabane sauna qui fait office de salle de bains au fond de la cour. Après cette longue journée, cela fait un bien fou.

Lac Kaindy

Le deuxième jour, nous prenons la direction du parc national des lacs Kolsay, trois lacs, situés à la frontière avec le Kirghizistan. Nous accédons au premier en voiture, à 1.800 mètres d'altitude. Il faut faire le reste à pied à travers la forêt et compter environ 7 heures de marche aller-retour pour parvenir au deuxième, le plus grand et le plus beau d’entre eux, de couleur turquoise, et situé à 2.552 mètres d’altitude. Le plus petit lac est situé tout en haut mais nous n'aurons pas le temps d'y aller (et pour ma part, pas les forces). Les lacs sont entourés d’un côté par un bois de sapin et de l’autre par des prairies alpines. Des petites maisons d’hôtes, aménagées sur les rives des lacs, font de cet endroit un site tout à fait exceptionnel pour la détente absolue. Le parc a été créé en 2007 et est encore très peu visité : il ne reçoit la visite que d'environ 60 personnes par jour. J'entreprends la randonnée seul avec mon guide. En chemin, il me parle de l'importance de la famille au Kazakhstan et en Asie Centrale de manière générale. Lorsqu'un enfant fait ses premiers pas, il est de coutume d'inviter toute sa famille à venir célébrer l'événement. Il évoque également le passé de sa propre famille sous la république socialiste soviétique kirghize. Sa mère, dans les années 1980, alors âgée d'une vingtaine d'années, a eu l'occasion de partir à Budapest. Il lui a demandé pourquoi elle n'a pas cherché à s'enfuir à l'Ouest. Elle lui a répondu qu'elle n'en ressentait pas le besoin. Elle avait tout ce dont elle avait besoin à Bichkek. Bien sûr, il y avait des pénuries parfois mais sa vie lui plaisait.

Yourte dans la forêt

En chemin, je vois encore une fois une plaque commémorative : une autre personne est décédée ici. Pourtant, nous ne croisons personne. Soudain, on entend un buisson s'agiter. La zone est peuplée d'ours, mon guide m'a averti. Je ne suis pas serein. J'espère qu'il s'agira simplement de ma première rencontre de touristes. Effectivement, un homme surgit. Un nomade kazakh avec son chien et sa jument. Curieux de rencontrer un touriste ici, dans cet endroit pourtant paradisiaque, il me propose de goûter le fromage de sa jument. Refuser serait malpoli : j'accepte. Le goût est très fort. Mais ce n'est pas tout. Il sort une bouteille contenant le lait fermenté de l'animal. Le liquide est gazeux et légèrement alcoolisé (environ 7%) et porte le nom de koumis. Le goût ne me déplaît pas. Finalement, nous atteignons le second lac et un autre homme fait son apparition. Mon premier touriste ? Enfin ? Encore une fois, non. C'est un militaire kazakh. Nous nous trouvons à 10 km de la frontière avec le Kirghizistan. Nous regagnons le village en fin d'après-midi. Pour le dîner dans la maison d'hôtes, je goûte le plat national kazakh, le beshbarmak, "cinq doigts" en kazakh, car c'est comme cela qu'il se mangeait autrefois. De la viande de mouton hachée et bouillie mélangée avec des nouilles. C'est super bon ! Après ces deux journées dans la région des lacs et un dernier bain russe, nous partirons le lendemain pour un paysage totalement différent : le canyon de Charyn.

Le Canyon de Charyn

Le Grand Canyon aux Etats-Unis est bien connu. Le feu vert touristique a été donné il y a bien longtemps et le parc national reçoit environ 6 millions de visiteurs par an. Le canyon de Charyn, pourtant magnifique, c'est une autre histoire. L'endroit est désolé. Pas moi. Seul face à l'immensité des lieux, je l'apprécie d'autant plus.


En fin d'après-midi, nous rentrons à Almaty. Rejoindre une ville si agitée, malgré le très grand nombre d'arbres et de parcs qui s'y trouvent me fait bizarre. Je suis pourtant content de retrouver cette ville si agréable le temps d'une soirée. A l'hôtel, je trouve à la réception quelques informations sur des excursions organisées aux lacs Kolsay et au canyon de Charyn. J'aurais pu réserver ici également mais impossible de le savoir avant d'être sur place. Le prix est environ 3 fois moins élevé que celui de l'excursion que je viens de faire ! Mais celle-ci ne dure que 2 jours. Je ne comprends pas comment faire le même itinéraire avec une journée de moins peut être possible. Par ailleurs le départ se fait pour 5 personnes. C'est mon sixième jour dans le pays et je n'ai toujours pas vu de touristes donc organiser une telle excursion me semble compliqué. Mais soudain je rencontre ma première touriste à l'hôtel ! Une Allemande d'une quarantaine d'années qui a entrepris un long voyage en solitaire en Asie. Quel plaisir le temps d'un court moment de pouvoir parler à nouveau allemand. La pratique du russe sur place est effectivement plutôt difficile. La plupart du temps, je parle anglais avec les rares personnes qui maîtrisent la langue du capitalisme.

Altyn-Emel

Les deux derniers jours d'excursion sont consacrés au parc national Altyn-Emel, ses steppes, ses déserts et ses montagnes. Ce parc se situe à 260 kilomètres au nord d’Almaty, à la frontière chinoise. Si le parc national des lacs Kolsay date de 2007, celui-ci a été aménagé en 1996. Un endroit unique au monde qui n’attire que 6.000 touristes par an ! La route est encore une fois très longue. Environ 5 heures. Je me rends compte qu'il reste très difficile de s’aventurer au Kazakhstan. Le pays commence seulement à s’intéresser à la préservation de la richesse naturelle et archéologique de son patrimoine.

Non, je n'ai pas quitté la Terre

 Une fois dans le parc, nous prenons la direction des Dunes Chantantes, un ensemble de trois dunes, dont la hauteur atteint 150 mètres avec une longueur de trois kilomètres. Nous nous contenterons de grimper la première colline, longue d'environ 1,5 km, ce qui nous demandera une bonne heure d'ascension. Elle est constituée de sable pur très fin qui commence à «chanter» par temps venteux et dont le son rappelle la musique d'orgue. C'est assez envoûtant. Du haut de la dune, nous pouvons observer le panorama magnifique des environs. Sur le chemin du retour, nous tombons sur une piscine au beau milieu des steppes. La baignade arrive comme une bénédiction. L'endroit est paisible et tout simplement extraordinaire.

We did it!

Le soir, à l'hôtel, je ne rencontre pas une touriste mais un minibus de touristes ! Quelle surprise ! Ce sont des Italiens d'environ 70 ans. Excité à l'idée de pouvoir pratiquer un peu mon italien, je demande à l'une des voyageuses ce qu'ils ont vu au Kazakhstan. Elle me dit avoir visité l'exposition internationale d'Astana et qu'elle était magnifique. Moi aussi, j'ai hâte de m'y rendre.

Les montagnes d'Aktau

Le lendemain, pour le dernier jour d'excursion, nous nous rendons assez tôt aux montagnes d'Aktau, toujours dans le parc national Altyn-Emel. Nous y arrivons à 9h30 du matin, après une heure de voiture. Il fait déjà 41°. Les montagnes sont sublimes, constituées de craie de différentes couleurs: bleu, rouge, blanc, rose, vert, finement découpées par l'érosion. Autrefois situé sous la mer, ce paysage à couper le souffle a été formé il y a plus de 400 millions d'années et s’étend sur une superficie de 30 kilomètres. Je n'ai jamais rien vu de tel auparavant. Il n'y a pas de touristes. La randonnée ici pour les touristes âgés italiens serait trop difficile. Ils se contentent de visiter la région en minibus, comme me l'avait précisé mon interlocutrice milanaise la veille.

Cherchez le lézard

Je retourne à Almaty pour ma dernière soirée dans cette ville. La quitter sera difficile. Je pourrai en profiter encore quelques heures le lendemain avant de prendre la direction d'Astana, dernière étape de mon voyage.
 
Astana

Avant d'arriver à Astana, il faudra être patient : 14 heures de train pour parcourir les 1200 km qui la sépare d'Almaty. Astana est une ville excentrique, capitale du pays depuis 1997. Je m'y rends surtout pour l'EXPO 2017 sur le thème des énergies du futur. Une exposition internationale monumentale et hyper intéressante. Vous pouvez en savoir plus à son sujet ici.

Exubérances astanaises

Le moment est venu de retourner en Allemagne après un voyage extraordinaire au Kazakhstan. Une chose est sûre je reviendrai en Asie Centrale, car je n'ai pas fini de découvrir les merveilles de cette région.

lundi 26 juin 2017

UNO

La semaine dernière, dans un petit hôtel perdu dans l'immensité des steppes kazakhes - qui n'aurait certainement pas ramené Jack Torrance à la raison - j'ai joué quelques parties d'UNO avec une Kazakhstanaise, un Kazakh et un Kirghiz. En russe. Et je me suis rendu compte que ce simple jeu de cartes pouvait être une ressource précieuse pour pratiquer les langues.


Pourquoi ? D'abord, tout simplement parce qu'en tant que jeu, UNO rend la pratique d'une langue étrangère beaucoup plus agréable que dans des situations plus classiques. A ce stade, je dois dire que j'ai un historique particulier avec UNO, car j'avais l'habitude d'y jouer avec mon frère et ma sœur voire mes cousins quand j'étais petit. A l'époque, j'avais même investi dans une version un peu plus complexe et élaborée, appelée UNO WIZZ. Cette madeleine de Proust ludique a donc rendu mon expérience en russe d'autant plus appréciable.


UNO, dans son format original, est un parfait partenaire linguistique pour réviser, en particulier les chiffres de 0 à 9 et les couleurs (vert, bleu, rouge et jaune). Mais pas seulement, car grâce à UNO, on apprend également du vocabulaire propre aux jeux de société. Je vais donner les exemples en russe, mais ces phrases sont bien sûr utilisables quelle que soit la langue, du slovaque au coréen, en passant par le malgache :

- je veux (telle couleur...) --> "я хочу..."
- quelle couleur ? (quand on oublie la couleur choisie par un adversaire) --> "какой цвет?"
- j'ai dit UNO ! (quand votre adversaire est mauvais perdant) --> "я UNO сказал !"
- à toi /  à vous (littéralement en russe, "tu marches / vous marchez") --> "ходишь / ходите"
- c'est mon tour ? (en russe, "je marche ?") --> "я хожу?"
- tu pioches --> "берёшь"
- je passe mon tour (en russe, "je rate") --> "пропускаю"

mardi 13 juin 2017

Vite fait... bien fait ?

Cet article s'adresse principalement aux voyageurs curieux qui désirent acquérir quelques bases de la langue de leur pays de destination. Lorsque je veux vraiment apprendre une langue en profondeur, je privilégie généralement Assimil. Cependant, pour des raisons de temps et d'argent, je ne souhaite parfois connaître une langue que superficiellement sans aller dans les détails. C'est le cas du bulgare par exemple. Je me rends bientôt en Bulgarie et par curiosité et pour pouvoir échanger un minimum avec les Bulgares, j'ai prévu d'étudier brièvement cette langue - qui partage de nombreux points communs avec le russe mais aussi avec le roumain dans une moindre mesure, deux langues qui ne me sont pas totalement étrangères. Je vais vous partager quelques liens qui permettent à n'importe quel touriste de retenir sans trop d'efforts l'essentiel avant de partir - et ce, quelle que soit la langue !

Des notions de bulgare en quelques semaines : c'est possible ?

Quelles sont les ressources que je privilégie pour un apprentissage express, pragmatique et gratuit ?

Il y en a principalement 5 (cliquez sur les titres en gras >>> pour accéder aux sites) :

1. Loecsen >>>
(déjà évoqué dans ce post : "La voix du ch'ti")


C'est assez ludique et coloré et vraiment orienté pour les touristes. Les phrases sont classées par catégorie (bar, restaurant, taxi, transport, hôtel...) et accompagné de fichiers audio, ce qui aide beaucoup lorsque l'alphabet est un peu original, comme en bulgare justement.

2. ilanguages >>>
(déjà évoqué dans ce post : "Multilinguisme dans le monde")


L'avantage c'est réellement le nombre de langues disponibles, dont certaines sont plutôt rares (comme l'azéri, le birman, le mongol ou le slovène). Le site propose le même schéma pour toutes les langues : apprendre les 120 mots les plus courants, 50 phrases utiles et 50 structures grammaticales.

3. mylanguages >>>


Une version un peu plus élaborée de ilanguages mais dont l'apprentissage ne se fait qu'à partir de l'anglais. Ce site permet notamment d'approfondir son vocabulaire et propose même un jeu (similaire à Babbel), où il s'agit de trouver soi-même le mot.

4. Goethe-Verlag >>>


L'apprentissage est thématique et progressif en termes de complexité. Il me semble que le contenu gratuit est limité, je n'ai pas encore utilisé cette ressource mais à première vue, elle semble plutôt fiable et facile d'accès. Seul bémol : l'apprentissage se fait encore une fois à partir de l'anglais (ou de l'allemand pour les plus téméraires).

5. Live Lingua Project >>>


Enfin, les cours proposés par le Live Lingua Project sont aussi particulièrement adaptés à un apprentissage express. Pour plus de détails à ce sujet, vous pouvez (re)lire cette publication.

lundi 12 juin 2017

L'espéranto

J'aime les langues. Toutes ? Pas vraiment. Ce que j'aime dans les langues, ce sont certes les possibilités supplémentaires de communication qu'elles confèrent mais surtout les nouvelles cultures et modes de pensées qu'elle permettent de découvrir. Pour cette raison, j'avoue que certaines langues m'intéressent peu : je veux parler des langues construites et en particulier de l'espéranto.


L'espéranto puise pourtant son origine dans une intention louable : proposer une langue neutre, totalement inventée comme outil de communication internationale. L'espéranto est de ce fait une langue artificielle, créée à la fin du XIXème siècle. Le nombre exact d'espérantophones aujourd'hui est assez difficile à évaluer, car cet idiome n'est attaché à aucun territoire : les estimations oscillent entre 100 000 et 10 000 000 (l'équivalent de la population "tchéquophone").

L'objectif de cette langue étant de simplifier les échanges internationaux sans privilégier de "langue naturelle" (vous savez déjà ce que je pense de l'hégémonie de l'anglais), elle a l'avantage d'être assez facile à apprendre. Ou en tout cas, c'est la réputation qu'on souhaite lui donner. Je ne connais pas du tout cette langue, mais je peux dire qu'en réalité, c'est sûrement un peu plus compliqué. L'espéranto reste largement influencé par les langues indo-européennes, et entre autres les langues romanes. A mon sens, apprendre l'espéranto est plus simple pour un Français que pour un Russe, plus simple pour un Russe que pour un Turc, plus simple pour un Turc que pour un Chinois, etc. Cette neutralité et cette facilité si ouvertement prônées ne sont donc peut-être que des illusions.

Si toutefois vous souhaitez en savoir plus, vous trouverez quelques ressources en suivant ce lien.

samedi 10 juin 2017

Speak English like a French!

Des milliers de mots anglais sont d'origine française. Ainsi, money, argent en anglais, est curieusement proche de "monnaie" en français. Le mot a toutefois été légèrement adapté pour "sonner" plus anglais et les anglophones ne se doutent sûrement pas qu'ils font un emprunt à la langue de Molière quand ils le prononcent. Mais ce n'est pas tout ! Ils utilisent également des expressions qui, elles, sont restées bien françaises. En voici quelques-unes :

Encaisser les coups

Certaines locutions françaises comportant le mot "coup" sont également utilisées en anglais. Cette courte liste vaut bien le coup d’œil :
- coup d'état
- coup de grâce
- coup de théâtre

 Personnages à la française

D'autres expressions figées permettent de décrire une personne avec un joli accent :
- bon vivant
- enfant terrible
- femme fatale
- protégé

Compte sur moi

- folie à deux
La première fois que j'ai entendu cette expression, c'était en anglais dans la série Hannibal et elle décrit tout simplement, comme son nom l'indique clairement, une folie (au sens pathologique) partagée par deux personnes.


- ménage à trois (là pas besoin d'explication, je pense)

Et aussi...

- c'est la vie
- comme ci, comme ça
- crème de la crème
- cul-de-sac 
- je ne sais quoi
- bon voyage


Parler français comme une vache anglaise ?

Et puis il y a des mots issus du français que seuls les Anglais utilisent. Par exemple :
- connoisseur (connaisseur en français)
- résumé (qui signifie CV)
- double entendre, qui désigne quelque chose qui peut être entendu de deux façons différentes (en français, on dirait "double sens")

vendredi 2 juin 2017

Pourquoi apprendre une nouvelle langue ?

Pourquoi apprendre une nouvelle langue ? On peut perdre du temps, de l'énergie... et pour gagner quoi au final ? Moi, je pourrais vous répondre "ma vie" - financièrement et immatériellement - car sans avoir appris (au moins) l'allemand, je ne pourrais pas vivre à Francfort aujourd'hui et faire mon métier actuel.

Mais j'ai délaissé France Culture depuis un certain temps et voudrais plutôt les laisser vous répondre.


"Why? Why? Tell'em that it's human nature"

jeudi 1 juin 2017

Desk to Desk, Ashes to Ashes

Bon, le titre de cet article sera aussi l'occasion de parler d'un des artistes que j'aime le plus. Une personnalité que j'ai découverte assez tardivement, puisque j'étais au lycée la première fois que j'ai écouté Hunky Dory, un album qui m'a d'emblée envoûté. Je veux parler bien entendu de David Bowie.

David Bowie, Manchester*

J'ai ensuite cherché ce qu'il a fait d'autre, à des périodes différentes. Tout me plaisait, puis je suis tombé sur Ashes to Ashes, qui m'a littéralement transcendé pour devenir ma chanson fétiche absolue !!! Je me souviens encore du 11 janvier 2016, qui a eu le même impact sur moi que le 25 juin 2009. J'ai appris la mort de Michael Jackson le jour d'une épreuve de baccalauréat par le biais d'un post-it corné laissé par mon père sur la table de la cuisine : "Michael Jackson est mort à 50 ans". C'est Facebook qui, à mon réveil en Autriche le 11 janvier 2016, m'a annoncé le décès de David Bowie, survenu la veille à New York. Alors que je m'étais endormi hypnotisé par le clip étonnamment prophétique de Lazarus le dimanche soir, je me souviens avoir pensé : "j'aimerais tellement qu'il fasse son retour sur scène." Il y a une petite poignée de stars que je souhaitais vraiment voir en concert : Michael Jackson, David Bowie... C'est mort. Depeche Mode - je l'ai fait il y a quelques années à Munich et j'ai été conquis. Phil Collins. Mais je n'ai jamais cru à son come-back. Pourtant, octobre 2016 m'a donné tort et devant cette nouvelle totalement inattendue, je me suis empressé d'assurer mes places. Je compte désormais prudemment les quelques jours qui me séparent de cet évènement inespéré. Prudemment à cause du nom provocateur choisi par le chanteur anglais pour sa mini-tournée européenne : Not Dead Yet (en français, "pas encore mort"). Michael Jackson avait choisi This is it ("ça y est", "on y est", "c'est fini") pour ses concerts à Londres en 2009. C'est fini avant même de commencer à vrai dire, puisque sa disparition brutale a eu lieu quelques jours avant le lancement des spectacles...


Bref... Je crois m'être égaré. Je voulais vous parler de Prince Ea, en fait. Il s'agit d'un YouTuber qui pourrait vous aider à progresser en anglais, si tel est votre but. Il s'exprime dans une langue poétique et impeccablement maniée sur des sujets qui touchent tout le monde : le racisme, le système scolaire, les voyages, le travail, la dépression... Et c'est sa formulation "[travelling from] desk to desk", qui a fait résonner en moi une forme parodique de "ashes to ashes, dust to dust" ("tu es né poussière et tu redeviendras poussière"), d'où David Bowie et tout le toutim.


Strangely enough, la vidéo qui suit (sous-titrée en français) que je recommande vivement m'a immédiatement fait penser à Michael Jackson et la phrase "I'm not gonna spend my life being a color" qui m'a toujours marqué dans Black or White. Well, I guess we've come full circle, then!


*A propos de cette peinture de David Bowie
Elle a été réalisée à Manchester, peu après la mort du chanteur. Dans quelques mois, je me rendrais dans cette ville qui m'attire depuis longtemps et j'étais déjà excité à l'idée de voir cette œuvre... qui a malheureusement été remplacée par une autre, il y a quelques jours. Mais Manchester est réputée pour la qualité de son street art et je ne désespère pas de découvrir d'autres réalisations de ce genre dans cette ville !